Corse : la mobilité internationale s’ancre dans les parcours des jeunes
Tables rondes, forum, ateliers : à Corte (Corse), un événement organisé le jeudi 9 avril avec l’ensemble des partenaires insulaires a mis en lumière les effets concrets du volontariat international sur les trajectoires individuelles et les dynamiques locales. Une mobilisation appelée à s’inscrire dans la durée.
Hier, à Corte, une quarantaine de participants se sont réunis à l’occasion d’un événement dédié à la mobilité internationale et au volontariat, structuré autour de tables rondes, d’un forum et d’ateliers. Organisée avec la Collectivité de Corse, l’Université, les services de l’État et les acteurs de l’emploi et de la jeunesse, la rencontre visait à illustrer les impacts du volontariat international d’échange et de solidarité (V.I.E.S) à la fois sur les jeunes, les structures d’accueil et les territoires.
Dès la matinée, les échanges ont insisté sur la nécessité de mieux accompagner et valoriser ces expériences. Pour Christophe Paoli, vice-présent de l’Université de Corse, qui souhaite pérenniser ce rendez-vous, il s’agit, comme avec le volontariat, de « donner du sens à la mobilité internationale ». Une préoccupation partagée par Claire-Cécile Montecattini, de la Collectivité de Corse, qui prépare sa « nouvelle feuille de route internationale » et souligne la nécessité de « rassurer les familles », parfois inquiètes face à des départs hors Europe.
Les volontaires, des ambassadeurs de la mobilité internationale
Face à un public attaché à son territoire, Elsa Comelli, de l’association Emma Lab, a rappelé que « ce n’est pas parce qu’on part – quelque temps – que l’on se perd au contraire ». Un message qui résonne avec les enjeux d’attractivité et de retour des jeunes sur l’île.
« Le volontariat international permet de déconstruire les stéréotypes sur les jeunes d’aujourd’hui »
Karima, volontaire internationale auprès de l’association Opra
Dans le champ éducatif, Laurent Giacomoni, professeur au lycée Laetitia d’Ajaccio, a insisté sur la nécessité de « créer de la visibilité » autour de ces dispositifs. Même ligne du côté de Patricia Godani, déléguée de l’Académie de Corse aux relations internationales et à la coopération, pour qui il est essentiel de « s’appuyer sur des ambassadeurs de la mobilité internationale ».
Les témoignages de volontaires ont également nourri les échanges. En mission de volontariat international au sein de l’association Opra, qui accompagne les habitants dans leurs parcours de vie, Karima a estimé que « le volontariat international permet de déconstruire les stéréotypes sur les jeunes d’aujourd’hui ». Son tuteur, Enzo Aregay, a évoqué une relation « d’échange » et souligné l’apport « d’un nouveau regard » pour dynamiser les structures.
Carole Spanu, de la Fédération corse de la Ligue de l’enseignement (FALEP), a pour sa part mis en avant les effets concrets des chantiers de solidarité internationale, évoquant un « changement radical pour certains jeunes corses », qui ont repris des études ou trouvé un emploi à leur retour.
Le volontariat international appelé à se développer en Corse
Ces initiatives s’inscrivent dans un programme mené entre 2022 et 2024, relancé au second semestre 2025 pour deux ans dans le cadre du partenariat entre la Collectivité de Corse et France Volontaires. À ce jour, près de 50 jeunes en ont bénéficié : une trentaine à l’envoi, notamment vers le Maroc, la Tunisie, l’Égypte ou la Turquie, et un peu moins d’une vingtaine à l’accueil, dans des missions liées à l’éducation, à la biodiversité, au sport, à la culture ou à la communication.
Un nouveau chantier de solidarité internationale est d’ores et déjà prévu en juillet en Tunisie, autour de la préservation de la biodiversité marine en Méditerranée. Le programme entend désormais relever plusieurs défis : durabilité, approfondissement et élargissement, à travers des partenariats pérennes et un accompagnement renforcé des volontaires et des structures.
Le forum organisé dans la journée a également permis de rencontrer de nouveaux candidats potentiels pour des missions à Madagascar et aux Philippines, avec l’objectif de favoriser des engagements de plus longue durée.
Enfin, un atelier a réuni plusieurs volontaires internationaux actuellement en mission en Corse. La Marocaine Karima a présenté ses actions en faveur de la francophonie dans les quartiers prioritaires de Bastia. L’Équatorienne Karoline est revenue sur sa participation à la Semaine des langues et au Festival du cinéma espagnol et latino-américain d’Ajaccio. Naomi, venue des Philippines, fait découvrir sa culture auprès des étudiants du campus agricole de Sartène, tandis que Vanbros, récemment arrivé du Cambodge, prépare déjà une matinée interculturelle mêlant danse, chant et cuisine.
En fin de journée, ce dernier a résumé son engagement en une formule : « Apprendre, transmettre et partager ».