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Actualités Sur le terrain
30 avr. 24
Afrique
A l’international
Tchad

France Volontaires et les volontaires au Tchad mobilisés pour la Grande Muraille Verte

Direction le Tchad, à la rencontre de Laura. En VSI, elle est mobilisée dans le cadre de la Grande Muraille Verte - un vaste projet panafricain de lutte contre le réchauffement climatique et la désertification à travers le continent.

Peux-tu te présenter en quelques mots et nous raconter ton parcours ?

Je m’appelle Laura MAHY, je suis originaire de Bretagne et j’ai 26ans. Je suis passionnée par les

métiers du digital, le secteur de la solidarité internationale et les sujets associées au développement durable et la préservation de l’environnement. Après avoir obtenu un Bachelor en Marketing Digital et Communication et un Master en Management digital, j’ai commencé à travailler au sein d’une entreprise spécialisée dans l’impression et le textile où j’ai été Responsable Marketing durant 4 ans.

Cependant, mon désir d’explorer de nouvelles opportunités et d’approfondir mes compétences m’a conduit vers une expérience significative de volontariat. En 2023, j’ai effectué une mission de 6 mois en Service Civique International. J’ai été envoyé par Planète Urgence auprès de CREDI-ONG, située dans la Vallée du Sitatunga, au Bénin. J’ai eu le privilège de prendre part à une mission de communication visant à promouvoir le développement économique et le bien-être social des communautés rurales. Ma responsabilité principale était de soutenir l’ONG dans sa stratégie de communication. Nous avons entrepris une modernisation de l’image de l’organisation en commençant par la refonte du logo et de l’identité graphique. Par la suite, j’ai piloté le développement d’un nouveau site web, offrant ainsi à l’ONG une présence en ligne plus dynamique et professionnelle. Cette expérience m’a permis de mettre en pratique mes compétences en communication au service d’une cause qui me tient particulièrement à cœur : la préservation de notre environnement et le soutien aux communautés locales. Aujourd’hui, c’est vraiment le champ dans lequel je continue de m’investir. Par le prisme de la communication et l’événementiel, je participe à la visibilité et la valorisation de projets à teneur environnementales.

 

 

Pourquoi avoir choisi de t’engager comme volontaire à l’international ?

Je souhaitais sortir de ma zone de confort et confronter mes connaissances à d’autres façons de faire.

C’est bien ce qui se passe lorsqu’on arrive dans un nouveau contexte professionnel. Il y a un temps d’adaptation afin de comprendre le fonctionnement, les activités, l’identité et les difficultés de la structure d’accueil. Ce temps d’observation et d’état des lieux est incontournable avant d’être en mesure d’esquisser un plan d’action et adresser des préconisations.

La mission que j’effectue à présent me plait réellement car elle me permet d’allier mes compétences techniques (en communication) à la cause environnementale.  Actuellement (et depuis février 2024)  je suis à N’Djamena au Tchad pour une Volontariat de Solidarité d’un an, renouvelable. Il faut comprendre que pour exercer mon désir d’engagement plusieurs destination me faisaient de l’œil, que ce soit en Amérique Latine ou en Afrique de l’Ouest. Cependant, j’ai priorisé le contenu de la mission à la destination.

 

 

Quelles sont tes missions au quotidien ?

Je fais partie des nombreux volontaires engagés dans le Programme des Volontaires pour la Grande Muraille Verte. J’interviens sur des missions qui attraient à la communication au seinde l’Agence Nationale de la Grande Muraille Verte du Tchad (ANGMV), qui lutte contre l’avancée du désert et la désertification sur une étendue de plus de 2 300km. L’Agence, qui dépend du Ministère de l’environnement, de la pêche et du développement durable tchadien, s’engage pour la restauration et la protection des terres du Sahel. Elle vise à revitaliser les paysages arides à travers la plantation d’arbres, la promotion de pratiques agricoles durables, l’amélioration de la sécurité alimentaire, le soutien au développement économique, la préservation de la biodiversité et le renforcement des capacités locales.

Malheureusement, on peut le dire, les actions entreprises par l’AGMV et ses partenaires souffraient jusqu’alors d’un déficit de communication : ce qui avait pour effet de minimiser l’impact réel du projet, qui est un projet d’ampleur mais peu mis en valeur. Je viens en appui à l’Agence pour proposer et mettre œuvre une stratégie de communication, j’assure une veille informative, l’animation éditoriale, la production de contenu, la réalisation d’outils et de supports de communication internes et externes. Pour cela, j’effectue pas mal de mission de terrain : je me rends, en mode reporter, sur les sites concernés par des aménagements (ex : fermes agroécologiques) afin de documenter les réalisations et les futurs projets. Les techniciens s’efforcent de m’expliquer les projets qu’ils conduisent et moi je m’efforce à montrer que derrière les réalisations, qui ne se limitent pas simplement à la plantation d’arbres, il y a des hommes et des femmes impliqués.

 

 

Je porte également des missions relatives à l’animation du réseau des volontaires engagés dans le Programme des Volontaires pour la Grande Muraille Verte au Tchad : à ce titre, je facilite la mise en lien entre les différents volontaires qu’ils soient Volontaires de Solidarité Internationale (VSI), Volontaires d’Echanges de Compétences (VEC), Volontaires Nationaux (VN) ou encore Volontaires en Service Civique de Réciprocité (VSC-R). Le programme prévoit la mobilisation de ces différents types de volontariats. Actuellement il y a 9 volontaires déployés dans différentes localités tchadiennes et en France dans des associations engagées sur le plan environnemental. A termes, le programme prévoie le déploiement de 17 volontaires. Depuis le début de ma mission, très occupée par les activités avec l’ANGV, j’ai malheureusement peu eu de temps pour aborder ce pan de ma mission, mais je compte l’investir très prochainement à travers l’organisation d’un forum réussissant les volontaires, leurs organismes d’accueil et les principaux acteurs du Programme des V-GMV.

 

 

Qu’est-ce qui te plaît le plus ? Quelles sont pour le moment tes meilleursouvenirs ?

En termes d’outils de communication beaucoup de choses sont à concevoir, à imaginer. Depuis mon arrivée, j’ai pu travailler à la refonte de la chartre graphique de l’ANGMV. Avec ma collègue chargée de communication, nous avons organisé les premières journées portes ouvertes de l’ANGMV : l’objectif était de faire découvrir au grand public les activités de l’Agence et ses partenaires. J’ai également conçu un film de présentation du projet et dégoté plusieurs interviews pour notre Directeur Général sur la chaîne nationale tchadienne.

 

 

C’est vraiment une satisfaction pour moi de pouvoir mettre en valeur le travail des techniciens. Petit à petit, à force de travailler sur des sujets transversaux, je sens un bel esprit d’équipe qui se forge avec mes collègues. Les moments d’échanges sont de plus en plus fréquents, par exemple à l’heure du déjeuner lorsque nous sommes en mission de terrain. Il arrive souvent que nous soyons invités par les populations locales : l’occasion de moments très conviviaux !

 

 

A l’Espace Volontariats du Tchad, il y a des cours d’arabe tchadien que je suis depuis quelques semaines. Ça me permet de me familiariser avec les rudiments de la langue : c’est vraiment un petit geste mais je vois que mes collègues (à l’image des commerçants chez lesquels je commence à avoir mes habitudes – je me sens plutôt bien intégrée dans la vie du quartier) sont vraiment enchantés lorsque je tente de rejoindre leur conversation en arabe.  Ils continuent aussi à rire de moi lorsque, lors des trajets, je sors mon objectif pour photographier la faune l’air ébahie et toute ravie : « Laura, si tu veux je ralentis la voiture pour que tu vois bien l’hippopotame ou le dromadaire ? ».

Si l’en est, avais-tu des craintes avant ton arrivée au Tchad ?

Grâce à ma première expérience au Bénin, je savais d’ores et déjà que l’Afrique était une zone géographique pour laquelle j’avais un réel attrait. Aujourd’hui, je suis ravie de découvrir la culture sahélienne et je m’acclimate relativement bien à ses différents aspects et aux conditions de vie locale.  

Ce qui reste le plus problématique cependant -et qui était effectivement une crainte avant le départ- c’est vraiment la chaleur qui peut vite être très excessive ici. J’avais peur de ne pas supporter. Nous traversons des mois entiers sous 44/47degrés, régulièrement sans électricité et donc avec peu d’outil pour contrecarrer la chaleur. Ce serait mentir que de dire que c’est un petit problème. En vérité, nous avons tous, français comme tchadiens, extrêmement chauds. Il n’y a pas d’autres alternatives que de tenter de supporter et profiter autant que faire se peut des zones fraîches lorsqu’on en trouve.

Quels sont tes projets à l’issue de ce volontariat ?

Je souhaite réellement continuer à me spécialiser dans la communication au service du développement durable. C’est devenu ma trajectoire : celle que j’imagine poursuivre, à l’issus de ce VSI, peut-être via d’autres dispositifs d’engagement, dans d’autres organismes et/ou d’autres pays concernés par la Grande Muraille Verte (voir même au niveau panafricain).

Des conseils pour les futurs volontaires ?

Ne pas trop cogiter au risque d’en arriver à sous-estimer ses capacités de réussite. Il est possible d’avoir peur de ne pas s’adapter mais il ne faut pas un faire un frein tel qu’il nous empêchera de sauter le pas. Dès lors que l’envie de s’engager dans la solidarité internationale germe : va vivre ton expérience !

Avant de partir en mission, on n’imagine pas tout ce que cela va nous apporter. Sur le plan personnel, c’est un enrichissement considérable. Sur le plan professionnel, ce sont beaucoup de portes qui s’ouvrent et une occasion unique de parfaire ses compétences. Surtout, on a l’opportunité d’œuvrer sur des thématiques qui nous tiennent à cœur et çà c’est très précieux.