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Actualités
20 fév. 26
A l’international

Le volontariat au prisme de la mesure : ce que révèle le State of the World’s Volunteerism Report 2026

Publié par le programme des Volontaires des Nations unies (UNV), le rapport sur la situation du volontariat dans le monde 2026 marque une étape décisive dans la manière de comprendre et d’évaluer l’engagement volontaire. À l’heure où les crises se multiplient et où les volontaires jouent un rôle croissant dans la cohésion des sociétés, il rappelle la nécessité de renforcer nos outils d’analyse pour mieux saisir la contribution réelle des volontaires à la transformation des sociétés.

Selon le rapport sur la situation du volontariat dans le monde 2026 (State of the World’s Volunteerism Report – SWVR 2026), 2,1 milliards de personnes, soit 34,5 % de la population mondiale en âge de travailler, s’engagent volontairement chaque mois.  L’Afrique enregistre le taux le plus élevé, avec 58,5 % d’engagement volontaire.

Un engagement mondial encore largement sous-estimé

Toutefois, au regard de ces chiffres, il est important de rappeler la distinction entre le terme « volunteering » au sens international, comprenant également le bénévolat, du volontariat tel qu’entendu en France dans une définition plus restrictive.

Seuls 64 pays sur 193 collectent aujourd’hui des données nationales régulières sur le volontariat. Cette réalité massive reste donc en grande partie invisible : faute d’outils de mesure adaptés, de nombreuses formes d’engagement (notamment informelles, communautaires ou spontanées) échappent encore aux radars institutionnels.

Des contributions essentielles face aux défis contemporains

Le SWVR 2026 met en lumière la diversité des rôles joués par les volontaires, en particulier dans les domaines du climat et de la résilience, de la santé, de l’éducation ou de la cohésion sociale.

Le rapport rappelle toutefois que l’engagement volontaire peut comporter des risques : surcharge émotionnelle, exposition au danger, discriminations. Mesurer l’impact implique donc aussi d’intégrer les conditions d’exercice, la protection et le bien‑être des volontaires.

Mesurer autrement : la nécessité d’un changement de paradigme

Le rapport rappelle que les chiffres seuls ne suffisent pas. Mesurer la seule quantité d’heures ou la valeur monétaire du travail volontaire revient à réduire sa portée à une dimension utilitariste.

Il appelle à une évolution de nos pratiques, fondée sur :

  • des approches hybrides, croisant données quantitatives et qualitatives
  • l’inclusion des récits et expériences des volontaires et des communautés
  • la prise en compte des contextes locaux, des cultures et des formes variées d’engagement ;
  • un cadre éthique solide, garantissant protection, confidentialité et principe du « agir sans nuire »

L’indice GIVE : un cadre inédit pour la reconnaissance globale de la valeur du volontariat

Le GIVE (Indice mondial de l’engagement volontaire) propose un cadre unificateur permettant de sélectionner des indicateurs adaptés selon chaque contexte, de fournir une base solide pour le plaidoyer et de garantir la comparabilité des données au niveau international. Il invite à dépasser la seule logique d’impact quantifiable et à adopter une vision plus globale, reliant développement individuel, renforcement des communautés et transformations systémiques.

Le GIVE s’articule autour de quatre dimensions :

  1. La valeur pour l’individu (compétences, bien-être, parcours).
  2. La valeur pour la communauté (cohésion, solidarité, participation)
  3. La valeur économique (contributions directes ou indirectes aux systèmes sociaux)
  4. L’environnement favorable (politiques publiques, protection, reconnaissance)

Une nécessaire cartographie des données

Pour construire un cadre de mesure solide et comparable à l’échelle internationale, le SWVR 2026 s’appuie sur un vaste exercice de cartographie des sources existantes sur le volontariat :

Celui‑ci recense aussi bien les grandes enquêtes internationales que les statistiques nationales et les enquêtes auprès des ménages conduites par différents pays. Ensemble, ces sources offrent une vision d’ensemble des dynamiques du volontariat : taux de participation, motivations, engagement citoyen préalable, ainsi que valeur économique et sociale des contributions volontaires. Le rapport souligne toutefois un défi structurel : l’absence d’harmonisation des méthodologies d’un outil de mesure à l’autre, qui limite les comparaisons internationales et reflète la diversité des approches culturelles et statistiques.

Malgré cela, la cartographie constitue une base précieuse pour une future normalisation des données et identifie les champs où un alignement est non seulement possible, mais nécessaire pour garantir inclusivité et comparabilité. Cette rigueur méthodologique pose les fondations d’un outil fiable et utilisable à l’échelle mondiale pour mieux saisir la pluralité du volontariat.

Recommandations pour le secteur du volontariat

Le rapport met en évidence l’importance de la mesure dans la reconnaissance du volontariat, contribuant à son tour, in fine, à amplifier l’impact du volontariat.

Par ailleurs, plusieurs recommandations sont identifiées pour renforcer le cadre de mesure de l’activité volontaire :

Alors que 2026 marque l’Année internationale des volontaires au service du développement durable, ce rapport s’inscrit dans une dynamique mondiale de reconnaissance accrue du volontariat. Il peut constituer un point d’appui structurant pour renforcer les cadres de mesure, consolider la comparabilité des données et approfondir la compréhension de la valeur plurielle de l’engagement volontaire dans toutes ses dimensions.

 

Lire le rapport complet ici (bientôt disponible en français) : https://www.unv.org/news/2026-swvr-redefining-true-value-volunteerism