Projet WasiVol : huit jeunes Équatoriens engagés en France pour le développement durable
Depuis septembre 2025, huit jeunes Équatoriens sont engagés en mission de Service civique international en France dans le cadre de WasiVol, un programme de volontariat de réciprocité issu du projet WasiLab - Centro de Ciencias de la Sostenibilidad qui articule science, engagement et action locale, avant un retour en Équateur au sein de laboratoires dédiés au développement durable.
Lancé au mois de septembre 2025, le programme WasiVol permet à huit jeunes venus de la côte pacifique équatorienne, des Andes et de l’Amazonie, de vivre une mission de volontariat en France autour de la conservation de l’environnement, de l’éducation et de l’interculturalité. Accueillis pour sept mois au sein de structures locales, ils interviennent dans des projets d’agriculture urbaine, de sensibilisation écologique, d’animation éducative et de mobilisation citoyenne.
Une préparation ancrée dans les territoires et la durabilité
Ce programme de réciprocité repose sur un principe simple : croiser les expériences, renforcer les compétences et favoriser la co-construction de solutions durables entre territoires partenaires. Dès la mi-septembre, les volontaires ont participé à une semaine de formation en Équateur, dédiée aux enjeux de durabilité et de solidarité internationale. Ce temps d’immersion a combiné apports méthodologiques et visites de terrain, afin de relier les concepts aux réalités locales.

Les huit volontaires du projet WasiVol. © DR
Ils ont notamment découvert le Living Lab Cotopaxi Sustentable y Fértil : SumaKoto, à une centaine de kilomètres au sud de Quito : un espace collaboratif centré sur la restauration des sols et le développement de l’agriculture biologique. Aux côtés de chercheurs et de membres des communautés, ils ont échangé sur les besoins, les défis et les perspectives de ces projets. Une autre visite les a conduits au WasiLab de l’Université pontificale catholique d’Équateur (PUCE), centre pionnier de sciences de la durabilité, qui promeut la recherche interdisciplinaire construite avec les territoires.
Depuis leur arrivée en France à l’automne, les missions se traduisent par des actions très concrètes. À Vierzon, Flor Chicango, économiste originaire d’Ibarra, contribue à des actions de sensibilisation au développement durable et au vivre-ensemble. À Pau, Alexander Pauta, ingénieur agronome de Cuenca, intervient sur des projets d’agriculture urbaine et d’éducation face au dérèglement climatique. À Nantes, Nema Ushigua, activiste de Puyo, s’engage dans des démarches de citoyenneté internationale et d’ouverture interculturelle auprès de jeunes ligériens.
Sur le terrain, les volontaires décrivent des effets rapides, tant sur le plan personnel que professionnel. Tamy Rites, ingénieure environnementale originaire de Guayaquil, résume ainsi ses premières semaines de mission : « Ces activités m’ont aidé à gagner en assurance, en autonomie et à assumer davantage de responsabilités. Par ailleurs, travailler dans des jardins communautaires renforce mes compétences en agroécologie, en diagnostic environnemental, en gestion et entretien des sols et en aménagement d’espaces verts, que je pourrai mettre en pratique à mon retour dans mon pays. »
Même état d’esprit chez Fatima Pulgarin, affectée auprès de la Maison Yanapanaku à Valenciennes : « Cette mission m’a permis de renforcer mon identité, mon sentiment d’appartenance et ma confiance en mes capacités. J’ai appris à mieux communiquer, à créer des supports pédagogiques à partir de zéro, à gérer des groupes et à animer des espaces interculturels et de bien-être. J’ai également développé des compétences telles que la créativité, l’écoute et la pédagogie ludique. »
Une dynamique reconnue au niveau bilatéral
Le 27 novembre 2025, une rencontre organisée par l’ambassade d’Équateur en France a réuni plusieurs acteurs institutionnels autour de l’impact du volontariat de réciprocité. En présence de l’ambassadrice d’Équateur, de la direction de France Volontaires et de représentants du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, un volontaire WasiVol a partagé son expérience et les effets de son engagement sur son parcours et sa communauté.

Au cours de leur semaine de formation, les volontaires ont travaillé sur les compétences relationnelles telles que le dialogue interculturel, le travail d’équipe et l’adaptabilité, les compétences techniques liées au développement durable ou les protocoles de sécurité. © DR
Ce temps d’échange a mis en avant la contribution du Volontariat international d’échange et de solidarité (V.I.E.S) aux relations entre la France et l’Équateur, ainsi que la valeur ajoutée des dispositifs fondés sur la réciprocité. À travers WasiVol, le projet WasiLab illustre une approche globale : former, expérimenter, coopérer, puis réinvestir les compétences acquises dans les territoires d’origine.
À partir d’avril 2026, les volontaires rejoindront en Équateur différents Living Labs pour proposer et développer des initiatives communautaires innovantes liées à la conservation et au développement durable. Ces laboratoires vivants associent chercheurs, acteurs locaux et habitants pour tester des réponses concrètes aux défis environnementaux : une continuité qui inscrit le volontariat dans le temps long des politiques publiques liées à l’environnement.
Les partenaires du projet WasiVol
Le programme est rendu possible grâce au financement du fonds FEF–WasiLab, avec l’appui de l’Ambassade de France en Équateur, de France Volontaires, de l’Institut pour la recherche et le développement (IRD), de la PUCE, du Learning Planet Institute, ainsi que de plusieurs organisations françaises partenaires, dont Centr’Aider, la Ville de Vierzon, la Maison de la Culture Yanapanaku, Parcours le Monde et Pistes Solidaires.
Photo de couverture : les jeunes volontaires lors de leur stage de formation au départ, en septembre 2025 en Équateur. © DR