PUBLICATION · L’insertion intégrale : repenser l’accompagnement des jeunesses dans les politiques de développement
L’Agence française de développement (AFD) a publié en juin 2026 un nouveau numéro de sa collection Question de développement consacré à l’insertion intégrale des jeunes. Cette publication interroge la manière dont les acteurs du développement accompagnent les parcours des jeunesses dans un contexte marqué par les mutations économiques, sociales, territoriales et environnementales. À partir d’une analyse de publications institutionnelles d’acteurs du développement, les auteurs proposent une lecture renouvelée des trajectoires d’insertion des jeunes, invitant à dépasser les approches sectorielles pour adopter une vision plus globale et interconnectée.
Des parcours de jeunesse de plus en plus complexes
Dans de nombreux pays, les jeunes évoluent dans des contextes profondément transformés par les évolutions du marché du travail, l’urbanisation, les inégalités sociales ou encore les effets du changement climatique. Face à ces défis, les politiques publiques et les programmes de développement tendent encore souvent à traiter les enjeux de manière cloisonnée, en distinguant par exemple l’emploi, l’éducation, la participation citoyenne ou l’environnement.
La publication souligne pourtant que les parcours de vie des jeunes ne peuvent être appréhendés à travers une seule dimension. Les trajectoires d’insertion sont multidimensionnelles et nécessitent des réponses capables de prendre en compte simultanément la pluralité de leurs aspirations et besoins.
Par exemple, le programme JADE (Jeunesses actrices du monde de demain), porté par le Gret, membre de France Volontaires, avec le soutien de l’AFD, illustre concrètement cette approche. Fondé sur une démarche de recherche-action, ce programme accompagne les jeunes vers des parcours articulant insertion professionnelle, engagement citoyen et transition écologique. Les expériences menées dans plusieurs pays démontrent l’intérêt d’approches intégrées permettant aux jeunes de devenir pleinement acteurs du développement durable de leurs territoires.
L’insertion intégrale : une approche fondée sur les trois piliers du développement durable
Pour analyser les approches consacrées aux jeunesses, les auteurs s’appuient sur les trois dimensions du développement durable définies par le rapport Brundtland (1987) :
- Le pilier économique et professionnel : Les institutions étudiées mettent l’accent sur l’employabilité en passant notamment par la formation professionnelle et l’entrepreneuriat. L’objectif est notamment de renforcer les capacités des jeunes à s’insérer dans des économies en transformation et à contribuer au développement de leurs territoires.
- Le pilier social et citoyen : Cette approche reconnaît les jeunes comme des acteurs à part entière du changement social et de la cohésion des sociétés. Les acteurs du développement accordent une place importante à l’éducation, à la santé, à l’égalité de genre, aux droits et à la participation citoyenne.
- Le pilier environnemental et climatique : Les enjeux liés aux emplois verts, à la justice climatique, à l’agroécologie ou encore à la résilience environnementale occupent une place croissante. Les jeunes y apparaissent comme des acteurs majeurs des transitions écologiques en cours.

Les auteurs soulignent toutefois que cette dimension reste moins développée que les dimensions économiques et sociales dans de nombreuses stratégies institutionnelles, alors même que les transformations environnementales influencent directement les parcours et l’avenir des jeunesses.
Des enseignements qui résonnent avec les enjeux du volontariat international
Cette notion d’insertion intégrale trouve une résonance particulière avec le Volontariat international d’échange et de solidarité (V.I.E.S.).
Tout d’abord, l’expérience de volontariat contribue à l’insertion sociale et citoyenne. En s’engageant dans une mission d’intérêt général, les volontaires développent leur capacité d’agir, à comprendre des réalités sociales différentes, à exercer leur citoyenneté et à participer à des projets collectifs. Ils renforcent également leurs compétences transversales, comme l’autonomie, l’interculturalité, la capacité d’adaptation, qui constituent aujourd’hui des ressources essentielles dans les parcours de vie.
Le V.I.E.S. participe également à l’insertion économique et professionnelle. Au-delà de l’acquisition de compétences techniques, il permet aux jeunes de construire ou d’affiner un projet professionnel, de développer leur réseau et de valoriser des compétences souvent recherchées sur le marché de l’emploi.
Enfin, la dimension environnementale est également au cœur de nombreuses missions de volontariat. Selon l’étude de France Volontaires “Le V.I.E.S comme contribution aux enjeux environnementaux” publiée en juin 2025, 62 % des activités mises en œuvre par les volontaires contribuent directement aux Objectifs de développement durable (ODD) environnementaux.
En ce sens, le V.I.E.S. illustre concrètement l’approche de l’insertion intégrale en articulant engagement citoyen, développement de compétences et contribution aux transitions écologiques et sociales.
Pour aller plus loin
Consulter la publication : Question de développement n°105 – AFD