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28 sep. 26
Bénin

Alessia Une aventure humaine et au Bénin

Accompagner l’association dans la conception, la structuration et le développement de ses projets.

Alessia Lombardi est volontaire de solidarité internationale (VSI) avec APEED à Parakou dans le cadre du programme V-Francophonie, porté par France Volontaires en partenariat avec l’Organisation internationale de la Francophonie. Ce programme favorise les mobilités internationales, l’engagement citoyen des jeunesses francophones et les échanges de compétences entre les pays de l’espace francophone. Titulaire d’une licence en LEA et d’un master en Coopération internationale et communication multilingue, Alessia a construit un parcours marqué par l’action humanitaire, l’accompagnement de publics vulnérables et la gestion de projets.

Peux-tu te présenter en quelques mots et nous parler de ton parcours ?


J’ai un parcours assez international, tant dans mes études que dans mes expériences professionnelles. J’ai d’abord obtenu une licence en LEA, avec une spécialisation en organisations internationales et diplomatiques, à Bologne, en Italie, puis j’ai poursuivi avec un master en Coopération internationale et communication multilingue à l’Université Grenoble Alpes.

Au fil de mon parcours, j’ai progressivement développé un intérêt particulier pour les questions humanitaires, les migrations et l’accompagnement des personnes en situation de vulnérabilité. J’ai eu l’occasion de vivre des expériences diverses mais complémentaires. En Italie, j’ai travaillé dans un centre d’accueil pour mineurs étrangers non accompagnés, notamment autour de l’apprentissage de l’italien, de l’accompagnement au quotidien et de la traduction de documents juridiques et sociaux. J’ai ensuite effectué un stage au Refugee Women’s Centre à Calais, où j’ai participé à l’accompagnement de femmes migrantes ainsi qu’à des activités de sensibilisation et de plaidoyer dans la région.

En parallèle, mon expérience au sein de l’ONG grenobloise Aide Médicale et Développement  m’a permis de me familiariser davantage avec la gestion de projets de coopération internationale, notamment à travers la recherche, l’analyse de contexte, la rédaction de projets et la communication.

Plus récemment, mes deux années d’expérience en tant qu’assistante juridique et sociale au sein d’une structure d’hébergement accueillant des demandeurs d’asile m’ont permis de renforcer mes compétences en accompagnement social et juridique, en travail en réseau, ainsi qu’en prise en compte des situations de vulnérabilité.

Enfin, j’ai toujours accordé une place importante à l’engagement associatif et bénévole. En 2018, j’ai notamment participé à un projet d’AIESEC en Turquie consacré à l’inclusion des réfugiés syriens.

Aujourd’hui, je dirais que mon parcours se situe véritablement à la croisée de la coopération internationale, de l’action humanitaire et de l’accompagnement social, avec une forte dimension interculturelle.

Peux-tu nous présenter l’association APEED et ses principales activités ?


L’Association pour l’Éducation des Enfants en Difficulté (APEED) est une association béninoise créée en 2003 et basée à Parakou, dans le nord du Bénin. Elle intervient principalement dans le domaine de l’éducation, avec pour objectif de favoriser l’accès, le maintien et la réussite scolaire des enfants et des jeunes issus de milieux défavorisés. Depuis sa création, l’association a accompagné plus de 2 200 jeunes.

APEED s’adresse notamment aux enfants en situation de vulnérabilité, tels que les orphelins, les jeunes issus de familles nombreuses ou encore ceux provenant de zones rurales et contraints de poursuivre leur scolarité à Parakou. L’association œuvre ainsi à prévenir le décrochage scolaire et à donner à ces jeunes les moyens d’aller au bout de leur parcours éducatif.

Concrètement, ses actions vont bien au-delà de la simple prise en charge des frais de scolarité. APEED apporte un soutien financier pour les frais scolaires, fournit du matériel et des manuels, propose un accompagnement pour les cours de renforcement et met également en place un suivi psychosocial. Lorsque cela est nécessaire, elle peut aussi contribuer à la prise en charge de certains frais médicaux.

L’association organise par ailleurs des activités éducatives, sportives et culturelles afin de favoriser l’épanouissement personnel et l’intégration sociale des jeunes.

Aujourd’hui, APEED travaille avec plusieurs collèges publics de Parakou et accompagne environ 120 élèves par an. Son approche est globale :

l’objectif n’est pas seulement de permettre aux jeunes d’aller à l’école, mais aussi de leur offrir les conditions nécessaires pour réussir leur scolarité et construire progressivement leur avenir.

Activités périscolaires organisées par APEED

Quelle est ta mission et quelles sont tes principales activités ?


Au sein d’APEED, j’interviens en tant que gestionnaire et coordinatrice de projets dans le cadre de ma mission avec France Volontaires. Mon rôle consiste principalement à accompagner l’association dans la conception, la structuration et le développement de ses projets, mais aussi dans leur coordination et la recherche de financements.

Actuellement, je travaille principalement sur trois projets, qui se trouvent à des stades d’avancement différents.

Le premier est le projet « Briser le silence », consacré à la prévention et à la lutte contre les violences basées sur le genre, notamment en milieu éducatif. Ce projet a été conçu et rédigé en collaboration avec plusieurs associations béninoises. Il est actuellement en phase de recherche de financements. Je travaille donc à l’identification d’appels à projets pertinents, auprès de fondations, d’ONG et de partenaires de la coopération internationale, ainsi qu’à la préparation et à la soumission des dossiers. L’objectif est de pouvoir lancer le projet dès que possible, car il répond à des enjeux particulièrement importants et sensibles.

Le deuxième projet concerne la création d’un terrain de basket-ball au sein d’APEED. Il est actuellement en phase de mise en œuvre, avec la finalisation des travaux. L’objectif est ensuite de proposer des activités sportives et parascolaires aux enfants et aux adolescents accompagnés par l’association, tout en faisant de cet espace un lieu ouvert et accessible aux autres jeunes de la communauté. Mon rôle consiste notamment à suivre l’avancement du projet, à coordonner les différents acteurs impliqués et à accompagner la mobilisation des ressources nécessaires.


Mise en œuvre du terrain de Basket

Enfin, je travaille sur le projet « Lire et Grandir », qui vise à développer et valoriser la bibliothèque d’APEED ainsi que son futur Computer Lab. J’ai structuré ce projet autour de deux volets : d’une part, l’amélioration des infrastructures et des ressources existantes ; d’autre part, la mise en place d’activités ludiques et socio-éducatives autour de la lecture, de l’écriture et du numérique. Le projet est aujourd’hui quasiment finalisé dans sa phase de rédaction, et je travaille principalement à l’identification d’appels à projets et de partenaires susceptibles de soutenir son financement et sa mise en œuvre.

Au quotidien, cela signifie que je peux passer de la rédaction d’un projet à la recherche de financements, au suivi d’activités sur le terrain ou encore aux échanges avec des partenaires. Je réalise également des outils de suivi, des documents de projet et des rapports d’activité, tout en participant à la coordination entre les différents acteurs et parties prenantes impliqués dans ces projets.

Selon toi, en quoi ta mission s’inscrit-elle dans le programme V-Francophonie et contribue-t-elle à la promotion de la francophonie ?


Je pense que ma mission s’inscrit de manière assez naturelle dans le programme V-Francophonie, même si la promotion de la Francophonie n’est pas l’objectif principal de mon poste.

Pour moi, la Francophonie ne se limite pas à la promotion de la langue française : elle repose également sur le partage, la coopération, l’éducation et la création de liens entre les différents espaces francophones.

Dans le cadre de ma mission au sein d’APEED, je contribue à des projets éducatifs et socio-éducatifs qui favorisent l’accès à l’éducation et l’épanouissement des jeunes. À travers la bibliothèque, le projet « Lire et Grandir », les activités parascolaires ou encore les actions de sensibilisation, je participe à la création d’espaces où les enfants et les jeunes peuvent développer leurs compétences, leur curiosité et leur ouverture sur le monde. La lecture et l’accès aux ressources éducatives constituent notamment un moyen concret de faire vivre et de valoriser la langue française auprès des bénéficiaires.

Ma mission s’inscrit également dans une logique de coopération entre la France et le Bénin. Le fait d’être engagée avec France Volontaires me permet de contribuer à cette dynamique tout en favorisant les échanges de pratiques et d’expériences entre acteurs français et béninois.

Enfin, je considère être moi-même actrice de cette dynamique. Je participe avec beaucoup d’intérêt aux webinaires et aux rencontres organisés par France Volontaires. Je trouve ces échanges particulièrement enrichissants, car ils me permettent de rencontrer d’autres volontaires, de découvrir leurs expériences et leurs projets, souvent liés aux enjeux de la Francophonie. Je m’en inspire également dans ma propre mission, ce qui m’aide à prendre du recul sur mon travail et à réfléchir à de nouvelles façons de contribuer aux projets de l’APEED.

Ainsi, même si je ne mène pas une mission spécifiquement dédiée à la promotion de la langue française, je pense contribuer à la Francophonie à travers l’éducation, la coopération, les échanges interculturels et la création de liens entre les acteurs.

Qu’est-ce qui t’a motivée à t’engager dans cette mission et dans ce programme en faveur de la francophonie ?


Ce qui m’a motivée à m’engager dans cette mission, c’est avant tout l’envie de donner une dimension plus concrète à mon parcours dans la coopération internationale et le secteur associatif. J’avais déjà eu plusieurs expériences dans les domaines de l’humanitaire, de l’accompagnement social et de la gestion de projets, mais je souhaitais m’investir dans une mission de plus longue durée, avec de réelles responsabilités et un projet ancré dans les besoins d’une structure locale.

Je connaissais déjà le programme V-Francophonie et j’avais envie de m’y engager depuis quelque temps, notamment parce qu’il offre un cadre structuré et un accompagnement adapté aux volontaires. Il était important pour moi de partir dans de bonnes conditions, tout en bénéficiant d’une autonomie suffisante pour être pleinement impliquée dans ma mission.

Le choix d’APEED a également été déterminant. Les thématiques de l’éducation, de l’accompagnement des jeunes et de la coopération correspondent particulièrement à mon parcours et à mes centres d’intérêt. La mission de coordinatrice de projets me permettait de mettre à profit mes compétences en gestion de projet, en rédaction et en recherche de financements, tout en continuant à apprendre au contact d’une association béninoise et de ses équipes.

Enfin, la dimension francophone du programme m’intéressait particulièrement, car elle favorise les échanges entre des personnes aux parcours et aux réalités différents, tout en partageant un espace linguistique et culturel commun. Pour moi, cette mission représente à la fois une opportunité de contribuer concrètement à un projet local, de développer mes compétences professionnelles et de vivre une véritable expérience d’échange et de coopération.

Quels objectifs personnels et professionnels souhaites-tu atteindre d’ici la fin de ta mission ?


Sur le plan professionnel, mon principal objectif est de continuer à développer mes compétences en gestion et en coordination de projets, notamment dans un contexte international. J’ai toujours souhaité travailler dans le domaine de la coopération internationale et acquérir une expérience professionnelle à l’étranger. Cette mission représente donc une étape importante de mon parcours, puisqu’il s’agit de ma première expérience professionnelle en Afrique et d’une véritable immersion dans un contexte différent de ceux que j’ai connus jusqu’à présent.

Je souhaite notamment gagner en autonomie à chaque étape du cycle de projet, de l’identification des besoins et de la conception d’un projet à la recherche de financements, en passant par sa mise en œuvre, son suivi et son évaluation. Je suis convaincue que le travail de terrain est l’une des meilleures façons d’apprendre, car il permet de confronter les connaissances théoriques aux réalités concrètes et de développer des compétences mobilisables dans différents contextes professionnels.

Sur le plan personnel, j’aimerais surtout approfondir mes compétences interculturelles. Être au Bénin me permet de découvrir une nouvelle culture, de nouvelles façons de travailler et de communiquer, mais aussi d’apprendre à mieux m’adapter à des contextes et à des pratiques différents des miens. Je souhaite également renforcer ma capacité à évoluer dans un environnement interculturel, à favoriser les échanges de compétences et à construire des relations professionnelles fondées sur l’écoute et la compréhension mutuelle.



Découverte du Bénin : Initiation à la vannerie, Lac Nokoué, Rivière noire d’Adjarra, région des Collines

Enfin, j’aimerais terminer cette mission avec non seulement davantage de compétences techniques, mais aussi une meilleure capacité à prendre du recul, à m’adapter et à travailler avec des personnes aux parcours et aux réalités variés. Ce sont, selon moi, des compétences essentielles pour la suite de mon parcours dans la coopération internationale.

Comment vis-tu le travail dans un contexte interculturel ? Quels en sont, selon toi, les principaux atouts et défis ?


Je vis le travail dans un contexte interculturel avec des hauts et des bas, comme je pourrais finalement en connaître en France ou en Italie. La différence, surtout au début de ma mission, était que je ne disposais pas ici des mêmes repères ni du même réseau de personnes sur lesquels m’appuyer. Il a donc fallu apprendre à trouver de nouveaux équilibres et à construire progressivement mes propres repères.

Avec le temps, j’ai développé des relations d’amitié et créé des liens importants qui me permettent aujourd’hui de vivre ma mission et mon quotidien de manière plus sereine. J’ai notamment compris l’importance de préserver un bon équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. Au début de ma mission, je pensais devoir être constamment concentrée sur mon travail et mes responsabilités. J’ai finalement réalisé que prendre du temps pour soi est également essentiel pour rester motivée et investie sur le long terme.

Je pense que l’un des principaux atouts d’un contexte interculturel réside dans tout ce qu’il nous apprend sur nous-mêmes et sur les autres. On est amené à remettre en question certaines habitudes, à écouter davantage, à s’adapter et à accepter que les choses puissent être faites différemment de ce que l’on connaît. C’est aussi une grande richesse en matière d’échanges de compétences, de points de vue et de méthodes de travail.

Le principal défi, pour moi, est justement cette adaptation permanente.

Les difficultés ne sont pas toujours liées au travail : elles peuvent être professionnelles, personnelles ou simplement liées à la vie quotidienne. Un jour, je peux être très motivée et pleine d’énergie, et le lendemain être frustrée par une difficulté professionnelle, une déception personnelle ou même quelque chose d’aussi simple qu’une coupure d’eau. Ces situations peuvent sembler anecdotiques, mais lorsqu’elles s’accumulent, elles peuvent avoir un réel impact sur le moral.

J’ai d’ailleurs connu une période de baisse de motivation assez importante au début de ma mission. Avec le recul, cela m’a beaucoup appris sur mes propres limites et sur ma manière de gérer les difficultés. Aujourd’hui, je me sens plus sereine et plus énergique, et j’ai également changé de regard sur certains aspects de la mission. J’ai compris qu’il fallait accepter que l’expérience soit faite de fluctuations : les moments plus difficiles ne sont pas permanents et ne remettent pas nécessairement en question l’ensemble de l’expérience.

Je dirais donc que travailler dans un contexte interculturel demande beaucoup d’adaptation, de patience et de remise en question, mais que c’est précisément ce qui en fait une expérience aussi enrichissante, tant sur le plan professionnel que personnel.

Qu’est-ce que cette mission t’apporte sur le plan personnel et professionnel ?


Même si je ne suis encore qu’à peu près à la moitié de ma mission, je dois déjà reconnaître qu’elle m’apporte énormément, aussi bien sur le plan professionnel que personnel.

Sur le plan professionnel, j’apprends beaucoup directement sur le terrain. J’ai la possibilité de travailler sur les différentes étapes de la gestion de projet, de la conception et de la rédaction à la recherche de financements, en passant par le suivi et la coordination des activités. Mais au-delà des compétences techniques, cette expérience m’apprend surtout à mieux comprendre la réalité du travail dans un contexte international et associatif. Je découvre qu’il faut parfois composer avec des contraintes, des imprévus ou des situations qui ne se déroulent pas comme on l’avait imaginé ou souhaité. Cela m’apprend progressivement à prendre du recul, à lâcher prise et à accepter que l’on ne peut pas tout contrôler.

Je pense que c’est un apprentissage particulièrement important pour moi, car j’ai parfois tendance à vouloir que les choses soient faites de manière très précise et selon le planning établi. La réalité du terrain m’apprend qu’il faut aussi savoir s’adapter, revoir ses priorités et parfois simplement accepter que certaines choses prennent plus de temps que prévu. C’est une compétence que je pourrai certainement réutiliser dans de nombreux contextes professionnels.

Sur le plan personnel, pour reprendre ce que j’évoquais précédemment, cette mission m’aide à mieux me connaître et à développer davantage confiance en moi, mais aussi confiance dans les autres. Au début, j’avais tendance à rester davantage sur mes gardes, probablement parce que je me trouvais dans un environnement nouveau, sans mes repères habituels. Avec le temps, j’ai compris que cette attitude pouvait aussi me faire passer à côté de certaines rencontres, opportunités et expériences.

J’apprends donc progressivement à faire davantage confiance et à être plus ouverte. Finalement, je pense que c’est l’un des plus grands apports de cette mission : elle m’apprend autant à travailler différemment qu’à évoluer personnellement.

Il me reste encore une bonne partie de cette aventure à vivre, et je sais que beaucoup de choses peuvent encore évoluer. Mais je sens déjà que cette expérience est en train de transformer ma manière de travailler, de voir les autres et aussi de me voir moi-même.

Quel est ton meilleur souvenir de ta mission jusqu’à présent ?


Le moment le plus marquant de ma mission jusqu’à présent est sans doute l’ensemble des moments partagés avec les membres de l’équipe d’APEED, et notamment le dîner que nous avons organisé avec Anna pour célébrer nos anniversaires en juillet. C’était un moment particulièrement convivial, festif et chaleureux. J’ai trouvé très beau de constater qu’au-delà du travail, nous pouvions être plus que de simples collègues et partager de véritables moments de complicité. Je pense que ces instants informels sont précieux et jouent un rôle important dans la cohésion d’une équipe.


Repas d’anniversaire des volontaires
avec l’équipe d’APEED

J’ai également une pensée particulière pour Anna, ancienne VSI qui a récemment quitté l’APEED et le Bénin. Elle a beaucoup compté pour moi durant mes premiers mois de mission. Elle a été une source d’inspiration sur le plan professionnel, puisque nous avons eu l’occasion de travailler ensemble, mais surtout sur le plan personnel. Elle m’a beaucoup accompagnée et soutenue, et je crois sincèrement que ces derniers mois n’auraient pas été les mêmes sans elle. Son départ marque donc également une étape importante de mon expérience.

Alessia et Anna, les deux volontaires d’APEED

Quel conseil donnerais-tu à un futur volontaire ?


Le conseil que je donnerais à toutes celles et ceux qui souhaitent partir, c’est tout simplement d’oser franchir le pas, malgré les peurs, les doutes et les inquiétudes. On dit souvent que les personnes courageuses ne sont pas celles qui n’ont jamais peur ou qui n’hésitent jamais, mais celles qui, malgré leurs craintes et leurs hésitations, décident quand même de se lancer.

Avant de venir au Bénin, je n’avais aucune certitude. J’avais surtout beaucoup de questions, d’hésitations et de doutes, peut-être même un peu trop ! Pourtant, j’ai réussi à dépasser ces appréhensions et, aujourd’hui, je ne regrette absolument pas mon choix.

Je conseillerais également à toute personne souhaitant s’engager dans une mission de volontariat international de se préparer à être bousculée par de nouvelles cultures, de nouvelles dynamiques et de nouvelles réalités. Il faut être prêt à être surpris, parfois émerveillé, parfois déstabilisé, et à vivre des expériences aussi enrichissantes que plus difficiles. Cela demande de la patience, de la résilience, mais surtout beaucoup d’ouverture d’esprit et de flexibilité. Cette dernière est d’ailleurs une qualité sur laquelle j’ai moi-même encore du travail à faire !

Enfin, je pense qu’il est essentiel d’arriver avec beaucoup d’humilité. On ne peut pas tout contrôler, et encore moins prétendre transformer une réalité dont on connaît à peine les codes en arrivant. Il faut d’abord prendre le temps d’observer, d’écouter, de comprendre et de s’adapter. Plus vite on l’accepte, plus il devient facile de vivre pleinement sa mission, d’apprendre de celles et ceux qui nous entourent et de trouver progressivement sa place dans la réalité locale.