Au-delà de la mission de Lorida : une aventure humaine et interculturelle
Accompagner des jeunes Français dans un projet interculturel autour des Objectifs de développement durable
Dans le cadre du programme PRODDIGE du SCD, Lorida Allagbe, 24 ans, originaire d’Abomey au Bénin, a réalisé une mission de Service Civique en réciprocité en France à Saint-Étienne. Envoyée par l’ONG JESPD, elle a été accueillie pendant huit mois par la structure partenaire du SCD, La Bulle à St-Galmier. Titulaire d’une licence en sociologie-anthropologie obtenue au Bénin et actuellement étudiante en sociologie de l’intervention sociale, des conflits et de la médiation en France, Lorida est intervenue dans l’animation de projets liés à l’Éducation à la citoyenneté et au Développement durable, tout en faisant découvrir la culture béninoise. Passionnée par les voyages et le bénévolat, elle aime aller à la rencontre des autres et découvrir de nouvelles cultures. Cette expérience a renforcé son ouverture aux réalités sociales et humaines qui l’entourent.
Pourquoi avoir choisi de t’engager comme volontaire ?
J’ai choisi de m’engager comme volontaire parce qu’après ma licence, je souhaitais donner une nouvelle dimension à mon engagement citoyen. J’étais déjà bénévole depuis plusieurs années au sein de l’ONG JESPD (Jeunes Engagés pour la Solidarité, la Paix et le Développement), et lorsque j’ai découvert cette opportunité de mission, je l’ai saisie sans hésiter. Cela représentait pour moi une occasion unique de découvrir le monde social en Occident, d’élargir mes horizons et de concrétiser mon attrait pour le secteur social, une passion que je nourris depuis mon enfance.
Avais-tu de l’expérience dans le domaine de l’éducation et du développement durable avant ta mission ?
J’avais un peu d’expérience, car en tant que bénévole, j’ai participé à des séminaires, des conférences et d’autres activités en lien avec l’éducation et le développement durable. Ces expériences ont constitué une belle base qui m’a aidée à mieux comprendre les enjeux du domaine avant de commencer ma mission.
Peux-tu nous décrire la mission et les actions que tu as pu effectuer durant ?
Atelier cuisine avec les jeunes de La Bulle
Ma mission consistait principalement à accompagner un groupe de jeunes Français dans la réalisation d’un projet interculturel autour des Objectifs de développement durable (ODD), prévu pour avril 2025 au Bénin. Ainsi, je leur ai présenté le Bénin à travers des ateliers de langue, de cuisine, et bien d’autres activités. Avec les jeunes, nous avons travaillé ensemble pour constituer des jeux de tombola et les revendre dans le cadre de la collecte de fonds destinée au financement du projet.
Présentation du Bénin aux jeunes de Saint-Christo et atelier artistique
En parallèle, je participais à l’animation de ma structure d’accueil, La Bulle de Saint-Galmier, tout en partageant la culture béninoise. J’ai eu notamment l’opportunité de présenter le Dahomey et les emblèmes des rois, lors d’un atelier créatif mêlant présentation culturelle et dessin, qui a permis aux jeunes de découvrir une partie de l’histoire du Bénin de façon ludique et artistique. J’ai également été sollicitée par ma tutrice pour intervenir lors d’un événement sur le handicap, afin d’apporter un regard comparatif entre la perception du handicap au Bénin et en France. De plus, j’ai participé à des ateliers intergénérationnels avec des seniors, pour renforcer le lien entre eux et les jeunes de la Bulle, mais aussi favoriser les échanges autour d’activités manuelles et numériques, notamment au FabLab.
Lorida et son binôme, Maelan
Enfin, ma mission s’est déroulée en binôme avec un volontaire français, ce qui a grandement enrichi l’expérience humaine et professionnelle.
Dans le cadre du programme PRODDIGE, quel projet as-tu piloté ?

Journée finale du programme PRODDIGE à l’Hôtel de ville de Lyon
Dans le cadre du programme PRODDIGE, j’ai piloté un projet intitulé « Le voyage écologique du livre », au sein du groupe Les lecteurs responsables, composé d’un Antillais, d’un Burkinabè, d’une Française et de moi-même. Notre objectif était de faire découvrir le cycle de vie du livre, depuis sa création jusqu’à sa destruction, puis de sensibiliser les jeunes à l’impact environnemental et socio-économique des livres, mais aussi d’encourager les jeunes à fréquenter les bibliothèques et à emprunter des livres plutôt que d’en acheter, afin de limiter la pollution. Nous avons choisi de créer une chasse au trésor sous forme d’escape game, permettant aux participants de découvrir le parcours du livre de manière interactive et engageante.
Nous avons d’abord testé une partie du jeu lors de la journée finale du programme PRODDIGE à Lyon, auprès d’un public adulte, afin de recueillir des retours et d’ajuster le contenu. Ensuite, nous avons déployé le jeu auprès de 120 jeunes lors de la journée finale du prix littéraire VETUA à Saint-Just-Saint-Rambert, où l’accueil a été très positif et nous a permis de constater l’efficacité du format ludique pour transmettre des connaissances et sensibiliser à l’écologie.
Ce projet m’a permis de développer des compétences en gestion de projet, en communication interculturelle, en conception pédagogique et en animation d’activités éducatives, tout en contribuant à la sensibilisation environnementale auprès des jeunes.
Quel est ton meilleur souvenir ?

Week-end à la montagne entre volontaires du programme PRODDIGE
Mon meilleur souvenir, c’est sans hésiter le week-end à la montagne avec l’équipe PRODDIGE et notre tutrice. Ce n’était pas une simple escapade, mais plutôt un moment pour profiter ensemble, se détendre et tester plein d’activités comme le ski et la luge. Et là, moi qui n’avais aucune expérience en ski, j’ai voulu tenter l’aventure. Je montais la pente sans problème, motivée et fière d’avoir gardé mon équilibre jusqu’en haut… mais une fois en haut, j’ai réalisé que je ne savais absolument pas comment descendre. Pendant que les autres filaient à toute vitesse, moi, je profitais de la vue : un peu par choix, un peu par obligation ! Mes collègues, morts de rire, ont fini par faire demi-tour pour venir me secourir, entre deux glissades incontrôlées.
Résultat : mes collègues ont dû remonter jusqu’en haut pour venir me chercher.
Et puis, il y a eu la luge ! Là, plus besoin de technique, juste de courage et de cris de joie. Entre les fous rires, les gamelles dans la neige et les batailles improvisées, l’ambiance était magique. C’était tellement drôle et, en même temps, super chaleureux : de la neige partout, des descentes en luge, des discussions au calme, et surtout une vraie ambiance de cohésion et de bonne humeur. Un souvenir inoubliable.
Ce week-end, c’était plus qu’une sortie : c’était un vrai moment de complicité et de bonne humeur, celui que l’on n’oublie pas, parce qu’il résume tout l’esprit d’équipe, le rire et le plaisir d’essayer des choses nouvelles, même sans expérience !
Quelle est la plus grande difficulté que tu as eue à traverser durant ta mission ? Comment tu l’as surpassé ?
Ma plus grande difficulté a été au début de ma mission, lorsque mon tuteur d’envoi ne me donnait presque pas de directives. Je me sentais un peu livrée à moi-même et j’avais du mal à savoir par où commencer. Plutôt que de rester bloquée, j’ai pris l’initiative de me renseigner sur les besoins du projet, d’observer le fonctionnement de l’équipe et de proposer mes propres idées d’action. Cela m’a permis de m’adapter rapidement, de devenir plus autonome et de gagner en confiance.
Quelles compétences as-tu acquises ?
Journée d’intervention sur la perception du handicap en France et au Bénin
J’ai acquis plusieurs compétences au cours de cette expérience, notamment l’autonomie, la confiance en moi, la prise de parole en public, le travail en équipe, ainsi que de nombreuses autres aptitudes personnelles et professionnelles.
Tout d’abord, l’autonomie : j’ai appris à organiser mes journées de travail, à gérer mes priorités et à prendre des initiatives lorsque cela était nécessaire. Cette expérience m’a permis de devenir plus responsable et de gagner en assurance dans mes choix. J’ai également renforcé ma confiance en moi. Être en contact avec différents publics et participer activement aux actions menées m’a aidée à croire davantage en mes capacités et à oser m’impliquer pleinement.
La prise de parole en public a aussi été un aspect important de ma mission. J’ai eu plusieurs occasions de m’exprimer devant un groupe, d’animer des activités et de transmettre des informations. Ces moments m’ont appris à mieux gérer mon stress et à parler avec clarté et assurance. Le travail en équipe a occupé une place essentielle. Collaborer avec d’autres volontaires et des encadrants m’a permis de développer mon sens de l’écoute, de la communication et de la coopération pour atteindre des objectifs communs. Enfin, cette expérience m’a permis d’acquérir d’autres compétences, comme la capacité d’adaptation, l’ouverture d’esprit et le sens du contact humain, grâce à la diversité des situations rencontrées et des échanges vécus au quotidien.
Qu’est-ce que tu as pu transmettre aux autres durant ta mission ?
Au fil de mes expériences, j’ai eu l’occasion de transmettre plusieurs choses aux autres.
Tout d’abord, j’ai partagé mes connaissances et compétences en expliquant des concepts ou en aidant à réaliser certaines tâches, que ce soit dans le cadre du travail ou de projets collectifs. Ensuite, j’ai transmis des valeurs et des encouragements : le respect, la solidarité et la curiosité. J’ai pu inspirer certaines personnes simplement par mon attitude et mon engagement. Enfin, j’ai également transmis mon soutien et mon écoute, en étant présente pour ceux qui avaient besoin d’aide ou de conseils, et en participant activement à des projets collectifs visant à améliorer le quotidien d’autrui.
En résumé, ce que j’ai transmis aux autres va au-delà des savoirs : c’est un mélange de connaissances, de valeurs, de soutien et de partage qui, je l’espère, aura pu avoir un impact positif autour de moi.
Comment ta mission a-t-elle influencé ta vision du volontariat et du travail ?
Étant impliquée dans l’accompagnement des jeunes et le soutien aux activités pédagogiques, cette expérience m’a permis de développer à la fois des compétences pratiques, comme l’organisation et la communication, et des compétences humaines, telles que l’écoute, la patience et le travail en équipe. J’ai appris l’importance de la coordination et de l’écoute pour réussir un projet collectif. Elle a profondément influencé ma vision du volontariat et du travail. J’ai réalisé que le volontariat n’est pas seulement un engagement bénévole, mais aussi une source d’apprentissage et d’épanouissement personnel. Il m’a montré que l’on peut avoir un impact concret sur la vie des autres tout en acquérant des compétences transférables dans un cadre professionnel.
Cette mission m’a donné envie de continuer à m’investir dans des projets porteurs de sens et d’orienter mon futur travail vers des activités où je peux contribuer au bien commun, tout en cultivant l’esprit d’équipe et la solidarité.
Quels sont tes projets post-volontariat ?
Cette expérience a renforcé mon intérêt pour le domaine social, éducatif et interculturel. J’ai continué mon engagement dans des projets associatifs ici, en France, et j’aimerais également m’impliquer davantage dans des actions de sensibilisation autour de la santé, de l’éducation et du développement durable, car ce sont des thématiques qui me tiennent particulièrement à cœur.
À long terme, je souhaite poursuivre mon parcours professionnel dans le secteur social, en lien avec l’accompagnement des publics et de projets à impact social. Mon expérience de volontariat m’a permis de clarifier mes objectifs et m’a donné envie de m’investir durablement dans des initiatives porteuses de sens, favorisant l’échange, la solidarité et l’ouverture interculturelle.
Quels conseils pour un futur volontaire ?
Je lui dirais avant tout de foncer, mais en étant bien préparée. Le volontariat international est une expérience très enrichissante, mais elle demande aussi de l’ouverture d’esprit, de la patience et de l’adaptabilité. Il faut accepter que tout ne se passe pas toujours comme prévu et apprendre à composer avec des réalités culturelles, sociales et professionnelles différentes de celles que l’on connaît. Je conseillerais également de s’informer en amont sur la mission, la structure d’accueil et le pays, afin d’avoir des attentes réalistes. Il est important d’arriver avec l’envie d’apprendre autant que de transmettre, et de ne pas se positionner comme quelqu’un qui « sait », mais plutôt comme quelqu’un qui échange et co-construit avec les autres. Enfin, je lui dirais de ne pas avoir peur de prendre des initiatives et de sortir de sa zone de confort. Le volontariat est une expérience qui fait grandir, autant sur le plan personnel que professionnel. Chaque difficulté rencontrée est une occasion d’apprendre sur soi, sur les autres et sur le monde.
Je lui conseillerais aussi de profiter pleinement de chaque moment, de créer des liens, d’observer, d’écouter et de s’impliquer avec sincérité. Ce sont souvent les rencontres humaines, les petits moments du quotidien et les expériences partagées qui marquent le plus.
Le volontariat international est une aventure humaine unique. Si l’on s’engage avec respect, curiosité et motivation, on en ressort toujours grandi, avec une nouvelle vision du monde et de soi-même.
Structure d’accueil : La Bulle Saint-Galmier

Le centre comprend un secteur jeunesse, un FabLab, un espace d’initiatives citoyennes et une ludothèque. Pensée comme un espace multifonctionnel, La Bulle encourage la rencontre entre les générations et la participation de chacun dans un cadre inclusif et convivial.



