Caroline, coordinatrice des programmes d’accompagnement à l’entrepreunariat chez l’IECD
Accompagner l'entrepreneuriat au Cameroun, ce n'est pas qu'une question de business, c'est aussi et surtout aider chacun à se connaître, à prendre sa place, à développer et mettre en avant ses richesses personnelles...
Caroline est Volontaire de Solidarité Internationale (VSI). Envoyée par La Guilde pour l’IECD, elle s’est engagée dans une mission de deux ans au Cameroun. Au quotidien, elle vient en appui des équipes pour répondre aux appels à projets et les rendre plus visibles dans leur écosystème. Portrait de cette jeune femme pleinement engagée !
Pourquoi as-tu souhaité devenir volontaire ? Quel est ton parcours ?
Après 15 ans de “carrière” parisienne, mon engagement en tant que volontaire répondait d’abord à un grand besoin de servir ailleurs et autrement. À cela s’ajoutait le désir de découvrir les coulisses de la solidarité internationale, de changer d’environnement et de découvrir une autre culture. Cela fait un peu plus d’un an aujourd’hui que ma mission a commencé et chaque matin je me lève avec la même soif de rencontres, de découvertes et de nouveaux défis à relever !
Peux-tu nous décrire ta mission actuelle et les objectifs de ta structure ?
Ma mission de coordinatrice est très variée et se réinvente chaque jour. Mon rôle est d’accompagner au quotidien les équipes entreprenariat à composer, à déployer et à valoriser les programmes d’accompagnement auprès des bénéficiaires, qu’ils soient porteurs de projets ou qu’ils aient déjà une activité génératrice de revenu. Concrètement, j’aide les équipes à répondre aux appels à projet, à assurer la visibilité des programmes au sein de l’écosystème local, à s’adapter aux profils des bénéficiaires et à donner de l’impact aux actions menées. J’assure également la coordination entre le siège de l’IECD en France, la délégation locale et ses partenaires.
Quelle est ta plus grande fierté et difficulté en tant que volontaire ?
Ma plus grande fierté est d’avoir tissé une relation de confiance avec les équipes locales et les partenaires. Nous travaillons ensemble avec, en commun, cette envie de donner le meilleur de nous-mêmes. Voir nos bénéficiaires prendre plaisir à définir leur projet et à relever les défis qu’ils se sont fixés : quelle récompense!
Je n’ai pas vraiment rencontré de grosse difficulté jusqu’ici. Je parlerai plus de petits pépins matériels du quotidien, l’électricité qui coupe en pleine formation avec 15 bénéficiaires dans la salle, le réseau internet qui dérange en pleine visio avec un partenaire, etc… mais ça c’est le lot de tout le monde ici.
Qu’as tu appris et transmis pendant ton expérience ?
Depuis mon arrivée, j’ai appris à “déconstruire”, à mettre de côté mes logiques, mes certitudes pour laisser place aux réalités du terrain. Accompagner l’entrepreneuriat au Cameroun, ce n’est pas qu’une question de business, c’est aussi et surtout aider chacun à se connaître, à prendre sa place, à développer et mettre en avant ses richesses personnelles, à s’imposer en tant qu’acteur économique, à composer avec son environnement familial, etc…
En parallèle, je pense transmettre chaque jour une dynamique collective permettant à chaque chef de projet et formateur de se sentir acteur d’un projet commun, et plus largement, acteur du Cameroun de demain.
Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui envisage de faire un volontariat ?
Choisir une thématique qui l’anime vraiment, se faire confiance, avancer pas à pas en prenant le temps de découvrir, d’écouter, d’apprendre… et laisser agir la magie !
En tant que volontaire, comment contribues-tu concrètement à renforcer les droits, l’inclusion ou la représentation des femmes et filles dans ta mission ?
À l’IECD, nous travaillons beaucoup en faveur du “women empowerment”, un de nos axes prioritaires. Nous avons d’ailleurs une référente genre qui nous appuie sur les actions à mener en faveur des femmes. J’ai la chance chaque jour de contribuer à l’accompagnement de nombreuses femmes sur la voie de l’entrepreneuriat. Au-delà des compétences “techniques”, nous les aidons également à lever les freins liés au genre. Nous évaluons le succès et l’impact de nos accompagnements à travers des indicateurs dédiés tels que l’épanouissement personnel, l’autonomisation financière, l’équilibre vie pro/vie perso… L’animation de “clubs” permet enfin la mise en réseau avec d’autre femmes entrepreneures, renforçant cette énergie positive sur chacune d’elles. M’approprier le combat de ces femmes m’aide à aller toujours plus loin dans la conception de programmes et d’événements qui leur sont dédiés, tentant d’être au plus proche de leurs besoins et des obstacles qu’elles rencontrent.