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02 avr. 26
Bénin
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Du Bénin à la France : le parcours engagé d’Alvine dans la gestion de l’eau

J’ai contribué à plusieurs projets liés à la gestion des ressources en eau

Alvine Taouema, jeune béninoise de 24 ans, est ingénieure de formation spécialisée dans la gestion des ressources en eau. Diplômée de l’Institut national de l’eau au Bénin, elle s’est particulièrement intéressée aux enjeux liés à la gestion intégrée de la ressource en eau, à l’assainissement et à l’adaptation aux changements climatiques. Déjà engagée avant sa mission dans des actions de sensibilisation et des projets environnementaux, elle a progressivement construit un parcours tourné vers le développement durable, alliant compétences techniques et intérêt pour les dynamiques humaines et territoriales.

En 2025, elle réalise un VSI d’un an en France, envoyée par la DCC et accueillie par l’Agglomération Seine-Eure, où elle intervient en tant que chargée de mission en assainissement des eaux pluviales et usées.

Qu’est-ce qui t’as poussée à vouloir faire un VSI ?


Ce qui m’a poussée à faire un VSI, c’est avant tout l’envie de m’engager concrètement, au-delà du cadre académique. Je ressentais le besoin de vivre une expérience de terrain, de sortir d’une approche uniquement théorique pour comprendre comment les projets se construisent réellement, comment les acteurs interagissent et comment les décisions sont prises dans des contextes réels. Le volontariat représentait pour moi une opportunité unique d’apprendre autrement et de donner de mon savoir-faire, en étant immergée dans un environnement professionnel, tout en conservant une dimension humaine et engagée. C’était aussi une manière de me confronter à un nouveau contexte, de développer ma capacité d’adaptation et d’élargir ma vision du monde.

” Le VSI correspondait profondément à mes valeurs : contribuer à des actions utiles, participer à des dynamiques collectives et m’inscrire dans une logique de solidarité internationale, basée sur l’échange et l’apprentissage mutuel.”

En quoi consistait ta mission au sein de l’Agglomération Seine Eure ? Sur quels projets as-tu travaillé ?


Au sein de l’Agglomération Seine-Eure, ma mission s’inscrivait principalement dans les domaines de la gestion de l’eau et de la planification territoriale. J’ai été intégrée à une équipe au sein de la direction du cycle de l’eau, ce qui m’a permis de découvrir concrètement le fonctionnement d’une collectivité territoriale en France. J’ai contribué à plusieurs projets liés à la gestion des ressources en eau, notamment à travers l’analyse de documents stratégiques d’urbanisme, le suivi de certaines actions et l’appui à la réflexion sur les outils de planification. J’ai également participé à des échanges avec différents acteurs du territoire (services techniques, partenaires institutionnels), ce qui m’a permis de mieux comprendre les dynamiques multi-acteurs et les enjeux de gouvernance.

En parallèle, j’ai pris part à des actions de sensibilisation, notamment dans le cadre de l’éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationale, ce qui m’a permis de travailler sur la vulgarisation de thématiques techniques auprès de différents publics.


Séance de sensibilisation 

Quelles compétences as-tu acquises au cours de la mission ?


Cette expérience m’a permis de développer à la fois des compétences professionnelles et personnelles.

Sur le plan professionnel, j’ai renforcé mes compétences en gestion de projet, en analyse territoriale, en gestion de la ressource en eau et en rédaction de documents de synthèse. J’ai aussi appris à évoluer dans un environnement institutionnel structuré, à comprendre les logiques d’acteurs et à m’adapter aux exigences d’un cadre professionnel différent.

Sur le plan personnel, j’ai énormément développé mon adaptabilité, mon autonomie et ma capacité à prendre du recul.

” Vivre et avancer dans un nouveau pays m’a aussi permis de gagner en confiance, d’améliorer ma communication et de m’ouvrir à d’autres façons de penser et de travailler.”

Quels défis as-tu rencontrés, comment les as-tu dépassés ?


L’un des principaux défis a été l’adaptation à un nouvel environnement, aussi bien professionnel que culturel. Il a fallu comprendre rapidement les codes de travail, les attentes et trouver ma place au sein de l’équipe. Il y a aussi eu des moments où je devais m’approprier des outils ou des sujets nouveaux, parfois très techniques. Pour y faire face, j’ai beaucoup misé sur l’écoute, l’observation et la curiosité. J’ai également appris à poser des questions, à demander de l’aide quand c’était nécessaire et à avancer progressivement. Avec le temps, ces défis sont devenus de véritables opportunités d’apprentissage.

Comment s’est passée ton intégration en France ?


Mon intégration s’est globalement bien passée. J’ai été bien accueillie au sein de ma structure, ce qui a facilité mon adaptation professionnelle. La présence de mes chargés de suivi m’a également beaucoup aidée. Sur le plan personnel, il a fallu un temps d’ajustement, notamment pour m’habituer à un nouvel environnement de vie et à une certaine distance avec mes repères habituels. Mais j’ai su m’adapter progressivement, en m’ouvrant aux autres, en créant de nouveaux liens et en découvrant mon environnement. Cette expérience m’a appris à sortir de ma zone de confort et à me construire dans un contexte différent.

Stand des volontaires internationaux envoyés par la DCC sur un événement

Est-ce que tu dirais que cette expérience a changé ta vision du monde et de toi-même ? En quoi ?


Oui, clairement. Cette expérience m’a permis de prendre du recul sur beaucoup de choses, notamment sur les différences de contextes entre les pays, mais aussi sur les points communs. J’ai compris que les enjeux sont souvent similaires, mais que les approches peuvent être très différentes. Sur le plan personnel, cela m’a aidée à mieux me connaître, à identifier mes forces, mais aussi mes axes d’amélioration. J’ai gagné en maturité, en confiance et en clarté sur ce que je souhaite faire par la suite.

Participation au Peace Paris Forum sur les enjeux mondiaux de paix, auprès de France Volontaires et d’acteurs internationaux

De retour au Bénin, quels sont tes projets pour la suite ?


De retour au Bénin, je souhaite continuer à m’engager dans des projets liés à la gestion de l’eau, à la gouvernance territoriale et à la coopération internationale. Je suis actuellement en train d’explorer plusieurs opportunités, notamment un projet de recherche, tout en candidatant auprès de différentes structures. Mon objectif est de m’inscrire dans une dynamique professionnelle où je pourrai contribuer concrètement à l’amélioration de l’accès à l’eau et au développement de projets durables.

Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui envisage de faire du volontariat international ?


Je dirais avant tout d’y aller avec une ouverture d’esprit. Cela m’a beaucoup aidée.
Le volontariat est une expérience très enrichissante, mais aussi exigeante. Il faut être prêt à sortir de sa zone de confort, à s’adapter, à apprendre constamment. Je conseillerais aussi d’être curieux, de ne pas hésiter à poser des questions, à s’impliquer pleinement dans sa mission et à créer du lien avec les personnes autour de soi. Enfin, il est important de garder en tête que c’est une expérience d’échange : on apporte, mais on apprend aussi énormément.


Structure d’accueil : L’Agglo Seine Eure 

L’Agglomération Seine-Eure est une intercommunalité, regroupant aujourd’hui 60 communes et plus de 100 000 habitants. Elle œuvre au développement du territoire à travers de nombreuses compétences, notamment l’eau et l’assainissement, l’aménagement, l’environnement, les mobilités et le développement économique. Elle vise à améliorer la qualité de vie des habitants en favorisant un développement équilibré, durable et solidaire du territoire.