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13 oct. 26
Togo

Du Togo à la France, l’engagement de Kobyé auprès des personnes en situation de handicap mental

Renforcer l’accompagnement socio-éducatif des personnes en situation de handicap

Kobyé Badie est sensibilisé aux dispositifs du volontariat depuis plusieurs années. Engagé auprès des personnes en situation de handicap dans des associations togolaises, il a décidé de prolonger cet engagement lors de son Volontariat de solidarité internationale d’un an en France au sein de l’association L’Arche en Agenais. Envoyé par l’Agence du Volontariat au Togo (ANVT) et la Délégation Catholique pour la Coopération (DCC), Le jeune homme de 32 ans revient avec nous sur sa mission.

Peux-tu te présenter en quelques mots et nous raconter ton parcours ?

Je m’appelle Kobyé Badie, sociologue de formation. Récemment, j’ai été à une mission de Volontariat de solidarité internationale en réciprocité en France axée sur la santé mentale et le handicap, où j’ai accompagné des personnes en situation de handicap mental. Auparavant, j’ai été volontaire national de compétences à l’ANVT, affecté à France Volontaires Togo : j’y ai animé le dispositif de l’aéroport, assuré des formations en interculturalité et appuyé les activités de l’Espace Volontariats. J’ai par ailleurs collaboré avec des organisations locales et internationales sur des projets de solidarité, d’insertion socio‑professionnelle, de formation des jeunes, de prévention de la maltraitance et d’inclusion des personnes en situation de handicap.

Atelier bricolage avec Arnaud et David, personnes acueillies à l’association Arche en Agenais-Astaffort

Qu’est-ce qui t’a donné envie de t’engager dans une mission de volontariat ?

Je souhaitais élargir mes compétences en contexte international, partager mon expérience et apprendre de nouvelles approches socio-éducatives. Le désir de mieux comprendre les pratiques européennes en accompagnement des personnes handicapées et d’apporter mon savoir-faire en animation et formation m’a poussé à m’engager. J’étais aussi motivé par l’envie de contribuer concrètement à une structure qui accompagne des publics vulnérables et de vivre une expérience interculturelle enrichissante.

Kobyé avec Mathieu, une personne accueillie lors d’une retraite spirituelle ARC en ciel

Peux-tu nous présenter ta mission et les principales actions que tu as menées ?

Ma mission principale portait sur le renforcement de l’accompagnement socio-éducatif des personnes en situation de handicap et le soutien à l’animation d’activités inclusives. Mes actions principales ont été : la conception et l’animation d’ateliers socio-éducatifs (vie quotidienne, autonomie, communication), l’apport de soutien aux équipes sur des méthodes d’animation participative et de prévention de la maltraitance, la mise en place d’activités de loisirs adaptés (sport, musique, sorties culturelles) pour favoriser l’inclusion, l’élaboration d’outils pédagogiques simples pour le suivi des bénéficiaires (fiches d’activités, grilles d’observation) et la participation à l’évaluation des besoins et à la Co-construction de projets personnalisés.

Quel a été le plus grand défi que tu as dû relever et comment l’as-tu surmonté ?

La patience, la communication ouverte et la collaboration ont été essentielles.

Le plus grand défi a été d’adapter mes méthodes à un contexte institutionnel et culturel différent, notamment face à des procédures strictes et à des attentes diverses des professionnels et des familles. Pour le surmonter, j’ai d’abord observé, écouté et demandé des retours réguliers. J’ai ensuite proposé des adaptations graduelles : petits ateliers pilotes, coanimation avec un professionnel local, et ajustements après évaluation.

Kobyé et Véronique, une personne accueillie à l’association L’Arche en Agenais-Astaffort

Quelle rencontre t’a le plus marquée au cours de ta mission ?

La rencontre la plus marquante a été avec un bénéficiaire, une personne accueillie qui était au départ très réservée et peu impliquée. Mais grâce à des activités adaptées et à un suivi individualisé, j’ai vu une réelle progression dans sa confiance en moi et sa participation aux activités, elle a même souhaité que je reprenne sa référence, ce qui a été fait. Cette transformation m’a beaucoup touché et a confirmé la valeur du travail relationnel.

Promenade avec des résidents d l’Arche.

Qu’est-ce que cette expérience t’a appris sur toi-même ?

Cette mission m’a appris beaucoup de choses sur moi-même dont le renforcement de mon adaptabilité, ma patience et de ma capacité de coconstruire des solutions avec des équipes d’horizons différents, pluridisciplinaires. J’ai pu développer ma capacité d’écoute et ma créativité pédagogique. J’ai aussi mieux cerné mes limites, par exemple la nécessité de mieux gérer la charge administrative et j’ai également identifié des compétences à développer.

Selon toi, qu’as-tu apporté aux personnes ou à la structure qui t’a accueilli ?

Des outils pratiques et faciles à utiliser pour l’animation et le suivi des bénéficiaires. Des méthodes aussi participatives pour mieux impliquer les personnes accompagnées. J’ai également apporté un regard extérieur et des pratiques issues de mon expérience qui ont enrichi les équipes. Puis un soutien concret lors d’ateliers et d’activités de loisirs, contribuant à l’inclusion sociale des participants.

Kobyé et Alejandra, atelier Gé’ODD avec la DCC

Quels sont tes projets pour la suite ?

Je souhaite poursuivre mon engagement dans le domaine socio-éducatif, soit en réintégrant une structure au Togo ou à l’international avec de nouvelles compétences, soit en poursuivant des missions de volontariat à l’international. J’envisage aussi de me former davantage en gestion de projet et évaluation d’impact pour piloter des projets d’inclusion, d’insertion socio-professionnelle des personnes vulnérables à plus grande échelle. Enfin, j’aimerais continuer à développer des activités sportives, sociales et culturelles adaptées comme leviers d’inclusion.

Quel message aimerais-tu adresser à une personne qui hésite encore à partir en volontariat international ?

Préparez-vous ! Soyez humble et curieux, et surtout, acceptez d’apprendre autant que vous donnez. Si vous hésitez encore, je dirais : foncez ! Le volontariat vous confronte à des réalités humaines fortes, vous permet d’apprendre rapidement et de contribuer concrètement. C’est une expérience exigeante mais profondément formatrice, qui ouvre le regard sur d’autres pratiques et enrichit autant le bénévole que les publics accueillis.

 

L’Arche en Agenais est une communauté située dans le Lot-et-Garonne qui accompagne des personnes en situation de handicap mental. Elle favorise le vivre-ensemble, l’autonomie et l’épanouissement à travers la vie quotidienne et des activités partagées.