Kelly, volontaire ivoirienne à Orléans, plaide pour une information fiable sur la mobilité légale
Favoriser le vivre-ensemble et l'interculturalité au sein de la communauté locale.
À 24 ans, Kelly vient de Côte d’Ivoire et a choisi de mettre son parcours en droit au service de la solidarité internationale. Depuis son arrivée à Orléans, Kelly est accueillie par le COSIM Centre-Val de Loire, porté par Centraider, pour une mission de volontariat international : participer à la valorisation des associations issues des migrations et à l’animation interculturelle en région Centre-Val de Loire.
Sensibilisation, éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationale, communication, mobilisation des publics : au quotidien, elle contribue à faire dialoguer les cultures et à rendre visibles celles et ceux qui s’engagent localement. Dans ce témoignage réalisé dans le cadre du projet MIGRET, co-financé par l’Union Européenne et la France et porté par Expertise France, Kelly revient sur ses motivations, ses défis, sa vision des migrations et l’information sur la mobilité légale des jeunes, ainsi que sur ce qu’elle souhaite transmettre à son retour en Côte d’Ivoire.
À travers le témoignage de Kelly, une conviction se dégage : l’interculturalité se construit au quotidien, par l’écoute, l’échange et la curiosité. Depuis Orléans, la jeune volontaire ivoirienne montre combien le volontariat international peut faire évoluer les regards, sur les migrations comme sur la solidarité, tout en renforçant les associations qui font vivre les territoires. Son message est aussi un appel à l’information : des jeunes mieux renseignés sur les voies de mobilité légale sont des jeunes mieux protégés, capables de faire des choix éclairés. Une expérience encore « en construction », mais déjà porteuse de sens, pour Kelly comme pour les personnes qu’elle croise, en Centre-Val de Loire aujourd’hui et en Côte d’Ivoire demain.
Peux-tu te présenter en quelques mots : ton âge, ton parcours, d’où tu viens ?
J’ai 24 ans et je viens de la Côte d’Ivoire. J’ai suivi des études universitaires en droit privé, puis en droit des affaires et management. Avant mon départ, j’ai acquis plusieurs expériences professionnelles dans les domaines juridique, administratif et des ressources humaines. Aujourd’hui, je découvre le volontariat international en France, avec l’envie d’apprendre, de m’ouvrir à d’autres réalités et de renforcer mon engagement en faveur de la solidarité.
Qu’est-ce qui t’a donné envie de faire une mission de volontariat à l’international ?
J’avais envie de sortir de mon cadre habituel, de découvrir une autre culture et de vivre une expérience humaine qui me permette d’apprendre autrement. Pour moi, le volontariat est l’occasion de contribuer à un projet collectif, de partager mon propre regard et de mieux comprendre les enjeux de la solidarité et de l’interculturalité. Je voulais aussi acquérir des compétences que je pourrai réinvestir à mon retour en Côte d’Ivoire.
Dans quelle structure es-tu accueillie, et quel est ton rôle ?
Je suis accueillie au sein du COSIM Centre-Val de Loire, porté par Centr’aider. Ma mission consiste à favoriser le vivre-ensemble et l’interculturalité au sein de la communauté locale. Je participe notamment à des actions de sensibilisation à la solidarité internationale et à l’éducation à la citoyenneté, à la valorisation des initiatives associatives, ainsi qu’à des activités de communication et de mobilisation des publics.
Quel a été ton plus grand défi jusqu’ici, et comment l’as-tu surmonté ?
L’un de mes principaux défis a été de trouver mes repères dans un nouvel environnement, où les habitudes de travail, les codes et les manières de communiquer sont parfois différents de ceux que je connaissais. J’apprends à prendre le temps d’observer, à poser des questions, à demander des retours et à aller vers les autres. Cette adaptation se fait progressivement et m’aide à gagner en confiance et en autonomie.
Déconstruire certains préjugés et comprendre que nos différences peuvent devenir une richesse lorsque l’on prend le temps d’échanger
Selon toi, qu’apporte concrètement ta mission pour les personnes que tu accompagnes ?
Ces actions permettent aux personnes de mieux se connaître, de déconstruire certains préjugés et de comprendre que nos différences peuvent devenir une richesse lorsque l’on prend le temps d’échanger. Elles donnent aussi de la visibilité aux initiatives locales et aux personnes qui s’engagent pour la solidarité. À mon échelle, je souhaite contribuer à créer des espaces où chacun peut trouver sa place et se sentir écouté.
Pourquoi est-il important, selon toi, d’informer les jeunes sur les voies de mobilité légale ?
Il est essentiel que les jeunes disposent d’informations fiables pour construire leur projet de mobilité en toute connaissance de cause. Une information claire sur les démarches, les conditions, les droits et les responsabilités permet d’éviter les fausses promesses, les arnaques et les décisions prises dans l’urgence. Informer ne veut pas dire décourager les jeunes de partir : c’est leur donner les moyens de faire des choix éclairés, réalistes et sécurisés.
Qu’est-ce que cette expérience change déjà dans ton regard sur les migrations ?
Cette expérience m’aide à regarder les migrations de manière plus humaine et plus nuancée. Derrière les chiffres et les débats, il y a des parcours, des projets, des contraintes, et des personnes qui ont des compétences et des aspirations. Elle me fait aussi mesurer l’importance du dialogue entre les territoires, de la lutte contre les préjugés et de l’accès à une information fiable, afin que les mobilités soient mieux comprises et mieux préparées.
Une fois de retour en Côte d’Ivoire, comment aimerais-tu réinvestir ce que tu apprends dans la structure (ONG ou association) qui t’a envoyée ?
À mon retour en Côte d’Ivoire, j’aimerais partager avec la structure qui m’a envoyée les méthodes, les outils et les bonnes pratiques découverts pendant ma mission. Je souhaite contribuer à des actions de sensibilisation auprès des jeunes, notamment sur la solidarité internationale, l’interculturalité et les voies de mobilité légale. J’aimerais aussi adapter certaines activités au contexte local, en tenant compte des besoins des jeunes et des réalités de terrain, afin que cette expérience profite bien au-delà de mon parcours personnel.
Pour finir : un mot, une image ou un souvenir qui résume ton expérience pour l’instant ?
Le mot que je choisirais est « rencontre ». Chaque échange est l’occasion de découvrir une autre façon de voir le monde, mais aussi de mieux comprendre ce que nous avons en commun. Pour l’instant, cette expérience est encore en construction, et c’est justement ce qui la rend précieuse : j’apprends chaque jour, au contact des personnes et des réalités que je découvre.


