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28 août. 26
République dominicaine

Lesley Ann, volontaire pour le rapprochement entre la Guadeloupe et la République dominicaine

Arriver à créer ce lien et à montrer ce que nous avons en commun

Dans le cadre du programme Interreg Caraïbes, une cinquantaine de volontaires caribéens se déplacent d’un territoire à l’autre, qu’ils soient francophones, anglophones ou hispanophones. Chacun d’eux contribue, à son échelle, au développement des relations entre les territoires de la Caraïbe, tout en découvrant de nouveaux horizons. Des territoires qui peuvent sembler proches, familiers et peu dépaysants, mais qui se révèlent parfois bien plus méconnus qu’on ne l’imagine. Une expérience qui permet de découvrir une Caraïbe à la fois proche, diverse et encore largement à explorer. Lesley Ann Larode, volontaire de solidarité internationale (VSI) à Las Terrenas (dans le Nord de la République dominicaine), nous partage son expérience en République dominicaine.

Peux-tu te présenter et nous expliquer dans quel cadre tu effectues ta mission ?

Je suis volontaire internationale en République dominicaine, à Las Terrenas, au sein du projet Interreg Caraïbes, porté par France Volontaires en collaboration avec la Région Guadeloupe.

Quel était ton parcours avant de partir en volontariat ?

Avant ma mission, j’étais en master de sciences politiques et j’ai fait un stage au sein de la Région Guadeloupe pour valider mon master, mon diplôme.

Comment as-tu découvert France Volontaires ?

J’ai découvert France Volontaires à travers mon stage, car j’étais au sein de la Direction de la coopération à la Région Guadeloupe, qui travaille sur les volontariats avec France Volontaires.

Qu’est-ce qui t’a donné envie de participer à cette expérience ?

Ce qui m’a donné envie de participer à cette expérience, c’est que j’étais jeune diplômée, j’avais besoin d’une expérience sans vraiment avoir la pression, parce qu’on demande de nombreuses qualifications, et c’était un beau moyen d’apprendre, mais en toute légèreté.

Est-ce que tu avais des appréhensions avant de partir ?

Mes appréhensions avant de partir, c’était que je me sois trompée et que la mission ne me corresponde pas.

Quel est le but de ta mission en République dominicaine ?

Le but de ma mission était d’approfondir les relations entre la République dominicaine et la Guadeloupe, qui commencent à se développer petit à petit, et notamment sur la sphère culturelle, ce qui manquait le plus dans la collaboration République dominicaine-Guadeloupe.

Selon toi, qu’est-ce que le volontariat apporte en plus d’un stage ?

Ce que le volontariat apporte en plus d’un stage, c’est quand même une certaine expérience professionnelle, parce qu’on est beaucoup plus indépendant que quand on est en stage. On a beaucoup plus de responsabilités, on est beaucoup plus indépendant. Ça permet d’acquérir une certaine confiance en soi professionnellement.

Comment ta mission participe-t-elle concrètement au rapprochement entre la Guadeloupe et la République dominicaine ?

Ma mission participe au rapprochement des deux territoires, notamment à Las Terrenas, pour donner une meilleure connaissance de la Guadeloupe, car à Las Terrenas, on ne connaît pas trop la Guadeloupe. En réalité, à  Santo Domingo (la capitale), c’est plus commun de rencontrer des Guadeloupéens, des Martiniquais, des gens de la Caraïbe francophone, qu’à Las Terrenas, qui est une ville beaucoup plus éloignée et moins connue.

Donc cette mission permet un rapprochement, notamment dans le domaine culturel, à travers la direction des Beaux-Arts, Bellas Artes, en République dominicaine. Et chaque jour, je participe à une meilleure connaissance de la Guadeloupe.

Est-ce que cette expérience a changé ton regard sur la Caraïbe ?

Cette expérience a changé mon regard sur la Caraïbe parce qu’on se rend compte, notamment en observant l’Organisation des États de la Caraïbe orientale, que les Petites Antilles sont très proches les unes des autres, notamment sur le plan culturel.

À l’inverse, lorsqu’on se tourne vers les Grandes Antilles, comme Cuba, Porto Rico ou la République dominicaine, on découvre des cultures assez différentes, davantage influencées par les territoires avec lesquels elles entretiennent des relations plus fortes, notamment les États-Unis ou encore le Mexique.

C’est vraiment cette différence entre les Petites et les Grandes Antilles qui m’a marquée : on appartient tous à la Caraïbe, mais on se rend compte qu’il existe malgré tout des réalités culturelles très différentes d’un territoire à l’autre.

Pourquoi penses-tu qu’il est important de développer davantage d’opportunités avec ces territoires ?

Je pense que c’est important de développer des opportunités avec ces territoires parce que les gens sont réceptifs et ont envie d’en savoir davantage sur nous. Il y a un vrai travail à faire pour mieux faire connaître la Guadeloupe et, plus largement, les territoires français de la Caraïbe.

Je le vois directement à travers ma mission : quand je parle de la Guadeloupe, de notre culture et surtout de nos ressemblances, les échanges deviennent beaucoup plus faciles. Dès qu’on arrive à créer ce lien et à montrer ce que nous avons en commun, tout s’ouvre davantage.

Les gens sont intéressés, curieux, et on se rend compte qu’il existe aussi un véritable intérêt pour les territoires français d’outre-mer.

As-tu le sentiment qu’à ton échelle, tu contribues à développer les relations entre la Guadeloupe et la République dominicaine ?

Oui, j’ai le sentiment qu’à mon échelle, je contribue à développer de bonnes relations avec la République dominicaine, parce que dès qu’on arrive à bien présenter la Guadeloupe, ce qu’on fait et ce qu’on peut apporter, cela ouvre tout de suite de nouvelles possibilités.

À travers ma mission, j’ai eu l’occasion de participer à la mise en œuvre de plusieurs projets qui ont porté leurs fruits, parfois même au-delà de ce qu’on espérait. Et au fur et à mesure, de nouvelles opportunités s’ouvrent pour continuer à approfondir ces relations.

Par exemple, j’ai eu l’occasion de participer au Mois de la Francophonie. En République dominicaine, quand on parle de francophonie, on pense encore très souvent uniquement à la France.

À travers cet événement, j’ai justement voulu introduire davantage la Guadeloupe et montrer qu’elle fait elle aussi partie de cet espace francophone. Cela a été vraiment concluant et a permis de susciter beaucoup d’intérêt autour de la Guadeloupe.

Et il  ne pas avoir peur des « mi amor » !

Quel conseil donnerais-tu à un volontaire qui souhaiterait partir en République dominicaine ?

Le premier conseil que je donnerais à un volontaire qui souhaiterait partir en République dominicaine, ce serait d’avoir déjà un bon niveau d’espagnol, parce que l’espagnol dominicain n’est pas toujours facile à comprendre !

Je lui conseillerais aussi de ne pas avoir peur du choc culturel. On peut penser que, puisqu’on reste dans la Caraïbe, les différences ne seront pas très importantes, mais il y a quand même un véritable décalage culturel.

Et puis, bien sûr, savoir danser la bachata ! Et il  ne pas avoir peur des « mi amor » !

Si tu devais résumer ta mission en République dominicaine en un seul mot, lequel serait-il ?

Si je devais résumer ma mission en un seul mot en République dominicaine, ce serait « bouleversant ».