Rahama, volontaire en mission d’archivage à Maurice
Je réalise de l'indexation de photos ainsi que du reconditionnement.
Rahama est originaire de Hamjago, dans la commune de M’tsamboro à Mayotte. Elle a suivi un BTS Tourisme, puis une licence professionnelle en Développement de projets de territoire à l’université de Mayotte. Aujourd’hui, elle effectue sa mission de Volontariat de solidarité internationale au sein des archives du musée Zimaz à Port-Louis. Ce volontariat s’inscrit dans le cadre du programme Territoires Volontaires, en collaboration avec la Communauté d’agglomération du Grand Nord de Mayotte.
Pourquoi as-tu choisi de t’engager en tant que volontaire et pourquoi avoir rejoint le projet ZIMAZ au sein de La Maison de l’Image ?
J’ai choisi de m’engager en tant que volontaire pour acquérir de nouvelles compétences, gagner en expérience et découvrir un autre environnement que mon île.
Le projet ZIMAZ m’a tout de suite attiré. Car je suis issue d’une formation en tourisme, j’ai déjà eu l’occasion d’explorer plusieurs facettes de ce secteur. Rejoindre La Maison de l’Image représentait pour moi une excellente opportunité d’aborder le côté culturel et patrimonial, un domaine que je n’ai pas encore eu l’occasion de pratiquer.

En quoi consiste ta mission au quotidien ?
Au quotidien, au sein de nos locaux, je réalise de l’indexation de photos ainsi que du reconditionnement. Cela consiste à dépoussiérer des supports photographiques, à les placer dans des contenants adaptés pour assurer leur conservation, et à les étiqueter pour faciliter leur identification.
En parallèle, il m’arrive également d’effectuer des activités hors du bureau, comme des enquêtes de terrain.

Quel accompagnement ton/ta tuteur/tutrice et ton équipe t’ont-ils apporté tout au long de ton engagement dans le projet ZIMAZ ?
Tout au long de ma mission, ma tutrice s’est montrée très disponible et à l’écoute. Elle a pris le temps de m’expliquer en détail le fonctionnement des appareils ainsi que les différents supports. Et pour favoriser la cohésion d’équipe, nous nous réunissions tous les lundis. Pour des réunions hebdomadaires qui nous permettaient de faire le point sur l’avancée du travail, mais aussi d’échanger plus facilement et de créer du lien avec les autres collègues.
Qu’est-ce qui t’a particulièrement marquée au cours de cette expérience ?
Le changement est grand par rapport à mon île. Au début, j’étais un peu perdue pour me faire comprendre entre le français, l’anglais, le créole et le hindi, ce n’était pas évident. Le tout premier jour où je suis sortie de chez moi pour prendre le métro, j’ai demandé mon chemin à une personne d’apparence asiatique. J’ai essayé de lui parler en anglais, mais il ne parlait que hindi.
Les gens sont vraiment sympas et accueillants. Le rythme de vie est très agréable : le jeudi est une journée courte où beaucoup de boutiques et d’entreprises finissent de bonne heure, et chaque entreprise organise aussi une journée de télétravail pour ses employés, le vendredi la majorité des employés portent des uniformes.
La cuisine est un régal. Mon tout premier plat ici a été le bouillon de boulettes, et j’ai adoré. Depuis, j’ai découvert les mines frites, les gâteaux piments et d’autres plats , de vrais délices.

Ce qui m’a le plus marquée, c’est de voir toutes les cultures vivre ensemble. Par exemple : dans ma ville, il y a des églises, des temples et des mosquées. Un truc qui m’a surprise aussi, contrairement à chez moi où toutes les mosquées font l’appel à la prière à la même heure, ici chaque mosquée semble avoir son propre horaire.
Comment décrirais-tu Maurice et le mode de vie mauricien à quelqu’un qui ne connaît pas la région ?
Maurice est une île très attractive avec des habitants d’une grande gentillesse. Les jeunes ont une bonne vibe et sont très accueillants : que l’on soit étranger ou pas, on s’intègre très facilement. De plus, il y a toujours des événements organisés chaque mois dans les différentes régions. Si vous aimez bouger, faire des découvertes et profiter de la vie, c’est vraiment l’endroit idéal.

Quel bilan tires-tu de cette mission et qu’est-ce que cette expérience t’a apporté, sur le plan personnel comme dans ton parcours ?
Cette mission a été un vrai déclic pour moi. Sur le plan personnel, moi qui suis de nature plutôt réservée et peu bavarde, j’ai réussi à aller vers les autres, à m’exprimer et à me sentir totalement intégrée. Ça m’a vraiment redonné confiance en moi. Cette expérience m’a aussi ouvert la voie : aujourd’hui je sais enfin ce que je veux faire pour la suite de mon parcours. Je repartirai d’ici plus sûre de moi et prête à relever de nouveaux défis.
Comment as-tu été accompagnée par France Volontaires ?
J’ai été accompagnée par France volontaire du début à la fin, avant même mon départ. Tout au long de la mission, notre responsable prenait régulièrement de nos nouvelles. Nous savions que nous pouvions les contacter à tout moment, que ce soit pour le suivi du travail ou des questions.
Pourquoi recommanderais-tu le volontariat ?
Je recommande le volontariat parce que c’est une belle opportunité de découvrir le terrain ou environnement autre qu’on connaît déjà. C’est parfait lorsque l’on ne sait pas trop quoi faire. C’était mon cas : je ne me sentais pas prête à travailler directement et je n’avais plus la motivation de continuer mes études non plus. Cette expérience a été un pont indispensable qui m’a permis de pratiquer, de réfléchir et de trouver ma voie.













