Togo : le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères en visite
Une rencontre consacrée à la culture, aux études universitaires et au volontariat s’est tenue le 24 avril 2026 à l’Institut français du Togo, dans le cadre de la visite officielle de Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères. Organisée par l’ambassade de France au Togo, cette rencontre s’inscrit dans une dynamique de relance du dialogue bilatéral, marquée par la première visite d’État française au Togo depuis dix ans. Une séquence « volontariat et engagement » a donné la parole aux volontaires togolais et français.
En 2025, 3 132 Français ont été recensés dans des missions solidaires au Togo, dont 256 volontaires inscrits dans des dispositifs institutionnels (Volontariat de solidarité internationale, Service Civique, JSI/VVVSI). Des chiffres que Telngar Rassembeye, représentant national de France Volontaires au Togo et au Ghana, a tenu à rappeler en introduction de l’événement, soulignant la place centrale du pays dans les dynamiques d’engagement. Cette attractivité s’accompagne d’un enjeu structurant : la sécurisation des parcours. Un dispositif d’accueil à l’aéroport de Lomé permet aujourd’hui d’accompagner 72 % des volontaires dès leur arrivée.
Le volontariat s’inscrit également dans une logique de réciprocité. En dix ans, le nombre de jeunes Togolais en mission en France a été multiplié par 10, passant de 3 en 2015 à 58 en 2025, illustrant une dynamique de mobilité croisée soutenue par un partenariat étroit avec l’Agence Nationale du Volontariat au Togo.
Des parcours engagés au service des territoires
Trois volontaires ont ensuite partagé leurs expériences, illustrant la diversité des engagements. Olivier Latreille, volontaire de solidarité internationale, en mission en famille avec sa femme et ses cinq enfants, a présenté son action dans le domaine de l’économie circulaire au sein de l’ONG Moi Jeu Tri. Son intervention a mis en évidence l’articulation entre sensibilisation, formation et infrastructures dans la transformation durable des territoires, ainsi que le rôle du volontariat dans le changement d’échelle des initiatives locales.
Hamilate Binti Abdallah, engagée en Service Civique, a apporté un témoignage ancré dans les enjeux climatiques. Originaire de Mayotte, elle a souligné les convergences entre territoires exposés aux mêmes vulnérabilités environnementales, et le rôle du volontariat comme point de départ d’un engagement durable.
Kodjo Moïse Mlagani, ancien volontaire de réciprocité, a mis en avant l’impact des mobilités internationales. Son expérience en France a contribué à renforcer les dynamiques interculturelles au sein de sa structure d’accueil, avant un retour au Togo marqué par la réutilisation concrète des compétences acquises dans ses activités de coordination de projets.
Un échange direct sur l’avenir du volontariat international
À l’issue des témoignages, Jean-Noël Barrot a été invité à réagir aux parcours présentés, ouvrant un temps d’échange sur l’impact du volontariat pour les individus, les structures et les territoires.
La séquence s’est poursuivie par une question portée par Elisa Herri, volontaire de solidarité internationale engagée dans le secteur de l’eau et de l’assainissement. Elle a questionné la vision du gouvernement français pour l’avenir du volontariat international, dans un contexte marqué par des contraintes budgétaires ayant un impact sur la poursuite de certaines missions.
En réponse, le ministre a rappelé l’attachement de la France au principe de réciprocité, pilier du modèle porté par France Volontaires. Il a également souligné que les évolutions budgétaires et le contexte géopolitique international influencent les capacités de financement, tout en réaffirmant l’importance stratégique du volontariat dans l’action extérieure de la France.
Le volontariat, vecteur opérationnel de la coopération bilatérale
Cette séquence a mis en évidence le rôle du volontariat comme instrument concret de la relation entre la France et le Togo. À travers des engagements individuels, il contribue à structurer des réponses collectives aux enjeux environnementaux, sociaux et éducatifs, tout en renforçant les liens entre sociétés civiles.
La rencontre s’est conclue par un échange avec le public, avant un cocktail à la Résidence de France réunissant la communauté française, prolongeant ainsi les dynamiques de dialogue engagées au cours de cette visite officielle.












