Passer au contenu principal
Actualités
08 sep. 26
Bénin

Un chantier de solidarité internationale à Lyon pour faire vivre la réciprocité autour de la santé globale

Du 21 août au 4 septembre 2026, sept étudiants de l’Association des Étudiants en Sciences Pharmaceutiques du Bénin (AESPHAB) ont été accueillis à Lyon par Pharma Lyon Humanitaire (PLH), dans le cadre d’un chantier de solidarité internationale de réciprocité. Deux semaines d’échanges autour de la santé globale, de la pharmacie et de l’interculturalité, qui ont notamment donné lieu à la réalisation d’une fresque collective sur le thème « One Health ».

Un an après avoir accueilli leurs homologues lyonnais au Bénin, les étudiants de l’AESPHAB ont à leur tour traversé la Méditerranée pour poursuivre les échanges à Lyon. En 2025, les étudiants de Pharma Lyon Humanitaire (PLH) avaient participé, aux côtés de leurs partenaires béninois, à un chantier consacré à la prévention et au dépistage de l’hypertension artérielle et du diabète de type 2. Deux semaines pour découvrir les réalités du système de santé béninois, mais aussi partager leurs propres pratiques et expériences.

Un partenariat entre le Bénin et la France fondé sur la réciprocité

Douze mois plus tard, ce sont donc les étudiants béninois qui ont été accueillis en France, illustrant concrètement le principe de réciprocité. Pour Godounou Michel, président de l’AESPHAB et coordinateur du projet, cette démarche est essentielle : « La réciprocité permet qu’il n’y ait pas une seule partie qui accueille et l’autre qui se déplace, mais que cela fonctionne dans les deux sens. Comme c’est un partenariat, c’est un effort des deux côtés. »

Pendant deux semaines, les participants ont pris part à un programme articulé autour du thème « One Health », ou « santé globale », qui regroupe les enjeux liés aux santés humaine, environnementale et animale. Le programme a mêlé visites professionnelles, réflexions autour des enjeux de santé globale, échanges interculturels et découverte du territoire, avec pour objectif majeur la réalisation d’une fresque sur le thème de One Health.

« C’est un projet sur plusieurs volets », explique Michel. « Il y a un volet interculturel, parce que nous avons partagé nos cultures et découvert celles des autres, mais aussi un volet scientifique autour de la santé globale et un volet touristique qui nous a permis de découvrir le territoire. »

Pharmacie et santé globale : découvrir les réalités françaises

Le volet scientifique et professionnel du chantier a permis aux étudiants béninois de découvrir différentes facettes du secteur de la santé en France. Ils ont notamment rencontré le doyen de la faculté de pharmacie de Lyon afin d’échanger sur la formation des étudiants et les réalités de l’enseignement pharmaceutique dans les deux pays.

Le groupe a également visité le site de production du laboratoire pharmaceutique Benta Group, acteur industriel spécialisé dans la fabrication de médicaments en France. Les participants ont aussi découvert le fonctionnement d’une pharmacie d’officine à travers la visite de la Grande Pharmacie de Lyon.

« Les visites, les discussions entre étudiants français et béninois, la découverte de l’industrie pharmaceutique et les échanges autour de nos systèmes de santé ont été particulièrement enrichissants. »
Godounou Michel, président de l’AESPHAB

Ces rencontres ont permis d’aborder les différents métiers de la pharmacie et d’échanger sur les spécificités des systèmes de santé français et béninois.

Le séjour a également été l’occasion d’élargir la réflexion à d’autres enjeux de santé et d’inclusion. Une visite de l’association La Pause Brindille, qui accompagne les jeunes confrontés à la maladie et au handicap, a permis aux participants de découvrir une approche de l’accompagnement social et du soutien à la santé mentale.

« Ce qui m’a le plus marqué, ce sont les activités scientifiques et professionnelles que nous avons menées », explique Godounou Michel. « Les visites, les discussions entre étudiants français et béninois, la découverte de l’industrie pharmaceutique et les échanges autour de nos systèmes de santé ont été particulièrement enrichissants. »

Toutes ces activités ont permis d’enrichir les réflexions des étudiants pour leur projet de fresque.

Une fresque collective pour sensibiliser aux enjeux de One Health

À travers des ateliers de réflexion, les étudiants ont travaillé collectivement sur les défis qui affectent la santé globale et sur les solutions pouvant y répondre. Ce travail a donné lieu à la réalisation d’une fresque collaborative.

À travers des ateliers de réflexion, les étudiants ont travaillé collectivement sur les défis qui affectent la santé globale et sur les solutions pouvant y répondre. La fresque réalisée autour de One Health se compose de deux parties : l’une consacrée aux problématiques qui affectent les santés humaine, environnementale et animale, l’autre aux solutions pouvant y répondre. « Ces trois santés sont liées et s’impactent mutuellement », explique Godounou Michel.

Les étudiants ont notamment choisi d’illustrer certains comportements humains ayant un impact négatif sur la santé globale, à travers des images, des chiffres et des phrases marquantes. La seconde partie de la fresque met en avant des solutions, qu’elles existent déjà ou restent à imaginer, avec l’objectif de faire émerger des pistes susceptibles d’améliorer la santé globale.

Le travail a été mené collectivement par les étudiants béninois et lyonnais, avec l’appui d’artistes chargés de traduire leurs réflexions en images et en design. « Nous, on travaillait sur les idées, et eux transformaient nos idées en images/design », résume Michel.

La fresque consacrée aux problématiques a été achevée durant le séjour, tandis que la fresque consacrée aux solutions est en cours de finalisation. L’inauguration de l’ensemble est prévue en octobre, à la bibliothèque de Lyon.

Transmettre autant qu’apprendre

La réciprocité s’est également exprimée dans les activités proposées par les étudiants béninois. Un autre temps fort du séjour a ainsi été l’atelier consacré à la médecine traditionnelle béninoise, conçu et animé par les étudiants de l’AESPHAB.

Organisé à la faculté et ouvert au public sur inscription, cet atelier a offert un espace de partage et permis de faire découvrir certaines pratiques et savoirs issus de la pharmacopée béninoise, tout en échangeant sur la complémentarité entre médecine traditionnelle et médecine conventionnelle.

« Nous ne sommes pas seulement allés en France pour apprendre, nous avons également transmis », souligne Godounou Michel.

Un des temps fort du séjour a été l’atelier consacré à la médecine traditionnelle béninoise, conçu et animé par les étudiants de l’association béninoise.

En plus des activités prévues dans le chantier, les étudiants béninois ont également prêté main-forte à PLH. Ils ont participé à une distribution alimentaire destinée aux étudiants lyonnais, apportant leur soutien à l’association dans l’organisation de cette action de solidarité. Cette participation de l’AESPHAB illustre l’esprit du chantier, fondé sur la participation active, l’adaptation sur le terrain et l’engagement des jeunes pour une cause commune.

Pour Didice, membre de l’association béninoise, cette expérience a également été marquée par la nécessité de « s’adapter à l’autre, prendre en compte les divergences culturelles et trouver un consensus commun pour aboutir au travail pour lequel nous étions là. »

Préparer la mobilité pour favoriser les échanges

En amont de leur départ, les participants béninois ont bénéficié d’une formation organisée par l’Espace Volontariats du Bénin. Cette préparation visait à accompagner les jeunes dans leur expérience de mobilité internationale, en abordant notamment les questions d’interculturalité, de gestion des conflits, de vie quotidienne à l’étranger et d’engagement volontaire.

À travers cet accompagnement, France Volontaires contribue à créer les conditions d’un échange enrichissant et respectueux des différences culturelles.

« On ne vient pas seulement en France pour recevoir ou apprendre des choses, et eux ne viennent pas seulement au Bénin pour apporter quelque chose. Chacun arrive avec ses connaissances, ses expériences et sa manière de voir les choses », conclut Didice.