Une formation à distance des acteurs du volontariat international camerounais
France Volontaires a organisé, les 27 et 28 avril derniers au Cameroun, une formation dédiée aux tuteurs des structures d’accueil des V.I.E.S. Cette formation a été rendue possible grâce à un financement issu du Projet "Francophonie et Réciprocité" soutenu par l’Ambassade de France au Cameroun, témoignant de l’engagement du poste en faveur d’un volontariat de qualité.
Dans un contexte où la qualité de l’accompagnement des volontaires constitue un enjeu central pour garantir des missions pertinentes, sécurisées et porteuses de sens, cette session a revêtu un caractère particulier : il s’agissait de la première formation des structures d’accueil organisée en format hybride, associant l’Espace Volontariats du Cameroun et les équipes de France Volontaires à distance depuis le siège en France. Cette modalité a permis de renforcer les échanges entre acteurs locaux, tout en favorisant une approche du tutorat plus collaborative.

Un système de volontariat fondé sur trois acteurs
Dès le début de la formation, un rappel structurant a été posé : le volontariat repose sur une relation tripartite entre la structure d’envoi, la structure d’accueil et le volontaire. Comme l’a souligné Achille Mengo, représentant national de France Volontaires au Cameroun : « Il y a trois parties prenantes. Si un maillon du triangle est défaillant, il y a un problème. »
Cette approche systémique a permis aux participants de mieux comprendre l’importance d’un partenariat solide, stable et équilibré. Les échanges ont mis en évidence le fait que les difficultés rencontrées sur le terrain résultent souvent des fragilités partenariales et défaillances à des moments clé avant et en début de mission (mission mal définies, défaillance dans la préparation des volontaires ou encore absence de coordination entre les parties prenantes…) et qu’un dialogue continue s’impose pour garantir son bon déroulement et l’épanouissement des volontaires.

Le tuteur, acteur central de la qualité de l’accompagnement
Au cœur de ce système, le tuteur joue un rôle déterminant. Il est à la fois référent, accompagnateur et garant du cadre de la mission. « Avoir un volontaire sous sa responsabilité, c’est être présent pour lui, l’accompagner et lui permettre d’apprendre. »
Les discussions ont permis de rappeler que le tutorat ne se limite pas à un suivi administratif ou technique. Il s’agit avant tout d’un accompagnement humain, qui demande disponibilité, écoute et capacité d’adaptation. Le tuteur doit ainsi trouver un équilibre entre la nécessité de poser un cadre structurant et celle de laisser au volontaire l’espace nécessaire pour apprendre et évoluer.

L’accompagnement au quotidien : écoute, confiance et dialogue
Une attention particulière a été portée à la qualité de la relation entre tuteur et volontaire. La formation a insisté sur l’importance de créer des espaces d’échange réguliers, dans un cadre propice à la confiance.
Elena-Alexandra Popescu, chargée de mission formations et développement d’outils pédagogiques chez France Volontaires, a notamment rappelé l’importance de la posture d’écoute : « Trouver un endroit calme pour discuter, poser des questions ouvertes et respecter les temps de silence. »
Cette approche vise à favoriser l’expression du volontaire, sans jugement ni pression, afin de mieux comprendre ses besoins et ses difficultés. La formation a également permis de sensibiliser les tuteurs aux enjeux de l’interculturalité dans l’accompagnement des volontaires internationaux. Accueillir un volontaire étranger implique une attention particulière aux différences de repères, de communication et de pratiques culturelles. Cette spécificité demande au tuteur de faire preuve de discernement, d’écoute et d’adaptation afin de favoriser une intégration équilibrée et respectueuse. Les échanges ont rappelé que le volontariat international repose aussi sur une relation réciproque, faite à la fois de découverte de l’autre et de fidélité à soi-même.
Santé mentale et vigilance dans l’accompagnement
Un temps important de la formation a été consacré à la santé mentale des volontaires, considérée comme un élément essentiel de leur bien-être et de la réussite des missions.
Cette approche invite les tuteurs à être attentifs aux signaux (fatigue, perte de motivation, irritabilité…) et aux évolutions progressives de l’état du volontaire. Dans les situations les plus sensibles, une réactivité rapide est essentielle, notamment lorsqu’un événement potentiellement traumatique survient. Il est impératif de dialoguer et de réaliser un relais aurpès de spécialistes, pour rappel, « un trauma s’installe en 72 heures ».

Une dynamique collective à renforcer
Cette formation a également été l’occasion de renforcer les liens entre les acteurs du volontariat, en favorisant le partage d’expériences et la construction collective de pratiques communes. Le format hybride a joué un rôle clé dans cette dynamique, en permettant une interaction directe entre les structures de terrain et l’équipe du siège, tout en ouvrant de nouvelles perspectives pour les formations futures.
Enfin, les échanges ont permis de réaffirmer l’importance de promouvoir un volontariat éthique, respectueux des communautés d’accueil et fondé sur des missions à impact réel. Les participants ont été sensibilisés aux dérives possibles, notamment le volontourisme, et à la nécessité de garantir un cadre cohérent et responsable.

Encourager la réciprocité dans les échanges
La formation a également proposé une initiation à la réciprocité, un principe clé du volontariat international visant à favoriser des échanges plus équilibrés. Il s’agit de dépasser une logique à sens unique pour encourager des dynamiques où les structures d’accueil peuvent aussi devenir actrices de mobilité, en valorisant les compétences locales et en développant des partenariats fondés sur l’échange et l’apprentissage mutuel.
Cette formation s’inscrit dans une volonté de mieux accompagner les structures d’accueil face aux enjeux liés à l’encadrement des volontaires. Elle a permis d’apporter des repères, des outils et des espaces d’échange essentiels pour renforcer les pratiques de tutorat et sécuriser les missions.
En favorisant le partage d’expériences et la réflexion collective, cette initiative contribue à structurer davantage l’accompagnement des volontaires au Cameroun et à inscrire ces pratiques dans une dynamique d’amélioration continue.
