Passer au contenu principal
Actualités
26 jan. 26
Pérou

Amazonie péruvienne: trois parcours de volontariat, une même dynamique collective

Fin 2025, l’équipe de France Volontaires Pérou s’est rendue à Iquitos, au cœur de l’Amazonie péruvienne : un déplacement enrichissant qui a permis de rencontrer les différents partenaires impliqués dans le programme V-Amazonie. Rencontre avec trois volontaires actuellement sur le terrain.

Se déplacer sur le terrain, notamment dans la région amazonienne parfois isolée du reste des initiatives nationales, est essentiel pour France Volontaires. Cela permet de saisir les enjeux qui rythment le volontariat en Amazonie, d’échanger avec les acteurs locaux et de porter leur voix auprès des partenaires et alliés du programme. Aller sur le terrain, c’est découvrir la réalité vécue par les volontaires, véritables porte-parole des enjeux de l’Amazonie, tout en rendant leur expérience accessible à un plus large public.

Iquitos, fondée par des colons et marquée par l’histoire de l’exploitation du caoutchouc (Le rêve du celte, Mario Vargas Llosa, 2010), est aujourd’hui une ville emblématique de l’Amazonie péruvienne et un hub régional. Elle est la ville qui accueille le plus grand nombre de missions dans le cadre du programme V-Amazonie, avec six volontaires, et illustre la diversité des engagements et des enjeux au cœur de la jungle amazonienne. Mais faire  un volontariat en Amazonie, à quoi cela ressemble-t-il concrètement ?

 

Unir les enjeux sociaux et environnementaux au travers d’actions éducatives communautaires”

Dorian Dervielle, volontaire de solidarité internationale au Service national des aires naturelles protégées du Pérou (SERNANP), est engagé dans des actions d’éducation et de sensibilisation environnementale auprès du peuple Secoya

“ Passionné d’éducation populaire et de développement de projets communautaires j’ai découvert que le Parc National Guëppi-Sekime, aire naturelle protégée située en amazonie péruvienne, souhaitait mettre en place un plan d’éducation environnementale. L’espace qui m’était proposé permettant d’unir les enjeux sociaux et environnementaux au travers d’actions éducatives communautaires m’a donné envie de faciliter la concrétisation de leur ambition. J’avais, par ailleurs, été marqué par la découverte de la nature amazonienne lors de mes études à Lima ce qui terminait de me convaincre à participer au projet permis par cette mission de volontariat. C’est donc avec beaucoup de curiosité que j’ai traversé l’océan à la rencontre de celles et ceux qui s’engagent pour la protection des espaces naturels amazoniens.”

 

“Le travail se construit en collaboration étroite avec les habitants du village”

Aude Laine, volontaire en service civique chez AKUU (une association franco-péruvienne), est engagée dans la valorisation des savoirs, des cultures et de la mémoire des communautés locales

“C’est presque par hasard que je me suis retrouvée en Amazonie, aux côtés de l’association AKUU, dans le village de Puerto Miguel. À mon arrivée, il était difficile d’imaginer ce que ce volontariat allait réellement représenter. Avec le temps, s’est imposée l’évidence de la chance que constitue cet engagement, au sein d’un projet porté par et pour les habitants, dédié à la valorisation de la culture Kukama et des savoir-faire locaux.

Le travail se construit en collaboration étroite avec les habitants du village : artistes, artisans, charpentiers, peintres, ainsi qu’avec les femmes de l’association Las Mariposas, qui tissent la chambira (fibres de bananier). L’ensemble du projet avance collectivement, en respectant le rythme du village et en privilégiant autant que possible les ressources locales.

L’intégration à la vie quotidienne se fait progressivement, à travers les tâches partagées, les journées de travail communautaire et les échanges informels. Les apprentissages passent souvent par des moments simples : apprendre la peinture naturelle avec une chamane,  tisser la chambira [une espèce de palmier à feuilles], ou partir cueillir une pastèque avec un habitant . Après neuf mois à Puerto Miguel, les codes et les traditions deviennent plus clairs, la place plus juste, même si l’adaptation reste permanente.

Ce volontariat est aussi une immersion dans un environnement unique. Une petite partie de la forêt amazonienne se dévoile au fil des jours, avec ses paysages et ses animaux. Ici, les week-ends ne ressemblent pas à ceux en France : baignade dans le fleuve, pêche, sieste dans le hamac. Un autre rythme, simple, qui fait pleinement partie de l’expérience.”

 

“Il faut prendre le temps : faire les mêmes activités que les habitants, aller plusieurs fois à leur rencontre…”

Mathéo Pautonnier, volontaire en Service civique international chez AKUU, engagé dans la valorisation des savoirs, des cultures et de la mémoire des communautés locales

“Travailler au quotidien avec les habitants sur leur culture est très enrichissant. Je suis constamment hors de ma zone de confort, ce n’est pas évident de trouver sa place de “facilitateur” d’un projet culturel dans une culture et d’une société qui n’est pas la mienne ! Tout se fait de manière spontanée, je m’immerge le plus possible dans les habitudes du village pour faire au mieux. Il faut prendre le temps : faire les mêmes activités que les habitants, aller plusieurs fois à leur rencontre… On prend des notes à chaque fois que l’on apprend quelque chose sur le monde aquatique et les mythes qui y sont associés : en allant pêcher avec l’un, en se baignant dans le fleuve avec l’autre, ou encore en déjeunant chez un habitant à midi pour échanger sur les outils traditionnels de l’agriculture amazonienne. Ces rencontres avec une autre culture mettent en perspective mes propres croyances et certitudes, c’est fascinant !”

Photo de couverture : © AKUU