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Sur le terrain
12 mai. 26
Sénégal

Des liens et des graines : un chantier d’échanges et de partage de bonnes pratiques agricoles

Une dizaine de jeunes Françaises et Sénégalais se sont retrouvés au printemps à Sébikotane, près de Dakar, autour d’un chantier collectif mêlant agriculture, échanges interculturels et découverte du volontariat. Pendant quinze jours, ce séjour a dépassé le simple cadre d’un projet de jardin partagé pour proposer une expérience de terrain où se sont bousculées idées reçues, rencontres et envies d’engagement.

Elles se nomment Rama, Sirandou, Nancy, Fatoumata, Aissata, Samira, Fatoumata et Halima. En avril, ces huit jeunes femmes membres de l’OMJA (l’Organisation du Mouvement de la Jeunesse d’Aubervilliers) ont traversé l’Atlantique pour rejoindre pendant quinze jours le centre Tadjabone, à Sébikotane, au Sénégal. Avec elles, Assah et Laleï, deux encadrantes elles-mêmes issues de l’OMJA, aujourd’hui passées « de l’autre côté de la barrière » mais tout aussi en découverte que le reste du groupe.
Sur place, elles ont retrouvé cinq jeunes Sénégalais, dont Georges, Pape Diouf et Fatou, portés par leur association locale et le gestionnaire du centre depuis 2010 Souleymane. Ensemble, ils ont formé un groupe hétéroclite, soudé par une même volonté : apprendre, partager, et construire quelque chose de concret.

Semer, bâtir, transmettre

Au cœur du séjour : la mise en place d’un incubateur de jardin partagé au sein du centre Tadjabone. Construction et installation de tables dédiées aux semences et à l’expérimentation agricole, aménagement de nouvelles parcelles : le groupe a retroussé ses manches dès les premiers jours.

Les participantes ont mis en pratique des techniques préparées avant le départ : semer, désherber, arroser correctement, faire pousser, fabriquer du compost. Pour des jeunes issues d’une ville ultra-urbanisée, ce contact avec la terre était aussi une « découverte de la nature » dans ce qu’elle a de plus concret et de plus vivant.

Les participants du chantier installe une clôture pour protéger un arbre tout juste planté/

Au-delà du jardin, le séjour a été jalonné d’autres actions : visites d’écoles pour renforcer les liens éducatifs et culturels, atelier autour du conte et présentation d’un livre, actions de reboisement aux côtés de l’association Xam Xam, découverte du nouveau parc sportif local, et immersion dans la richesse culturelle du Sénégal.

La réalité contre les idées reçues

Le chantier a aussi été un espace de mise à l’épreuve des représentations. Du côté des volontaires françaises, la surprise a été au rendez-vous : « Je suis surprise par la modernité », confie l’une d’elles, reflet, dit-elle, d’une vision archaïque et fausse qui circule trop souvent en Europe. Sébikotane n’est pas « la brousse mais une grande ville ». C’est un territoire vivant, connecté, dont la réalité dépasse largement les clichés.

Ce que les participantes souhaitaient surtout retenir ? Le vivre-ensemble. La vie communautaire vécue sur place ; avec ses contraintes et ses compromis ; s’est imposée comme un contrepoint saisissant au quotidien français, dominé par le « paraître, l’omniprésence des écrans et la déconnexion de l’instant présent ».

Du côté sénégalais, une légère surprise également : le groupe français, 100 % féminin, a mis en lumière la part très majoritaire des femmes dans les démarches de solidarité internationale, une réalité qui a alimenté les discussions et invité à réfléchir sur la parité dans ce type d’engagement. Pour autant, l’accueil a été chaleureux et l’intégration rapide : « C’est déjà la famille. Tout le monde s’est donné à fond et s’y est mis », confie George.

Les participants du chantier présente une table de permaculture à un agent municipal.

Cette « initiation au volontariat » a laissé des traces durables. Toutes les participants et participantes repartent avec l’envie de s’engager à nouveau, en tant que volontaires ou encadrantes, au Sénégal ou ailleurs, sur des formats courts successifs ou sur une durée plus longue, en service civique ou en VSI. Assah, Laleï et Souleymane, partagent eux aussi cette envie : pérenniser le projet, le faire grandir, et continuer à « faire sortir » la jeunesse d’Aubervilliers, l’exposer à d’autres réalités, d’autres manières de vivre et de construire ensemble.

 

 

À propos de l’OMJA

L’Organisation du Mouvement de la Jeunesse d’Aubervilliers est une association fondée en 1949, forte de 1 200 adhérents de 10 à 25 ans, répartis sur neuf structures implantées dans tous les quartiers de la ville. Des loisirs à l’éducation, en passant par la formation, l’ouverture culturelle et artistique, les séjours engagés et les événements d’envergure nationale, l’OMJA réunit la jeunesse autour d’un crédo : « Pour et par la jeunesse ».

Le logo de l'OMJA

A propos du centre Tadjabone

Ce centre créé en 2010 avec le soutien de la mairie de Thuir accueil tout au long de l’année des élèves des collèges et lycées de Sébikotane. Il propose de l’accompagnement et du soutien scolaire, de l’aide au devoir et propose un espace médiathèque. Depuis le chantier de solidarité il dispose maintenant aussi d’un espace qui permettra de dispenser des initiations à l’agronomie. Enfin c’est aussi un lieu d’hébergement éco-touristique. Le centre Tadjabone à par ailleurs déjà accueilli plusieurs missions de services civiques par le passé.