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Actualités
01 juin. 26
A l’international

La restitution de l’étude sur les diasporas et le volontariat international nourrit le débat sur de nouvelles formes d’engagement

Réunis le 29 mai au siège de France Volontaires à Ivry-sur-Seine, une centaine d’acteurs du volontariat, des diasporas et de la solidarité internationale ont découvert les conclusions d’une étude inédite consacrée aux liens entre engagement volontaire et dynamiques diasporiques. Elle met en lumière les apports, mais aussi les obstacles qui structurent encore les parcours d’engagement des personnes issues des diasporas.

Dans les locaux de France Volontaires, à Ivry-sur-Seine, les échanges ont été nourris entre responsables associatifs, représentants de collectivités territoriales, anciens volontaires et acteurs institutionnels, réunis le vendredi 29 mai dernier pour confronter leurs expériences lors de la restitution de l’étude sur les diasporas et le volontariat international menée par France Volontaires, le FORIM et le F3E, avec le soutien de la Ville de Marseille et du département de la Seine-Saint-Denis.

Volontariat international et diasporas : une réflexion collective qui gagne du terrain

L’événement marquait l’aboutissement de plusieurs mois de travaux conduits sur cinq terrains d’étude : Marseille, la Seine-Saint-Denis, le Sénégal, le Maroc et le Cambodge. Au total, près de 120 entretiens semi-directifs, deux ateliers collectifs et plusieurs enquêtes ont permis de documenter les réalités vécues par les volontaires et les organisations impliquées.

Devant la centaine de personnes présentes pour l’événement, en présentiel ou à distance, Yann Delaunay, directeur général de France Volontaires, a souligné la place particulière qu’occupe le volontariat dans les trajectoires des personnes issues des diasporas : « Pour beaucoup de jeunes issus des diasporas, l’engagement en volontariat prend la forme d’une expérience de (re)connexion à une identité plurielle, interrogeant le rapport aux origines et s’inscrivant dans un cheminement personnel pouvant soulever des défis importants, avant, pendant et après la mission. »

Un constat partagé par Alioune Sy, président du FORIM, le réseau des diasporas solidaires, qui a souligné que  « les jeunes issus des diasporas partagent une double appartenance, dans un entre-deux géographique qui les interpelle constamment et les pousse dans une perpétuelle recherche d’identité et de repères. Le volontariat intervient alors comme un levier essentiel pour ces jeunes qui aspirent à un juste équilibre dans une citoyenneté pleinement assumée ici et ailleurs dans le monde. »

Deux tables rondes consacrées aux parcours d’engagement et aux perspectives de coopération entre volontariat international et diasporas ont par ailleurs permis aux personnes présentes d’échanger de vive voix sur ces sujets.

Quels apports des diasporas pour le volontariat international ?

L’étude montre que les engagements des personnes issues des diasporas ne se résument pas à une simple volonté de retour vers un pays d’origine. Les motivations observées sont multiples : quête de sens, transition personnelle ou professionnelle, engagement citoyen transnational ou participation à des dynamiques associatives. La dimension identitaire est souvent présente, mais elle s’articule avec d’autres aspirations et évolue au fil des parcours.

Les chercheurs mettent également en évidence plusieurs freins spécifiques. Les difficultés administratives rencontrées par les personnes étrangères ou binationales, la méconnaissance des dispositifs de volontariat, certaines contraintes réglementaires ou encore les inégalités d’accès à la mobilité internationale limitent encore la participation de nombreux jeunes.

Pour autant, les résultats soulignent le rôle stratégique que peuvent jouer les organisations de solidarité internationale issues des migrations (OSIM). Grâce à leur connaissance des territoires, leur maîtrise des contextes culturels et leurs réseaux locaux, elles facilitent l’ancrage des missions et renforcent les liens entre les sociétés civiles d’ici et de là-bas. Selon l’étude, 60 % des OSIM interrogées considèrent ainsi que le volontariat contribue à créer des relations plus fortes et plus durables entre les territoires.

Au-delà du constat, les partenaires souhaitent désormais transformer l’essai. Parmi les recommandations formulées figurent le renforcement des coopérations entre acteurs du volontariat et des diasporas, une meilleure information des publics concernés, l’adaptation de certains dispositifs aux réalités des parcours binationaux et l’intégration plus systématique de cette articulation dans les politiques territoriales. Une ambition résumée lors de la rencontre par plusieurs intervenants : faire du lien entre volontariat et diasporas non plus une initiative ponctuelle, mais un réflexe partagé au service de la solidarité internationale.