Seine-Saint-Denis : France Volontaires et le Département renforcent leur coopération pour la mobilité des jeunes
Le conseil départemental de la Seine-Saint-Denis et France Volontaires ont signé, ce 2 octobre, une convention d’adhésion au collège des territoires de la plateforme. Une nouvelle étape dans une coopération déjà engagée autour du volontariat international, alors que le Département fait de l’accès des jeunes à la mobilité un enjeu d’égalité des chances et d’émancipation.
Le partenariat entre la Seine-Saint-Denis et France Volontaires franchit une nouvelle étape. Ce 2 octobre, Yann Delaunay, directeur général de France Volontaires, et Oriane Filhol, vice-présidente du conseil départemental en charge de l’action sociale, de la jeunesse et de la lutte contre les discriminations, ont signé une convention d’adhésion du Département au GIP France Volontaires.

Cette signature s’inscrit dans un engagement ancien de la Seine-Saint-Denis en faveur de la solidarité internationale et de la coopération décentralisée, fondé sur le partenariat et la réciprocité. Elle vient également consolider une collaboration déjà engagée avec France Volontaires, notamment à travers le programme Territoires Volontaires (TEVO) : lauréat de plusieurs appels à manifestation d’intérêt du programme, le Département a développé des missions de volontariat liées à ses coopérations internationales et à la mobilité des jeunes de son territoire. Des volontaires sont ainsi partis au Maroc, en Tunisie, au Sénégal et aux Comores, tandis que la Seine-Saint-Denis a également accueilli des volontaires de pays partenaires. Trois nouvelles missions sont prévues en 2027.
Mobilité internationale en Seine-Saint-Denis : une forte envie de partir, mais des inégalités persistantes
Cette politique s’appuie notamment sur les enseignements d’une étude consacrée à l’accès des jeunes de Seine-Saint-Denis à la mobilité internationale, réalisée par le Département et publiée en octobre 2025. Elle fait apparaître un paradoxe : l’envie de partir est largement partagée, mais l’accès aux expériences internationales reste inégal.
Plus de 80 % des jeunes interrogés souhaitent ainsi vivre une expérience à l’étranger. Mais le renoncement est nettement plus fréquent chez ceux qui sont issus des catégories populaires que chez les enfants de cadres. L’étude identifie également un effet propre au territoire : à niveau de diplôme comparable et indépendamment de l’origine sociale ou géographique, les jeunes de Seine-Saint-Denis partent moins que ceux d’autres départements.
Le premier frein identifié est financier. L’information constitue également un obstacle : les opportunités de mobilité circulent largement par les établissements scolaires, l’enseignement supérieur ou les réseaux institutionnels, auxquels certains jeunes ont moins accès. Pour le Département, l’enjeu n’est donc pas seulement de susciter l’envie de mobilité, mais de permettre à tous les jeunes qui le souhaitent d’y accéder. La mobilité internationale est ainsi envisagée comme un outil d’émancipation, d’acquisition de compétences et d’insertion, mais aussi comme une question d’égalité des chances.
Le volontariat international pour élargir l’accès à la mobilité
Dans ce contexte, le volontariat international d’échange et de solidarité (V.I.E.S) constitue l’un des dispositifs permettant de lever certains de ces freins. En proposant un cadre accompagné, il peut notamment faciliter le départ de jeunes qui ne se projettent pas spontanément dans une expérience à l’étranger.
Le Département a engagé plusieurs chantiers à la suite de l’étude, autour de trois enjeux : mieux informer les jeunes et former les professionnels qui les accompagnent, mieux valoriser les compétences acquises lors d’une mobilité et faciliter l’accès aux financements. Parmi les pistes envisagées figure également le développement de nouvelles expériences de mobilité, notamment dans le cadre de l’insertion professionnelle.
Cette politique s’appuie sur une conception de la mobilité qui ne se limite pas au départ des jeunes du territoire. La Seine-Saint-Denis a également soutenu l’étude menée par France Volontaires et le FORIM sur les liens entre volontariat international et diasporas, consacrée au potentiel de ces engagements pour renforcer les solidarités entre territoires.
En rejoignant le collège des territoires de France Volontaires, le Département donne ainsi un cadre renouvelé à cette dynamique. Cette adhésion doit permettre de poursuivre le développement de projets communs autour du volontariat, de la mobilité internationale et de la réciprocité.
Photo de couverture : Enzo, Leyla et Amélie, bénéficiaires du programme “Territoires Volontaires” dont la Seine-Saint-Denis a été lauréate en 2022 / © conseil départemental de la Seine Saint-Denis