Philippine, volontaire en mission environnement à Maurice
Allier les deux domaines qui m’intéressent vraiment, c’est-à-dire la santé et l’environnement
Philippine a 26 ans. Originaire de la Saline les bains, à La Réunion, elle est volontaire de solidarité internationale avec France Volontaires La Réunion-Mayotte et vient en appui au Domaine d’Intervention 1 -DI1 sur les projets Expédition Plastique Océan Indien – ExPLOI et Résilience Côtière – RECOS au sein de la Commission de l’Océan Indien. Sa mission est cofinancée par la Région Réunion et l’Union européenne dans le cadre du programme Interreg VI Océan Indien.
Parle-nous brièvement de ton parcours avant de t’engager sur cette mission
Je viens d’obtenir mon diplôme d’ingénieur en spécialité agroalimentaire avec une dominante d’emballage à contact alimentaire, écoconception et recyclage. J’étais à la recherche d’une expérience professionnalisante et je suis tombée sur cette proposition de VSI. J’ai fait le choix de « tenter ma chance », parce que qui ne tente rien n’a rien !
Qu’est-ce qui t’a donné envie de t’orienter vers les sciences de l’environnement ?
Depuis très jeune j’ai toujours été intéressée par les sciences, quand j’étais petite c’était les étoiles et la volcanologie ; un peu plus grande c’était les animaux marins et la santé humaine, étant donné que je faisais du sport et que je suis une personne très curieuse. J’ai fait un BAC S ; j’ai passé le concours de PACES (Première année commune aux études de santé), j’ai fait une licence en Sciences pour la Santé et lors de l’obtention de ma licence je me demandais ce que je souhaitais vraiment. Je voulais allier les deux domaines qui m’intéressaient vraiment, c’est-à-dire la santé et l’environnement, parce que j’ai compris que les deux sont indissociables. C’est la quête de sens lors de la fin de mes études en santé qui m’a donné envie d’être plus dans le concret et de travailler dans ces domaines. C’est la raison pour laquelle j’ai demandé à intégrer l’ESIROI en spécialité agroalimentaire qui me semblait être le juste milieu entre les deux.
En quoi consiste ta mission au sein de la Commission de l’Océan Indien ?

Le projet ExPLOI est un projet pluridisciplinaire et transversal et est composé de :
- La composante scientifique : qui finance des projets scientifiques comme le financement de thèses, de masters, de diverses recherches sur l’impact de la pollution plastique dans l’océan indien (macro et micro plastiques)
- La composante communication : qui permet de – justement – communiquer sur les différents évènements, activités réalisés/ organisés par le projet ExPLOI, faire de la vulgarisation scientifique des articles écrit pour pouvoir le rendre accessible au plus grand nombre et en ce sens, de faire de la sensibilisation.
- La composante de renforcement des capacités et appui aux politiques publiques comprenant notamment la création de connaissances économiques ciblées sur le plastique dans un contexte insulaire, le renforcement de capacités et diffusion des outils et méthodes grâce à des formations d’acteurs (REP, économie circulaire, DRS, fresque du plastique), l’appui à l’animation des plateformes nationales plastiques ; à la formulation et au suivi des politiques publiques, stratégie régionale et plaidoyer.
- La composante d’appui aux initiatives d’économie circulaire (5R) notamment via l’Appel à Manifestation d’Intérêt dans les pays des états membres pour incuber des starts up sur des projets d’économie circulaire.
Le projet RECOS, qu’est-ce que c’est ?
L’objectif global du projet est de renforcer la résilience des populations littorales face aux effets du changement climatique en restaurant les services rendus par les écosystèmes côtiers.
Les objectifs spécifiques pour le réaliser sont :
- Renforcer la gouvernance régionale et nationale des écosystèmes côtiers et marins du Sud-Ouest de l’océan Indien ;
- Mettre en œuvre les chantiers innovants, variés et réalisables de restauration et d’exploitation durable d’écosystèmes côtiers et marins en s’appuyant sur des groupes de travail scientifique.
Toute comme le projet ExPLOI, le projet RECOS possède 4 composantes :
- Renforcement du suivi et de la gestion des écosystèmes côtiers par la mise en œuvre et partage d’approches GIZC dans région Océan Indien. Avec des activités comprenant la mise en œuvre des projets pilotes, appel à projets en lien avec des actions locales de restauration et de gestion des écosystèmes côtiers ; un programme d’échanges d’expériences sur la gestion des écosystème côtiers ; le soutien ç ka gouvernance « Gestion Intégrée des Zones Côtières » (GIZC) aux niveaux régional et national.
- Le Renforcement de coopération scientifique régionale sur la restauration des écosystème côtiers, production des connaissance et suivi scientifique des projets de terrain avec la mise en place et opérationnalisation du comité de suivi scientifique du projet ; le renforcement de la coopération régionale scientifique et technique (sur la gestion des aires marines protégées, la gestion des écosystèmes, l’observation du littoral et la GIZC, l’éducation environnementale en zone côtières) et aussi la contribution au renforcement de capacités des experts thématique de la région COI.
- La Gestion des dimensions transversales, avec de la communication et visibilité, la sensibilisation sur l’importance des écosystèmes côtiers, la capitalisation des savoirs ainsi que le suivi & l’évaluation
- Gestion de projet et appui à la COI comprenant tout ce qui est inhérent et organisation interne du projet.
Peux-tu expliquer en quoi ta mission sur la gestion des déchets nécessite des compétences scientifiques ou techniques ?
Ma mission repose sur des compétences scientifiques et techniques car elle nécessite l’analyse de données environnementales, la compréhension des cycles de vie des matériaux – en particulier des plastiques – et la mobilisation de concepts issus de l’ingénierie, de l’économie circulaire et de l’analyse des systèmes de gestion des déchets.
Quels sont les enjeux environnementaux auxquels répond ce projet ?
Ce projet répond à plusieurs enjeux environnementaux majeurs : la lutte contre la pollution plastique et la dégradation des écosystèmes, la transition vers une économie circulaire, ainsi que le renforcement de la gouvernance environnementale, particulièrement cruciale pour les territoires insulaires de l’Océan Indien.

Quels apprentissages scientifiques ou compétences techniques as-tu développés grâce à cette expérience ?
Cette expérience me permet de renforcer mes compétences en analyse de données environnementales, en compréhension des filières de gestion des déchets, ainsi qu’en structuration d’outils techniques d’aide à la décision à l’échelle nationale et régionale.
Que t’apporte cette expérience, au-delà des compétences techniques ?
Au-delà des compétences techniques, cette expérience m’apporte une forte capacité d’adaptation, une vision systémique des enjeux environnementaux, ainsi qu’une compréhension fine du lien entre expertise scientifique, décision politique et action de terrain.
Comment s’est passée ton adaptation à la vie à Maurice ?
Mon adaptation avec l’équipe de la structure d’accueil s’est très bien passée, j’ai été très bien accueillie dès le début et plongée dans le bain directement avec différentes tâches notamment la rédaction de feuilles de routes des pays état membres ainsi que la préparation du workshop d’une convention avec Nairobi. J’ai été prise sur le terrain dès le début avec la validation de la “Roadmap Free Plastic Mauritius” mise en place par le Ministère de l’environnement de Maurice, mais aussi le forum des Objectifs du Développement Durable par le forum des archipels. Je leur suis vraiment très reconnaissante.
Dans la vie quotidienne, j’ai vraiment la chance d’avoir ma colocataire, Émilie, une autre volontaire en VSI en mission à la COI, qui est vraiment une alliée et qui devient une très, très bonne amie ; on fait pas mal de choses ensemble (presque tout) et ça fait du bien d’avoir quelqu’un de confiance et de bienveillant sur qui on peut s’appuyer.
Etant donné que je voulais m’intégrer à la vie Mauricienne et rencontrer du monde en dehors de la COI et des autres volontaires, je me suis inscrite au triathlon, car il y a un club à côté de chez moi, et je suis maintenant entourée de personne bienveillantes et encourageantes ! Ce sport me permet, à la fois de rencontrer de nouvelles personnes en entrainement ou en compétition, de me dépasser mais aussi de découvrir de nouveaux endroits grâce aux entrainements et aux compétitions !

En trois mots, comment résumerais-tu ton expérience de volontariat ?
En 3 mots je résumerais mon expérience : Intense, Equilibrée et Vivante
Intense : grâce à la mission et ses impacts positifs, les sorties et le triathlon ; Equilibrée : sport / mission / sorties / temps de loisirs; Vivante : pour toutes les raisons citées précédemment, les personnes rencontrées et avec qui je partage des moments au quotidien.
Ce projet est cofinancé par la Région Réunion et par l’Union européenne dans le cadre du programme Interreg Océan Indien VI dont la Région Réunion est autorité de gestion.



