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Bientôt un guide d’accueil pour les volontaires internationaux en France

Dans la grande salle de réunion, les tables ont rapidement disparu sous les post-it, fiches pratiques et retours d’expérience. L’objectif était clair : mettre à plat les besoins des volontaires internationaux accueillis en France dans le cadre du principe de réciprocité. « Cette journée nous a permis de réfléchir au format et au contenu d’un guide France à destination des volontaires de réciprocité qui seront mobilisés sur des missions longues », explique Elena Popescu, chargée de mission formations et développement d’outils pédagogiques chez France Volontaires.

Un guide sur le volontariat : démarches, installation et premiers repères

Les participants, venus d’Asie, d’Afrique ou encore d’Amérique latine ont travaillé en petits groupes pour produire des conseils concrets en lien avec les démarches administratives, l’installation, la vie quotidienne, l’adaptation culturelle, la sécurité ou l’intégration en structure d’accueil.

Le matin, la séance a démarré par une mise en commun des premiers constats : comprendre les formalités essentielles (banque, santé, transports), appréhender les codes professionnels, identifier les ressources d’accompagnement. L’après-midi, place aux ateliers thématiques, avec l’élaboration de textes destinés à être intégrés au futur guide. L’idée : élaborer un document clair, harmonisé, issu de l’expérience réelle des volontaires.

 

Ces échanges ont aussi permis de mettre des mots sur le choc de l’arrivée en France. Certains ont partagé ce qui les avait surpris. Pour Malik, « Le fait qu’on ne dise pas bonjour à tout le monde, la qualité des transports, le climat » ont constitué une première surprise. Mais il se souvient aussi du geste marquant de sa structure d’accueil : « Elle a fait en sorte que je découvre pleinement la culture française : sa cuisine, son architecture. On m’a amenée dans un restaurant français dès mon arrivée », a-t-il souligné.

D’autres ont insisté sur l’attitude à adopter en début de mission. Leila résume ainsi son approche : « Faire preuve de curiosité et d’ouverture : ne pas hésiter à demander des renseignements. Accepter qu’on ne connaisse ni ne comprenne pas tout, tout de suite. Avoir le courage de poser des questions, avancer progressivement sans voir trop loin trop vite. »

Adaptation culturelle : conseils pratiques et retours d’expérience de volontaires internationaux

L’interculturalité a également occupé une grande partie des discussions. Eya, volontaire tunisienne, a partagé son regard : « En tant que femme, si tu rencontres une difficulté : il faut toujours parler. J’ai le sentiment que la condition de la femme est globalement similaire en France et en Tunisie. »  Sur la gestion du choc culturel, elle confie sa méthode : « Être résilient : anticiper le fait qu’on part dans un autre pays avec sa propre culture. Faire preuve de curiosité, poser les questions quand nécessaire. Savoir dissocier le temps professionnel du temps personnel. »

Enfin, certains ont rappelé le sens profond de l’engagement. Pour Mariette, venue de Côte d’Ivoire, « Le volontariat est un engagement, une aventure dans laquelle on choisit de donner et de recevoir à la fois. »

Au fil des échanges, la journée a permis de faire émerger une matière riche, destinée à nourrir la version finale du Guide France. Un outil qui accompagnera, dès les prochains mois, les volontaires en réciprocité dans leur installation, leurs démarches, leur intégration et leur quotidien sur le territoire. Un document construit par et pour les volontaires, reflet de leurs réalités et de leurs besoins.

 

À la découverte de l’île de La Réunion dans les Alliances françaises en Inde

Concerts, expositions, projections de films et ateliers ont réuni étudiants, artistes et curieux en Inde, de Delhi à Ahmedabad en passant par Chennai. Parmi les moments phares : les rythmes percussifs du groupe Kafmaron, des récits de voyage et des rencontres autour de la création réunionnaise. Plus qu’un simple temps fort thématique, cette programmation illustre la vocation des Alliances françaises à créer des passerelles entre cultures francophones et contextes locaux, encourager la curiosité, nourrir le dialogue. 

Un passé commun remis en lumière 

À Pondichéry, l’événement a pris une résonance particulière. Il a rappelé les liens historiques entre La Réunion et le sud de l’Inde, notamment le Tamil Nadu, d’où partirent au XIXᵉ siècle des milliers d’Indiens, principalement tamouls, engagés pour travailler dans les plantations réunionnaises. L’historien Gilles Gauvin est revenu sur cet épisode qui a façonné l’identité créole : langues, rites, musiques, cuisine et croyances s’y sont mêlés pour former une culture profondément métissée. Lors d’une conférence sur « L’influence de l’Inde sur la société réunionnaise, du XIXᵉ siècle à aujourd’hui : épices, engagés, religion », l’autrice Gaëlle Bélem a souligné ces continuités culturelles, montrant comment l’histoire partage encore des échos visibles dans la vie quotidienne et les pratiques culturelles réunionnaises.

Pour Marion Sicard, arrivée à l’Alliance française de Pondichéry il y a deux ans comme VSI Chargée de communication, cette histoire résonne intimement :

« Comme beaucoup de Réunionnais, je porte en moi plusieurs cultures. En arrivant à Pondichéry, j’ai découvert cette ville qui réunit deux pays au même endroit, c’est un joli mélange entre l’Inde et la France. Entre les rues, les institutions, les monuments en français, voire même des discussions en français entre deux Tamouls dans les rues, il existe beaucoup de similitudes entre les deux cultures. J’ai retrouvé des visages, des saveurs, des traditions qui parlent à mon identité. Pendant le Mois de La Réunion, nous voulions partager cette proximité, montrer à quel point nos îles et nos cultures dialoguent depuis longtemps. » 

 

Un dialogue culturel qui se poursuit 

Aujourd’hui encore, ces liens se réinventent grâce à la coopération culturelle et éducative entre La Réunion et l’Inde. En collaboration avec la Région et le Département de La Réunion, INTERREG, l’Institut français en Inde et France Volontaires, l’Alliance française de Pondichéry affirme ce rôle de passerelle entre les mondes francophones, faisant de la diversité une richesse et de la coopération culturelle un véritable moteur de rapprochement.

« Lorsque Monsieur Jalicous, Directeur de l’Alliance Française de Pondichéry, nous a demandé d’organiser un mois consacré à La Réunion, il nous a semblé essentiel de mettre en lumière les points communs, raconter l’histoire partagée, faire connaître en Inde cette richesse souvent méconnue. Nous voulions aussi que nos invités réunionnais découvrent la diversité indienne. Au-delà des représentations, nous avons donc organisé des visites et des rencontres afin qu’ils puissent s’imprégner des différentes facettes du pays, de ses couleurs, de ses sons et de sa vitalité. Les artistes sont venus partager leur savoir et leur art, mais ils repartent enrichis d’une nouvelle expérience, ayant découvert une petite partie de la profondeur et de la richesse de la culture indienne. Ce dialogue à double sens est au cœur de notre mission. »

Arnaud Rondeau, VSI Chargé du développement culturel à l’Alliance française de Pondichéry.

En tissant des liens entre mémoire, création contemporaine et échanges humains, le Mois de La Réunion a mis en lumière un héritage commun et démontré que la francophonie ne se limite pas à une langue: c’est un espace vivant, mouvant, fait de rencontres, de récits et de passerelles entre les cultures. 

Forestival 2025 : les jeunesses congolaise et européenne s’engagent pour la préservation des forêts

Au centre de cet événement : le programme V-Forêts (Volontaires pour la préservation des forêts), fruit d’un partenariat stratégique entre la France et la One Forest Youth Initiative (OFYI). Comme l’a rappelé le représentant régional de France Volontaires lors de son discours, ce programme trouve sa source lors de la dernière édition du One Forest Youth Forum à Libreville, en février 2023. À cette occasion, les jeunes participants avaient « plaidé pour que les jeunesses soient considérées comme actrices des politiques publiques environnementales » et avaient « émis le souhait du lancement d’un programme de volontariat permettant aux jeunes de s’engager concrètement ».

V-Forêts, un programme né de l’appel de la jeunesse

Financé par la France et mis en œuvre par France Volontaires en partenariat avec l’OFYI, le programme V-Forêts constitue une réponse directe à cet appel. Il permet la mobilisation de 50 volontaires pour soutenir des projets de préservation dans le Bassin du Congo.

Le Forestival 2025 a servi de caisse de résonance à cette initiative. L’objectif était clair :  valoriser les actions des volontaires impliqués dans la préservation des forêts et offrir une illustration de l’implication des jeunesses européenne et congolaise dans la protection des forêts du bassin du Congo.

Le festival a illustré, selon les mots du représentant, « une solidarité écologique qui relie les peuples autour de la protection des forêts ». Cet engagement s’est manifesté à travers un programme dense. Le Forestival s’est articulé autour de quatre temps forts, mêlant réflexion, sensibilisation et action concrète.

 

Le 4 novembre, l’Institut français du Congo a donné le coup d’envoi du festival avec plusieurs ateliers thématiques — théâtre, gravure sur bois, Fresque de la Forêt ou encore « Mon voyage de défenseur de la forêt ». La cérémonie d’ouverture a mis en avant les témoignages des volontaires engagés dans les programmes V-Forêts et EVER (European Volunteering for Environment and Resilience), qui ont partagé leurs expériences sur le terrain.

Une “solidarité écologique” en action

Le lendemain, le même lieu s’est transformé en village associatif. Cet espace a permis de valoriser le travail des partenaires impliqués dans la préservation des forêts, en particulier les initiatives portées par les programmes V-Forêts et EVER.

Le 6 novembre, la Journée nationale de l’Arbre a marqué un moment d’engagement collectif. À Kinkala, les participants ont mené une opération de sensibilisation sur l’importance du reboisement. La projection d’un documentaire consacré à la perte de biodiversité autour de la rivière Ngabanzoko a mis en lumière l’ampleur de la déforestation et suscité une réelle prise de conscience parmi les jeunes présents.

Enfin, le 7 novembre, la cérémonie de clôture au Mémorial Savorgnan de Brazza a permis de restituer les travaux des différents ateliers et de célébrer les synergies nées durant ces quatre jours.

Ce Forestival a tenu sa promesse : il a constitué, comme l’espérait le représentant régional de France Volontaires, « un espace où la jeunesse agit, crée et inspire ». Un événement qui ancre davantage le Congo comme « un modèle d’action collective pour la nature, l’environnement et le climat ».

Solidarité et engagement : La Journée du volontariat français (JVF) 2025 mobilise pour la planète aux Philippines

Coorganisée par France Volontaires Philippines, l’Ambassade de France aux Philippines et en Micronésie, l’Alliance Française de Manille (AFM), Bench/ et Ronald McDonald House Charities (RMHC), cette édition a mis en lumière la force de l’engagement citoyen et l’impact concret du Volontariat International d’ Échange et de Solidarité (VIES) comme levier pour une transition écologique plus inclusive, participative et solidaire, renforçant ainsi la coopération franco-philippine autour des Objectifs de Développement Durable (ODD).

Retour sur les trois rendez-vous majeurs qui ont fait de cette 12ᵉ édition de la JVF un moment d’échanges et de solidarité.

Événement d’ouverture : Exposition photo à l’Alliance Française de Manille

Les festivités ont débuté à l’Alliance Française de Manille le mercredi après-midi 15 octobre, avec le vernissage de l’exposition photo du concours organisé dans le cadre de cette JVF : « Le vert en action : des histoires de service vues à travers l’objectif ».

Ouvert sur une période de quatre semaines, le concours photo invitait l’ensemble des résidents des Philippines à partager leurs plus beaux clichés de volontariat autour du thème de cette année. Sur plus d’une cinquantaine de soumissions, 15 photos ont été retenues pour être exposées à l’AFM, dont 5 proposées par des volontaires de France Volontaires.

L’après-midi a débuté par la projection du documentaire français de Jean-Albert Lièvre raconté par Jean Dujardin, Les Gardiennes de la Planète, consacré aux baleines. La séance cinéma a été suivie de discours et d’un jeu sur les ODD permettant de remporter des lots offerts par notre sponsor RMHC. Le vernissage a également offert aux invités l’occasion de voter pour leur photo favorite afin d’élire le lauréat du Prix du Public. La soirée s’est achevée par un cocktail de clôture. Au total, une trentaine de participants ont assisté au vernissage, parmi lesquels des représentants de l’Ambassade de France.

Je découvre les photos finalistes.

Cérémonie officielle : Journée d’échanges à l’Asilo de San Vicente de Paul

L’événement principal de la Journée du Volontariat Français 2025 s’est déroulé le vendredi 17 octobre, de 9h à 16h, à l’Asilo de San Vicente de Paul à Manille. Devant un public réuni pour l’occasion, la chorale de l’Asilo a ouvert la célébration par une performance de danse.

Discours d’ouverture et allocutions officielles

Son Excellence Marie FONTANEL, Ambassadrice de France aux Philippines et en Micronésie, a honoré l’événement de sa présence et prononcé le discours d’ouverture. Elle a été suivie par les allocutions de Sœur RIO DUBLIN, D.C., Administratrice de l’Asilo de San Vicente de Paul, et de Mme. Ela Victoria SARMAGO, Directrice Exécutive Adjointe de la Philippine National Volunteer Service Coordinating Agency (PNVSCA). Enfin, Cyril CARPONCIN, volontaire au sein de The Plastic Flamingo, a souligné dans son discours liminaire l’importance du volontariat pour relever les défis environnementaux et renforcer les initiatives communautaires en faveur d’un avenir durable.

“Nos volontaires incarnent pleinement la qualité de la coopération franco-philippine, qu’ils interviennent au sein de petites associations locales ou de structures plus établies. La profondeur de leur impact sur le terrain ne dépend pas de la taille de l’organisation d’accueil, mais de l’engagement de leurs équipes.”

Son Excellence Marie FONTANEL, Ambassadrice de France aux Philippines et en Micronésie.

La matinée s’est poursuivie avec un quiz par équipes, invitant les participants à tester leurs connaissances sur les Objectifs de Développement Durable (ODD) liés à l’environnement.

Table ronde – Volontariat, coopération et environnement : unis pour la planète

Après un déjeuner de réseautage, l’après-midi a offert au public des échanges riches et inspirants lors d’une table ronde réunissant six intervenants.

Le panel réunissait Cassandre VANDAMME, volontaire pour Blue Alliance ; Agathe MAZARS, volontaire pour Better With Water ; Patrick TIONGSON, coordinateur de 3ZERO House Philippines, un projet d’ACTED ; Sven ROMBERG, co-coordinateur pays de Climate Fresk Philippines ; et Monika ORTEGA, ambassadrice pays de Women in AI Philippines.

La discussion, animée par Nisha ALICER, également co-coordinatrice pays de Climate Fresk Philippines, a mis en lumière la diversité des engagements et des approches du volontariat environnemental, tout en illustrant la force du travail collectif pour relever les défis écologiques contemporains.

Session de réseautage et Speed Dating des ODD

L’après-midi a été marquée par une session de réseautage et de Speed Dating des ODD, à laquelle ont pris part 4 ONG partenaires — Life Project 4 Youth, Better With Water, Blue Alliance et The Plastic Flamingo — ainsi que plusieurs volontaires en réciprocité.

Organisée sous forme d’échanges courts et dynamiques par roulement, elle a permis aux participants de découvrir divers projets de volontariat et de coopération franco-philippine autour des ODD.

Exposition photo et remise des prix du concours

Tout au long de la journée, les photos finalistes du concours ont été exposées, offrant au public un aperçu inspirant de l’engagement des volontaires. En fin d’après-midi, la très attendue remise des prix est venue récompenser les 3 lauréats.

Boutiques éphémères des ONG

Durant l’événement, les ONG Virlanie et ACAY Missions ont eu l’opportunité de présenter et de vendre les articles de leur boutique, des produits durables et zéro déchet conçus et fabriqués à la main par les bénéficiaires et artisans des associations, incluant notamment des sacs, des bijoux fantaisie, du linge de maison ou encore des boules de Noël. Les recettes issues de ces ventes contribuent au financement des ONG tout en assurant une rémunération équitable des artisans. Parallèlement, l’Asilo de San Vicente de Paul a proposé à la vente des pâtisseries et produits d’épicerie de sa boutique, intégrée dans un projet responsable. Ces initiatives illustrent de manière exemplaire la durabilité écologique, sociale et économique, incarnant pleinement les valeurs de la JVF 2025.

Remarque de clôture et karaoké 

Enfin, les remarques de clôture ont été prononcées par Mme Nanette REPALPA, Représentante Nationale de France Volontaires Philippines, avant qu’une interprétation karaoké improvisée par des volontaires français et philippins ne vienne clore l’événement dans une ambiance conviviale, symbole fort de la solidarité franco-philippine.

La cérémonie officielle à l’Asilo de San Vicente de Paul a rassemblé un total de 133 participants, comprenant 30 volontaires internationaux et 20 organisations partenaires issues du secteur associatif, institutionnel et privé, français et philippin.

Réception de clôture : Cocktail à la Résidence de France

Le troisième et dernier temps fort de cette édition s’est tenu le vendredi 17 octobre au soir à la Résidence de France, où un cocktail a réuni près d’une quarantaine de participants dans une atmosphère chaleureuse ; parmi lesquels 19 volontaires français et 8 volontaires de réciprocité philippins. Organisée par l’Ambassade de France aux Philippines et en Micronésie en signe de reconnaissance de l’engagement des volontaires, cette réception a célébré la réciprocité et les valeurs de solidarité, d’échange et d’ouverture portées par le Volontariat International d’ Échange et de Solidarité (VIES), tout en soulignant le rôle essentiel de ces volontaires dans le renforcement des liens entre la France et les Philippines

Ce moment d’échanges, empreint de convivialité, a offert à Son Excellence Marie FONTANEL, Ambassadrice de France, l’occasion de saluer leur engagement remarquable et de rappeler l’importance de cette coopération humaine au cœur des relations franco-philippines. Des allocutions ont également été prononcées par Mme Nanette REPALPA, Représentante nationale de France Volontaires Philippines, et par Nina THOMPSON, volontaire au sein de Culture and Arts Managers of the Philippines (CAMP).

Au total, trois événements ont marqué cette édition 2025 de la Journée du Volontariat Français, réunissant près de 200 participants – dont 40 volontaires internationaux – et 23 organisations partenaires venues d’horizons variés : ONG, institutions gouvernementales, et entreprises du secteur privé, philippines et françaises.

France Volontaires Philippines adresse ses plus chaleureux remerciements aux coorganisateurs, partenaires et invités : votre engagement et votre précieuse contribution ont largement contribué à la réussite de cette édition !

Journée du volontariat français (JVF) : une 10ème édition d’engagement et d’action en Guinée

« Un volontaire, un arbre » : une action concrète à Moussayah

Dans le cadre de cette édition anniversaire, une première activité de terrain s’est tenue à Moussayah, dans la préfecture de Forécariah dans l’est du pays, autour du slogan « Un volontaire, un arbre ». Près de 35 volontaires et plus de 60 acteurs locaux se sont mobilisés pour planter des arbres fruitiers au sein de l’école primaire et à proximité d’une source d’eau, contribuant ainsi à la végétalisation du village et à la préservation des ressources naturelles.

Accueillis chaleureusement par les habitants ainsi que Sous-préfet de Moussayah, le Lieutenant-Colonel Mohamed Lamine Soumah, les participants ont partagé un moment de solidarité et d’échanges, symbole de l’impact positif du volontariat sur les communautés locales.

Un arbre fruitier planté devant l’école Moussayah 1

 

Une soirée officielle à la Résidence de France

La cérémonie officielle s’est ensuite déroulée à la Résidence de France à Conakry, en présence de S.E. Mme Djami Diallo, Ministre de l’Environnement et du Développement Durable, de S.E. M. Mamadou Cellou Baldé, Ministre de la Jeunesse, de M. Luc Briard, Ambassadeur de France en Guinée et Sierra Leone, et de M. Thomas Cossé, Directeur du Réseau International de France Volontaires.

Discours, témoignages et moments artistiques ont rythmé cette soirée conviviale, notamment l’intervention de Marion Cassinot, volontaire IFAID auprès de Climate Chance, qui a présenté son projet sur l’action climatique locale. La soirée a également été marquée par la remise officielle d’un visa à l’une des volontaires guinéennes de réciprocité et par la plantation symbolique d’arbres fruitiers dans les jardins de la Résidence, geste fort d’un engagement partagé pour l’environnement.

Marion Cassinot lors de son témoignage devant l’Ambassadeur, le Ministre de la Jeunesse
et la Ministre de l’Environnement et du Développement Durable

 

Dix éditions d’échanges et d’impact en Guinée

La JVF 2025 qui a rassemblé plus de 200 participants à Conakry et à Moussayah, a suscité une large couverture médiatique au niveau national (RTG, Africa Guinée, Vision Guinée, Avenir Guinée). Cette édition anniversaire a mis en lumière dix éditions d’engagement du volontariat français en Guinée, au service du développement durable, du dialogue interculturel et de la solidarité internationale.

En plantant des arbres et en renforçant les liens entre acteurs du volontariat, France Volontaires Guinée et ses partenaires ont affirmé leur volonté commune de bâtir un avenir plus vert et solidaire.

L’équipe de volontaires France Volontaires Guinée et partenaires à Moussayah

À Bordeaux, des volontaires internationaux mobilisés pour la reconnaissance du volontariat comme contribution sociale et environnementale essentielle !

Pour la première fois, la France a accueilli le Forum mondial de l’économie sociale et solidaire (GSEF), rendez-vous international majeur dédié aux pratiques économiques fondées sur la coopération, la solidarité et la durabilité. Après Séoul, Montréal, Bilbao, Mexico et Dakar, l’édition 2025, organisée à Bordeaux, entendait faire de l’économie sociale et solidaire (ESS) « la norme de l’économie de demain ». Pendant trois jours, des élus, chercheurs, entrepreneurs, associations et citoyens du monde entier ont échangé sur les solutions capables de concilier performance économique, inclusion sociale et respect de l’environnement.

Dans ce contexte, France Volontaires, opérateur du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, a participé activement à cette 7ᵉ édition pour valoriser la contribution du volontariat international d’échange et de solidarité (V.I.E.S) aux dynamiques de l’ESS. À travers des tables rondes, ateliers et témoignages, ce fut l’occasion de mettre en avant l’engagement des jeunes volontaires et leur rôle d’innovation sociale dans les territoires.

Des jeunes au cœur de la dynamique ESS

Selon une analyse menée par France Volontaires et IFAID auprès de 163 volontaires, 65 % estiment que leurs missions ont contribué à des projets relevant de l’économie sociale et solidaire, notamment dans les domaines de l’éducation, de l’inclusion et du développement durable. Par ailleurs, près de 60 % des structures d’envoi sont des associations et plus d’un tiers des ONG, confirmant l’imbrication naturelle entre volontariat international et ESS. Plusieurs tables rondes et ateliers (voir ci-dessous) ont permis de valoriser cette dynamique.

« Le volontariat international contribue depuis longtemps à une dynamique qui ne s’appelait pas encore ESS. […] Les volontaires ont toujours été au service des acteurs locaux pour renforcer les coopératives, les groupements, l’activité économique non lucrative. […] Tout comme on fait de la prose sans le savoir, on agit pour l’économie sociale et solidaire sans le savoir ! », rappelle Ghislain Brégeot, Directeur d’IFAID, dans une interview pour Le Mag’ de France Volontaires.

Trois jours de rencontres et d’échanges

Sur le stand du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, France Volontaires a également proposé chaque jour des témoignages de volontaires revenus de mission, illustrant la diversité des engagements dans les pays partenaires. C’est le cas de Mariana Sarria Bohorques, par exemple. Originaire de Colombie et volontaire à la Ville et Eurométropole de Strasbourg, elle y mène un diagnostic sur l’engagement des jeunes pour mieux adapter les politiques publiques locales. « Mon expérience me montre que le volontariat et l’économie sociale partagent la même logique : celle d’une action collective tournée vers l’utilité sociale », a-t-elle expliqué. « En travaillant avec des associations locales, j’ai compris que chaque initiative, même modeste, peut renforcer la cohésion et inspirer de nouvelles formes de solidarité ».

Ces échanges ont permis d’aborder les liens concrets entre mobilité internationale, coopération territoriale et innovation sociale, à un moment où les acteurs de terrain cherchent à renforcer les passerelles entre engagement citoyen et économie solidaire.

Les membres de France Volontaires mobilisés sur le Forum

Parmi les membres de France Volontaires présents à Bordeaux, IFAID et Cool’eurs du Monde ont également pris part aux échanges pour témoigner du rôle structurant des acteurs associatifs dans la dynamique ESS. « Le V.I.E.S permet de construire des chemins que les volontaires n’ont pas forcément en tête quand ils commencent leur mission, et qui leur permettent de s’ouvrir au monde et de s’épanouir » explique Jean-Marc Dutreteau, directeur de Cool’eurs du Monde.


Pour Ghislain Brégeot, « c’est tout l’enjeu du Forum de montrer que la coopération peut exister de manière transversale, notamment pour les ONG. Nous sommes dans une période où l’aide publique au développement doit changer de forme et je crois que la dynamique autour de l’ESS peut être un moyen de modifier notre approche ». Leur participation illustre la force du réseau France Volontaires, qui réunit en France et à l’international une pluralité d’acteurs engagés pour un même objectif : placer la coopération au cœur des échanges.

En rassemblant à Bordeaux les forces vives de l’économie sociale et solidaire, le GSEF 2025 ambitionnait de faire émerger une économie du bien commun, fondée sur la participation et la responsabilité partagée. À cinq ans du terme de l’Agenda 2030, la présence de France Volontaires a souligné combien le volontariat international s’inscrit pleinement dans cette dynamique.

Des échanges riches avec de nombreux partenaires institutionnels

Le GSEF a permis d’organiser de nombreuses rencontres avec les partenaires de France Volontaires répartis aux quatre coins du monde.

Les représentants de délégations officielles notamment africaines (RDC, RCA, Togo, Sénégal, Guinée) pour approfondir ou développer les liens partenariaux en faveur du volontariat international ou national. Parmi eux, le Directeur général de l’Agence nationale de Volontariat et Jeunesse (ANJV) au sein du ministère de la Jeunesse et des Sports de la Guinée, Mamadou Balde. L’ANJV participe, aux côtés de 11 autres pays africains au programme DENVA, piloté par France Volontaires, qui a pour ambition d’accompagner la structuration d’écosystèmes de volontariat solides dans chaque pays partenaires.

À noter la présence des représentants des collectivités territoriales et de leurs associations faitières (Mauritanie, Côte d’Ivoire, Cameroun). En s’inspirant de projets initiés dans d’autres pays de la sous-région, l’Association Mauritanienne des Régions (AMR), représentée par son Secrétaire général, Mohamed Hanine, souhaite mobiliser les dispositifs de V.I.E.S pour soutenir le renforcement de compétences et la structuration de l’organisation, dans le cadre de la décentralisation. L’occasion de souligner la dynamique engagée au Cameroun avec l’appui de l’ETI, Tristan Routier, qui déploie actuellement deux volontaires nationaux pour développer les axes de coopération et de communication au sein de l’Association des Régions du Cameroun (projet soutenu par l’Ambassade de France au Cameroun).

Le GSEF fut l’occasion de nombreux échanges avec le tissu associatif des pays partenaires. Citons comme exemple le partenariat qui lie France Volontaires à Polaris Associations basée à Dakar et qui œuvre pour la préparation aux enjeux de l’ESS des volontaires sénégalais ; ou également ENS Bénin qui promeut la création d’une plateforme des acteurs de l’ESS au Bénin afin de coordonner et d’amplifier l’impact de leurs actions. Le V.I.ESS est particulièrement adapté pour faciliter et rendre concrète l’action sur le terrain.

Nous nous réjouissons d’avoir retrouvé quelques acteurs de nos territoires d’outre-mer, à l’image d’ESS France Outre-Mer, qui mobilise déjà plusieurs missions de VSI en appui au projet Milango Espace Francophonie :  un réseau d’incubateurs qui vise à soutenir l’innovation sociale et environnementale, en renforçant les coopérations entre les Régions ultra-périphériques (Guadeloupe, Guyane, Martinique, Mayotte, La Réunion et Saint-Martin) et les états membres de l’OIF.

Les temps forts de France Volontaires au Forum

👉 29 octobre – Table ronde – L’engagement des jeunes à l’international : les volontaires au cœur de la dynamique ESS

Devant plus de 70 personnes, Jean-Marc Dutreteau de Cool’eurs du Monde, Nathan Lusseau de Cotravaux, Atanaska Guillaudeau de France Volontaires, et Maria Sarria Bohorques, volontaire colombienne en mission en France en réciprocité, ont partagé leur vision du sujet.

En s’appuyant sur les résultats du questionnaire mené par IFAID et France Volontaires, ils ont souligné le potentiel transformateur du volontariat, ses impacts à différentes échelles (sur les jeunes, les structures et les sociétés), ainsi que la diversité des dispositifs mobilisés (chantiers, VSI, service civique, volontariat sénior, etc.). Les intervenants ont montré comment les volontaires, par leur engagement, favorisent l’innovation sociale, l’inclusion et la solidarité internationale, en construisant avec les partenaires locaux des réponses concrètes aux défis globaux.

Enfin, cette rencontre a permis de présenter des recommandations issues des volontaires, invitant à une mobilisation accrue des acteurs politiques, économiques et associatifs pour faire du volontariat international un pilier reconnu et structurant de l’économie sociale et solidaire.

👉 30 octobre – Atelier – « Pour un volontariat responsable et de qualité », destiné aux jeunes porteurs de projets solidaires.

Près d’une vingtaine de participants ont assisté à cet atelier dynamique organisé et animé par Pauline Valnaud et Christophe Ressiguier (France Volontaires).

L’objectif ? Questionner ses pratiques et s’interroger sur la posture à adopter lorsque l’on souhaite s’engager à l’international. L’occasion pour les participants de réfléchir aux notions clés de la solidarité internationale telle que l’interdépendance, la réciprocité, les relations partenariales ou l’autonomisation. La séquence s’est terminée par un temps de sensibilisation sur le volontourisme.

👉 31 octobre – Conférence : « Vers des plateformes territoriales d’appui aux initiatives ESS portées par les jeunes ».

Près de cinquante personnes ont assisté à la conférence à laquelle participaient le Dr Chantal Yelu Mulop, Coordonnatrice du Service Spécialisé du Chef de l’État pour la Présidence de la République Démocratique du Congo, Sandra Kassab, Directrice du département Afrique, Agence Française de Développement, Yann Delaunay, Directeur Général de France Volontaires et Hélène Dalaplace, Project Manager, Africa Europe Youth Academy.

Inspirée de la table ronde du Forum des Jeunes Leaders de l’ESS de Yamoussoukro en décembre 2024, cette session organisée lors du GSEF Bordeaux 2025 ambitionnait de montrer les synergies concrètes entre les acteurs désireux d’accompagner l’émergence durable de l’ESS comme vecteur de développement soutenable et d’insertion des jeunes. « C’est à travers le dialogue concret avec nos partenaires que se dessinent de nouvelles approches et se développent de nouveaux dialogues avec les acteurs de la société civile », rappelait à cette occasion Sandra Kassab. Yann Delaunay a pu revenir sur la mobilisation conjointe de compétences locales et internationales dans le cadre réglementé, sécurisé et structurant du V.I.E.S, pour un engagement propice à une mise en œuvre concrète et efficace des projets sur le terrain. « Le volontariat est un instrument puissant pour répondre aux défis globaux et contribuer à l’action internationale de la France, tout comme le principe de réciprocité est fondamental pour renforcer les partenariats avec nos pays partenaires ».

À Avoutokpa, un chantier solidaire franco-togolais redonne vie à la bibliothèque du village

Le village d’Avoutokpa, dans la région Maritime, a récemment accueilli une délégation de France Volontaires Togo*: cette visite s’inscrivait dans le cadre de la valorisatio d’un projet « Jeunesse et solidarité internationale » (JSI) et « Ville, vie, vacances et solidarité internationale » (VVV-SI) porté par Apprentis d’Auteuil et le Bureau National Catholique de l’Enfance (BNCE).

Ce dernier a réuni sept jeunes Français âgés de 15 à 17 ans, accompagnés de cinq encadrants de l’établissement Saint-Benoît d’Annecy (quatre éducatrices spécialisées et une psychologue). Du côté togolais, huit jeunes du BNCE, du même âge et engagés dans la vie associative du village, ont pris part à l’expérience.

Ces deux semaines de mission interculturelle et de chantier solidaire avaient pour objectif principal la réhabilitation de la bibliothèque du village d’Avoutokpa, avec des travaux de peinture, d’aménagement et de décoration réalisés en binômes franco-togolais. Le programme incluait également des ateliers éducatifs sur la citoyenneté, la santé et la protection de l’enfance, ainsi que des échanges culturels et moments de convivialité entre les deux groupes.

Visite de la bibliothèque

Un chantier solidaire entre jeunes Français et Togolais à Avoutokpa

L’encadrement français, assuré par les professionnels de l’établissement Saint-Benoît, spécialisés dans l’accompagnement de jeunes en situation de fragilité, a permis un suivi individualisé et bienveillant. Leur formation AESI et leur expérience éducative ont garanti une approche adaptée à chaque jeune. Côté togolais, le BNCE a mobilisé quatre encadrants, dont des animateurs et le responsable local, tous expérimentés dans l’organisation de projets de mobilité internationale et d’éducation populaire.

Présentation des jeunes et de l’équipe encadrante

Avant la visite officielle, les jeunes avaient été accueillis au bureau de France Volontaires Togo pour un temps d’échange sur l’interculturalité, les opportunités de volontariat et leurs premières impressions de terrain. Cette rencontre, centrée sur le dialogue et la compréhension mutuelle, a permis de poser les bases d’une coopération harmonieuse avant le chantier.

Accueil des jeunes et de leur encadrants à l’Espace Volontariats – 24.01.25

Le programme JSI-VVV, un levier d’éducation et de coopération franco-togolaise

La visite de terrain a été marquée par les interventions du directeur exécutif du BNCE, de la chargée de coopération Société civile à l’ambassade de France, et des responsables d’équipe.
Elle a été suivie de prestations artistiques (chorégraphie, pièce de théâtre) et de la projection d’une vidéo souvenir retraçant les activités du chantier, prochainement disponible.

Echanges avec une partie de l’équipe encadrante

Pièce de théâtre

France Volontaires et le BNCE renforcent l’engagement des jeunes au Togo

Le BNCE, actif depuis 2011, œuvre pour la défense des droits de l’enfant au Togo à travers des actions éducatives et sociales.
Son partenariat avec Apprentis d’Auteuil, débuté en 2018, repose sur une co-construction pérenne et une vision partagée de l’éducation et de la solidarité. Le soutien de France Volontaires Togo et de l’Ambassade de France renforce l’ancrage local et la qualité du suivi des projets JSI-VVV sur le territoire togolais.

Le projet JSI-VVV Togo incarne la complémentarité des acteurs français et togolais et la valeur éducative du volontariat international. Il favorise le développement personnel et citoyen des jeunes, tout en contribuant à l’amélioration de l’accès à l’éducation dans le village d’Avoutokpa. Par son approche participative et interculturelle, ce projet renforce les liens de solidarité et de coopération entre la France et le Togo.

Visite des dortoirs

* La délégation était composée de Telngar Rassembeye, représentant national au Togo et au Ghana, Esso Wedeou Gnamke, chargé d’appui au développement des volontariats, et Maëva Bogard, chargée de communication et des relations partenariales, accompagnée de Cécile Blomme, chargée de coopération Société Civile à l’Ambassade de France au Togo.

Des volontaires internationaux au Forum de Paris sur la Paix

Depuis sa création en 2018, le Forum de Paris sur la Paix vise à réinventer la diplomatie dans un monde en mutation profonde. Cette nouvelle édition s’est inscrite dans un contexte particulièrement lourd : « Il n’y a jamais eu autant de conflits depuis la Seconde Guerre mondiale. Les phénomènes climatiques extrêmes… l’intelligence artificielle se développe plus rapidement que notre compréhension de celle-ci », rappelait ainsi le site officiel. L’événement entendait rassembler des acteurs divers (gouvernements, entreprises, société civile, universités…) pour débattre et proposer des solutions concrètes autour du thème « Nouvelles coalitions pour la paix, les peuples et la planète ».

Le volontariat international acteur des coalitions transversales

Plusieurs tables rondes ont mis les questions environnementales au cœur des enjeux : celle sur le « 10ème Anniversaire de l’Accord de Paris sur le Climat – Des solutions fondées sur la nature, pour restaurer les sols et les forêts » par exemple, ou encore celle sur « Les océans au carrefour des questions de biodiversité, climat et sécurité ».

Des thématiques chères à France Volontaires, dans la mesure où plusieurs programmes de volontariat international ont été mis en œuvre autour de la thématique de la reforestation, tels que Volontaires pour la Grande Muraille Verte, Volontaires pour l’Amazonie et Volontaires pour la préservation des forêts. Plusieurs volontaires et anciens volontaires étaient d’ailleurs présents sur l’événement (lire ci-dessous) pour assister aux débats et rencontrer les participants.

Regards vers demain

Ce Forum n’a pas uniquement constitué un rendez-vous de prises de parole : il a également constitué un moment charnière pour structurer l’avenir. Avec le 10ᵉ anniversaire de l’Accord de Paris célébré cette année dans le cadre de l’événement, un nouveau souffle est donné aux ambitions climatiques, en amont de la COP 30 à Belém.
Pour France Volontaires, la question est posée : comment faire en sorte que les volontaires soient réellement intégrés dans ces nouvelles coalitions comme vecteurs de transformation ? Comment concilier intervention locale sur le terrain et gouvernance mondiale ? Enfin, comment veiller à ce que le volontariat demeure un levier d’action durable, dans un contexte de remise en cause des acteurs de la solidarité internationale ?


Les volontaires et anciens volontaires présents sur l’événement autour de Jean-Noël Barrot, ministre de de l’Europe et des Affaires étrangères (4e en partant de la gauche) et Yann Delaunay, directeur de France Volontaires (dernier à droite).

Paroles de volontaires sur la paix

Alvine Taouema, volontaire de solidarité internationale auprès de France Volontaires, en mission à la Communauté d’Agglomération Seine-Eure, engagé pour la gestion durable de l’eau et l’adaptation au changement climatique.

« Participer au Forum de Paris sur la Paix 2025 a été une expérience profondément inspirante.

Ce forum m’a inspiré par sa capacité à relier les enjeux locaux aux défis mondiaux. Il m’a rappelé que chaque action compte, qu’elle soit menée sur un territoire rural, dans une collectivité, ou au sein d’un grand sommet international.

Il m’a rappelé que la paix ne se décrète pas : elle se construit, pas à pas, ensemble.

Chaque échange, chaque idée partagée, m’a confirmé que le volontariat est l’un des plus beaux moyens de relier les peuples, de bâtir la confiance et de faire vivre la solidarité au quotidien. »

Audrey Charlot, ancienne volontaire au Fonds d’équipement des Nations unies (UNCDF) et à Empow’Her, elle contribue aujourd’hui à des projets de développement et de diplomatie.

« Participer au Forum de Paris sur la Paix 2025 a été une expérience stimulante pour réfléchir au renouveau des relations internationales et à la manière de les rendre plus opérationnelles face aux défis mondiaux. Les échanges sur la sécurité, le financement du développement et la prise en compte du Sud global ont souligné la nécessité d’adapter la gouvernance mondiale à un contexte géopolitique en mutation, en privilégiant des approches plus inclusives et concertées.

Les discussions autour de l’intelligence artificielle ont également suscité espoirs et vigilances : cet outil peut aider à réduire certaines inégalités, mais risque aussi de les accentuer sans cadre éthique rigoureux ni accès équitable. Le recul d’indicateurs essentiels, tels que la mortalité infantile et maternelle, rappelle que les progrès du développement ne sont jamais acquis et appellent une action collective renforcée.

Ces échanges font écho à mes expériences de volontariat à l’UNCDF et à Empow’Her, où j’ai œuvré pour un développement plus inclusif et durable.

Le volontariat international reste, selon moi, un levier concret de diplomatie et de solidarité, reliant les peuples autour d’un objectif commun : bâtir des solutions équitables de paix et de progrès. »

Gaël Alsiret, ancien volontaire (VSI) pour la Région Sud au Costa Rica, engagé dans la coopération internationale décentralisée en faveur de la protection de l’environnement, et plus particulièrement de l’océan.

« Le Paris Peace Forum 2025 a rappelé combien la paix et la sécurité demeurent étroitement liées à l’action internationale pour le climat. À travers ses nombreuses conférences, il a également souligné l’importance d’impliquer les jeunes dans ces nouveaux enjeux — une démarche en parfaite cohérence avec les valeurs du volontariat et mon expérience sur le terrain : contribuer concrètement à la mise en œuvre des engagements internationaux pour la protection de l’océan, aussi bien au niveau local (dialogue avec les communautés costariciennes) qu’international (participation au suivi et à la préparation de la conférence UNOC3 à Nice, co-présidée par la France et le Costa Rica). »

Layla Khoudou, volontaire de solidarité internationale à l’Agence française de développement (AFD)
« Ma participation au Forum m’a permis de saisir l’importance cruciale du financement de la coopération internationale pour faire face aux crises mondiales. Agir pour les peuples et la planète en renforçant la solidarité est indispensable pour contribuer de manière réelle et durable à la paix mondiale.»

Ludovic Balogoun, volontaire de solidarité internationale au sein de la Maison des mondes africains (MansA), où j’occupe le poste de chargé de projet web.

« MansA est une institution culturelle engagée dans la promotion de la culture africaine et afro-diasporique. C’est à la fois un lieu de vie, un espace d’échanges et un média dédié aux récits africains.

Ma participation au Forum de Paris sur la Paix a été une expérience stimulante. Elle m’a permis de réaliser à quel point l’éthique, la transparence et la responsabilité, dans chaque domaine, qu’il soit culturel, technologique ou politique, sont essentielles pour façonner un futur plus juste et durable, dans un monde traversé par de profonds bouleversements.

En tant que volontaires, nous avons une responsabilité collective : celle de contribuer, par nos actions et nos engagements, à bâtir un monde plus équitable et respectueux des valeurs humaines. »

Journée du volontariat français (JVF) au Tchad : le volontariat, levier de l’action climatique pour un futur durable

La cérémonie officielle a ouvert la Journée du volontariat français 2025 à l’Espace Betna, en présence de nombreuses personnalités issues d’institutions publiques, de la société civile et du corps diplomatique.

Les allocutions successives ont mis en lumière le rôle essentiel du volontariat comme moteur d’action collective et de coopération durable.

 

M. Étienne DJEDANGOMBAYE, Directeur pays de SOS Sahel
M. Étienne DJEDANGOMBAYE, Directeur pays de SOS Sahel

M. Étienne DJEDANGOMBAYE, directeur pays de SOS Sahel, a rappelé avec force que “le volontariat, qu’il soit national ou international, représente aujourd’hui un puissant moteur de changement. Au-delà de l’acte de solidarité, il est un acte de transformation sociale, de transmission de compétences et de dialogue interculturel.”

M. Tidjani KODOU CHOUCOU, Directeur général de l’ANGMVM. Tidjani KODOU CHOUCOU, Directeur général de l’Agence Nationale de la Grande Muraille Verte du Tchad

De son côté, M. Tidjani KODOU CHOUCOU, directeur général de l’Agence Nationale de la Grande Muraille Verte du Tchad, a salué la pertinence du thème retenu cette année, soulignant que “le thème choisi est d’une grande actualité et traduit avec justesse la nécessité d’unir nos efforts pour répondre aux défis environnementaux et sociaux qui menacent notre planète.”

M. Éric GÉRARD, Ambassadeur de France au Tchad
M. Éric GÉRARD, Ambassadeur de France au Tchad

Pour conclure cette séquence d’ouverture, M. Éric GÉRARD, Ambassadeur de France au Tchad, s’exprimant également au nom de France Volontaires, a résumé l’esprit de cette journée autour de trois mots-clés : “engagement, solidarité et volontariat“, rappelant que ces valeurs communes sont au cœur de la coopération entre la France et le Tchad.

Des intermèdes culturels autour du thème ont ponctué la matinée.

Des témoignages inspirants au cœur de l’engagement

La matinée s’est poursuivie avec un panel de témoignages inspirants, réunissant trois volontaires, tchadiens et français, dont les parcours illustrent la richesse et la diversité du Volontariat International d’Échange et de Solidarité (VIES).

  • Emmanuel DE BOURMONT, volontaire de solidarité internationale (VSI) envoyé par la Délégation Catholique pour la Coopération (DCC), a partagé son expérience à Mongo, où il accompagne les activités du Vicariat Apostolique dans des projets éducatifs et de développement local. Son témoignage a mis en avant la dimension profondément humaine du volontariat, vécue comme un engagement concret au service des autres et des apprentissages mutuels.
  • Maskombé MOGRINGAR, ancien volontaire national dans le cadre du programme “Volontaires pour la Grande Muraille Verte (V-GMV), a raconté son expérience à Ati, auprès de l’ONG Moustagbal, à travers des actions de reboisement et de sensibilisation à la gestion durable des ressources naturelles.
  • Enfin, Innocent NADJIKONG, VSI tchadien parti en mission au Sénégal dans le cadre du même programme, envoyé par le Service de Coopération et Développement (SCD) en tant que chargé de suivi, évaluation et capitalisation, a témoigné de la richesse des échanges interculturels et de la portée du volontariat dans la coopération Sud-Sud.

TEMOIGNAGE DE VOLONTAIRES - JVF 2025 TCHAD

Emmanuel DE BOURMONT, Maskombé MOGRINGAR et Innocent NADJIKONG ; témoignages de volontaires

Les enfants de l’association Espaces Verts du Sahel ont également captivé le public avec une présentation sur les enjeux de la protection de l’environnement, saluée par l’ensemble des participants.

Nadine MANSEI
Nadine MANSEI, maitre de cérémonie et ancienne VSI en France

Animé par Nadine MANSEI, ancienne volontaire tchadienne de réciprocité en France et maitre de la cérémonie, le panel des volontaires a permis de mettre en lumière des parcours d’engagement diversifiés : de l’éducation à la santé, en passant par la culture et l’environnement.
À travers leurs récits, ces jeunes ont rappelé que le volontariat est un espace d’apprentissage, d’ouverture et d’action concrète pour un monde plus solidaire et durable.

Un village associatif dynamique et participatif

Après la cérémonie, les participants ont découvert un village associatif* riche et animé, réunissant des structures partenaires, des membres de l’équipe France, des organisations de la société civile, ainsi que des structures d’accueil de volontaires.
Ce cadre convivial a permis au grand public d’échanger directement avec les acteurs engagés dans la protection de l’environnement, la solidarité internationale et le développement durable.

En plus des stands, plusieurs activités interactives ont ponctué la journée : expositions artistiques et photographiques, un photocall dédié au volontariat, un espace casque de réalité virtuelle permettant une immersion dans des missions sur le terrain, ainsi qu’un quiz sur le volontariat et les Objectifs de Développement Durable (ODD).

Une ambiance dynamique, rythmée par des moments de partage et de découverte, fidèle à l’esprit du volontariat !

*Campus France, Agence Française de Développement, Institut Français du Tchad, Centre d’Apprentissage de la Langue Française, Agence Nationale de la Grande Muraille Verte, Programme des Volontaires des Nations Unies, SOS Sahel, Espaces Verts du Sahel, ONG Moustagbal, ONG Chora, Promosol, Guera Touristique, ESSOR, Fondation CST RSE, AJEPE, Youth Volonteers Chad, RJPE, Scouts du Tchad, Future Team, Better Life Youth Association, Kdi DREAM.

Le volontariat au service de la transition écologique

Le thème de cette année trouve tout son sens dans un contexte marqué par les effets du changement climatique et les défis environnementaux auxquels le Tchad fait face.
Le volontariat apparaît comme un véritable levier d’action collective, favorisant la sensibilisation, la transmission de savoirs écologiques et la mise en œuvre de projets concrets en faveur du développement durable.

La JVF 2025 a aussi permis de revenir sur les résultats du programme Volontaires pour la Grande Muraille Verte“, une initiative majeure coordonnée par France Volontaires, qui a mobilisé 61 volontaires de 9 nationalités différentes à travers cinq pays : le Tchad, le Sénégal, la Mauritanie, le Djibouti et la France.
Cette première phase, clôturée en février 2025, a démontré la contribution essentielle du volontariat à la restauration des terres et à la résilience des communautés rurales.

La JVF 2025 a ainsi constitué une étape clé pour valoriser ces réalisations et annoncer la volonté de lancer une seconde phase du programme dès 2026, en lien avec les institutions partenaires.

Un message d’unité et d’avenir

La JVF 2025 s’est clôturée dans une atmosphère conviviale et inspirante, symbole d’un partenariat fort entre la France et le Tchad.
Les échanges entre acteurs institutionnels, associatifs et volontaires ont ouvert de nouvelles perspectives de coopération, notamment dans le cadre de l’Année Internationale du Volontariat 2026, proclamée par les Nations Unies.

Cette journée a rappelé avec force que le volontariat, sous toutes ses formes, constitue un moteur essentiel du développement durable et de la solidarité internationale.

Remerciements

France Volontaires Tchad adresse ses sincères remerciements à tous les partenaires, volontaires, institutions et organisations qui ont contribué à la réussite de cette édition 2025 de la JVF.
Ensemble, faisons du volontariat un levier pour un avenir plus vert !

Lien vers la vidéo de la journée 

« Il faut mieux préparer les structures à accueillir les volontaires »

Pourquoi La Guilde a-t-elle souhaité mener cette étude ?

Nous avons constaté qu’il existait beaucoup de travaux sur l’impact du volontariat pour les volontaires eux-mêmes, mais très peu sur ce que les volontaires apportent réellement aux organisations qui les accueillent. L’objectif était donc de mieux comprendre ces effets, positifs comme négatifs, et d’identifier les conditions d’un volontariat porteur de transformations locales. Il s’agissait aussi de renforcer notre cadre qualité et de limiter les risques d’impacts non souhaités, en affinant nos pratiques d’accompagnement.

Quelle méthodologie avez-vous utilisée ?

L’étude a été confiée à un trio de consultantes externes et repose principalement sur une approche qualitative. Nous avons réalisé 99 entretiens individuels et collectifs, ainsi qu’une enquête auprès de 250 partenaires. Deux missions de terrain ont également eu lieu à Madagascar et en Tunisie.
Nous avons veillé à croiser les profils : nouveaux partenaires, structures anciennes, organisations accueillant peu ou beaucoup de volontaires. Cela nous a permis d’obtenir une vision fine des réalités du terrain et des effets du volontariat selon les contextes.

 

Le volontariat n’a pas un impact uniforme : chaque levier peut avoir un effet positif ou négatif selon la préparation des acteurs.

 

Quels enseignements principaux en tirez-vous ?

Le premier enseignement, c’est que le volontariat n’a pas un impact uniforme : chaque levier peut avoir un effet positif ou négatif selon la préparation des acteurs. Un volontaire peut renforcer la capacité d’action d’une structure… ou, à l’inverse, déséquilibrer une équipe si les conditions d’accueil ne sont pas réunies.
Nous avons aussi constaté un besoin fort de mieux préparer les structures à accueillir. Accueillir un volontaire, c’est du temps, de l’intégration, de la formation. Cela suppose d’impliquer pleinement les équipes locales dans la définition des missions, le recrutement, le suivi et l’évaluation. Quand tout le monde est associé, les effets positifs sont beaucoup plus durables.

En quoi les volontaires contribuent-ils à la visibilité des organisations partenaires ?

Les volontaires jouent souvent un rôle de relais : ils valorisent les activités, animent les réseaux sociaux, participent à des événements. Cela peut accroître la notoriété de l’organisation, parfois au-delà du pays d’accueil, et attirer de nouveaux partenaires ou bailleurs.
Mais là encore, tout dépend de la posture du volontaire. Si son comportement est inadapté au contexte local, cela peut au contraire nuire à l’image de la structure. La visibilité doit donc être accompagnée, réfléchie et partagée.

 

Une mission de volontariat doit répondre à un besoin précis et viser la transmission de compétences, pas le remplacement durable d’un poste.

Quelles recommandations vous semblent prioritaires pour renforcer les partenariats et la réciprocité ?

D’abord, impliquer les équipes locales à chaque étape du processus : conception des missions, choix des volontaires, suivi et bilan. Ensuite, inscrire le volontariat dans une stratégie de moyen terme. Une mission de volontariat doit répondre à un besoin précis et viser la transmission de compétences, pas le remplacement durable d’un poste.
Enfin, nous insistons sur la réciprocité. Les échanges ne doivent pas aller dans un seul sens : la possibilité pour des pays partenaires de venir en mission en France est essentielle. C’est un gage d’équilibre et de cohérence dans les coopérations. Nous regrettons que les dispositifs de réciprocité connaissent aujourd’hui un ralentissement. C’est un véritable contresens par rapport à la dynamique engagée ces dernières années. Réduire ces échanges, c’est envoyer un mauvais signal aux partenaires du Sud et fragiliser des coopérations construites sur la confiance.
La réciprocité a certes un coût, mais elle est essentielle pour penser le volontariat sur le long terme. C’est un investissement pour l’avenir des partenariats et pour une coopération plus juste.

Comment La Guilde compte-t-elle prolonger ce travail d’analyse ?

Nous n’avons pas prévu à court terme de nouvelle étude aussi complète, car cela demande des moyens importants. En revanche, nous intégrons progressivement les recommandations dans nos pratiques : mise en place d’un bilan de fin de mission rempli par les tuteurs, rencontres systématiques entre volontaires et équipes locales au démarrage, et suivi plus attentif de la cohérence des missions dans le temps.
Nous mettons aussi fin à certains partenariats lorsque les mêmes postes de volontaires sont reconduits sans évolution, afin de rester fidèles à l’esprit du volontariat. Cette exigence devient d’autant plus importante dans un contexte où les ressources sont limitées.

 

  Yasmine Laveille, responsable du pôle volontariat à La Guilde. 

 

Photo de couverture : La Fondation Atasim, en Equateur, va bientôt recevoir des volontaires du programme V-Amazonie par l’intermédiaire de la Guilde.