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05 juin. 26
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Au cœur de la Caraïbe, des volontaires engagés pour rapprocher les territoires

Les 1er et 2 juin derniers s’est tenue la première rencontre des volontaires et des partenaires des Antilles et de la Guyane à l’Hôtel de l’assemblée de la Collectivité Territoriale de Martinique à Fort-de-France. Au-delà des échanges qu’il a permis, ce rendez-vous revêt une portée symbolique forte : il témoigne de la volonté commune de renforcer la coopération régionale et interrégionale.

Depuis leur déploiement aux Antilles-Guyane, les dispositifs de Volontariat international d’échange et de solidarité (V.I.E.S) ont été mobilisés par près de quinze collectivités de la région. Les volontaires ont ainsi été accueillis ou déployés dans une vingtaine de pays et territoires de la Caraïbe, d’Amérique latine et d’Afrique de l’Ouest.

Cette dynamique est en constante progression, portée par une forte demande des partenaires désireux d’accueillir davantage de volontaires ou d’en envoyer sur le terrain. Comme l’a souligné Yann Delaunay, directeur général de France Volontaires, lors de son allocution d’ouverture, cet engouement témoigne à la fois de la « pertinence des dispositifs et du bon déroulement des missions mises en œuvre ».

Au-delà des chiffres, ces programmes contribuent à former une génération de jeunes engagés qui se rencontrent, apprennent les uns des autres et construisent ensemble une Caraïbe plus forte, plus durable et plus résiliente.

Le volontariat international, un outil de coopération pour les collectivités des Antilles et de la Guyane

Les représentants des collectivités présents pour l’occasion n’avaient plus à être convaincus de la pertinence du V.I.E.S. Au fil de leurs interventions, ils ont partagé avec enthousiasme et conviction une vision commune de ces dispositifs aux bénéfices multiples. Ainsi, tour à tour, ils ont rappelé que le volontariat constitue un outil aux multiples facettes.

Pour Eddy Chateaubon, élu délégué à la jeunesse de la Région Guadeloupe, le volontariat international « représente un levier essentiel pour l’émancipation et l’insertion des jeunes. Il favorise à la fois leur mobilité, leur émancipation et le développement de leurs compétences ». Des compétences qui se construisent bien souvent dans des secteurs stratégiques pour le développement et la résilience du bassin caribéen, tels que l’adaptation au changement climatique ou le renforcement de la coopération entre les îles.

Au-delà des parcours individuels, Patricia Telle, élue déléguée à la coopération de la Collectivité Territoriale de Martinique (CTM), a souligné l’apport du volontariat dans la stratégie de diplomatie territoriale portée par sa collectivité. En effet, le volontariat contribue à renforcer les liens entre les territoires, à stimuler la coopération régionale et à favoriser le rapprochement entre les peuples à travers les missions confiées aux volontaires. « Chaque volontaire devient ainsi un véritable ambassadeur de son territoire et un acteur du rapprochement régional » a-t-elle insisté. À travers ces missions, les collectivités renforcent leurs liens avec leurs partenaires et contribuent à faire émerger une coopération régionale plus concrète et plus dynamique.

Albéric Bent, maire de la commune de Mana, a notamment insisté sur la dimension profondément transformatrice du volontariat, qu’il considère comme un véritable outil de changement des parcours de vie. Selon lui, ces expériences permettent aux territoires d’acquérir « une autre vision du monde » et aux volontaires de revenir transformés, « différents une fois rentrés à la maison ». Une évolution personnelle qui bénéficie également aux territoires, grâce aux compétences, aux expériences et à l’ouverture acquises au cours de la mission.

Des propos qui entrent en résonance avec ceux d’Emmanuel Fèvre, sous-préfet délégué à la cohésion sociale, qui a résumé avec justesse l’esprit de ces dispositifs en qualifiant le volontariat « d’expérience que l’on aurait aimé vivre ». Une formule qui illustre parfaitement la richesse humaine, professionnelle et citoyenne de ces parcours d’engagement.

Comment les collectivités territoriales utilisent le volontariat pour renforcer les liens dans la Caraïbe

Au cours de différentes tables rondes, les partenaires régionaux ont également partagé leur vision du volontariat et les bénéfices qu’ils en retirent. Parmi eux figuraient notamment l’Organisation des États de la Caraïbe orientale (OECO), représentée par Zena Jules, ainsi que l’Association des États de la Caraïbe (AEC), représentée pour l’occasion par Joshua Miller. Tous ont souligné l’apport opérationnel des volontaires au sein de leurs organisations, mais également la richesse culturelle et l’ouverture vers les Antilles françaises que leur présence favorise. Au-delà du soutien opérationnel apporté aux projets, les volontaires contribuent ainsi au rapprochement entre des territoires aux statuts juridiques différents et au renforcement des liens régionaux. Une façon de tordre le cou à l’idée d’une barrière linguistique trop souvent brandie  comme frein à l’action.

Les échanges se sont poursuivis à travers plusieurs tables rondes thématiques réunissant élus, puis techniciens au cœur des dispositifs de V.I.E.S. Les élus ont notamment débattu de la manière dont le volontariat peut contribuer à la mise en œuvre des politiques publiques territoriales, tandis que les techniciens ont partagé leurs conclusions sur l’impact concret V.I.E.S sur les projets de coopération des territoires.

Des parcours de volontariat international au service du développement des territoires

Ces réflexions ont trouvé un écho particulier dans les témoignages des volontaires présents ou connectés à distance, comme Jamerly, ancienne volontaire au Bénin aujourd’hui de retour en Guyane. « Quand je suis revenue j’étais tellement fière de partager cette expérience », a-t-elle ainsi expliqué.

Lesley Anne, actuellement en mission en République dominicaine ou encore Meredith, ancienne volontaire à Sainte-Lucie désormais recrutée par sa structure d’accueil, ont également partagé leurs expériences. À leurs côtés, les interventions d’Amaelle depuis la Jamaïque, de Thallya et Endy en visioconférence depuis l’Equateur, ainsi que le témoignage de Nicodème, ancien volontaire béninois accueilli en Guadeloupe, ont illustré la diversité des missions, des parcours et des profils.

Enfin, cette première journée a pris fin après deux ateliers de partage de bonnes pratiques, permettant aux structures d’accueil, collectivités et partenaires de mieux appréhender les spécificités des différents dispositifs de volontariat. Des temps d’échange où les acteurs présents ont également eu l’occasion de réfléchir à l’enjeu d’élaboration de projets de missions en phase avec des besoins clairement identifiés, énoncés et en adéquation avec les objectifs de montée en compétence des candidats visés.

Renforcer la coopération régionale grâce aux rencontres entre volontaires caribéens

Parallèlement aux échanges institutionnels, ces deux journées ont permis de créer ou de renforcer des liens entre des jeunes engagés aux quatre coins de la Caraïbe et au-delà. Originaires de Guyane, de Guadeloupe, de Martinique, mais aussi du Mexique, de Colombie, du Bénin, d’Equateur, de Jamaïque, du Cameroun, de Sainte-Lucie ou encore de Grenade, les volontaires participant en présentiel, ont partagé leurs expériences et découvert la diversité des parcours de leurs camarades volontaires. La deuxième journée, entièrement consacrée aux volontaires, a alterné ateliers collaboratifs, temps d’échange et moments de cohésion, notamment autour d’un repas partagé. Une occasion pour les participants de renforcer les liens créés durant le séminaire et de poursuivre les discussions dans un cadre plus informel.

Pour certains, l’événement a même pris des allures de retrouvailles. Ce fut le cas de Raphaëlle, originaire de Guadeloupe et actuellement en mission à Sainte-Lucie, et de Jamerly, originaire de Guyane, qui s’étaient rencontrées lors de leur mission au Bénin et se retrouvaient ainsi deux ans plus tard, à l’occasion de cette rencontre régionale. D’autres, comme Tanya originaire de Grenade, volontaire de solidarité internationale (VSI) en Martinique, Devrick, un jeune guadeloupéen en Service Civique international à Sainte-Lucie ou Damiens et Florence deux VSI de Guadeloupe, ont pu renouer avec leurs homologues volontaires rencontrés lors de leur formation de préparation au départ en mission.

Au terme de ces deux journées, une conviction s’est imposée : le volontariat est bien plus qu’un dispositif de mobilité. Il constitue un véritable levier de coopération, de développement des compétences et de rapprochement entre les territoires, porté par une jeunesse engagée au service de la Caraïbe de demain. Une jeunesse qui se rencontre, apprend à se connaître, tisse du lien, parfois même de véritables amitiés, au-delà des frontières et des différences culturelles.

Quelques témoignages de volontaires

Pour Jared, cette rencontre a pleinement rempli son objectif : « C’était un véritable plaisir de participer à cette rencontre annuelle des volontaires et des partenaires de France Volontaires. Voir tous les volontaires de la région réunis pour cette occasion d’échanger et de partager d’expériences m’a rendu très heureux, notamment en découvrant les missions et les projets portés par chacun d’entre nous […].

Cette rencontre a également été l’occasion de parler ouvertement de nos problématiques et de nos préoccupations avec France Volontaires et ses partenaires. Se sentir écouté et soutenu est essentiel pour garantir le bon déroulement d’une mission à l’étranger. […] Je garde de très beaux souvenirs de cette rencontre et j’ai hâte de retrouver mes camarades lors d’un prochain événement. »

Damiens Nicolas, lors de sa mission de solidarité internationale au sein de l’AEC.

Damiens, mobilisé à Trinidad au sein de l’Association des États de la Caraïbes (AEC), a particulièrement apprécié les échanges avec les représentants institutionnels. Ceux-ci lui ont permis de mieux comprendre la place du volontariat dans les stratégies de coopération portées par les collectivités et de mesurer la valeur ajoutée des dispositifs de France Volontaires. Il retient également l’importance du réseau constitué entre volontaires : “Côté cohésion de cohorte, retrouver des gens avec qui on a été, c’est important. Après un volontariat, c’est souvent le réseau qui permet de rebondir et de créer de nouvelles opportunités. » Une dynamique qui, selon lui, permet aux volontaires de prendre conscience qu’ils intègrent dès leur mission une communauté d’acteurs engagés dans les enjeux de coopération régionale.  Il a aussi souligné l’intérêt des ateliers consacrés à la communication, qui ont permis de  “réfléchir à des formats plus adaptés aux différentes générations concernées par le volontariat”.

Pour finir, Lesley Anne a, pour sa part, souligné l’importance de ce type de rencontres pour les volontaires : « On est content de voir que ce que l’on fait a de l’importance ». Elle a particulièrement apprécié de découvrir l’ampleur des actions menées par France Volontaires et de mieux comprendre le rôle joué par l’organisation dans l’accompagnement des missions. Si elle souhaite que cette rencontre puisse être reconduite chaque année, elle aimerait également voir une place encore plus importante accordée à la parole des volontaires. « Peut-être qu’à l’avenir une table ronde dédiée aux volontaires pourrait être organisée afin que nous puissions échanger davantage sur nos expériences. Si cela avait duré une semaine, cela aurait été encore mieux ! » Une proposition qui témoigne de l’intérêt suscité par ces temps d’échange et du besoin de renforcer les espaces de dialogue entre volontaires de la région.