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Actualités
20 avr. 26
A l’international
France

À Montpellier, une agora citoyenne appelle les jeunes à l’engagement

Au Centre Rabelais, à Montpellier, une agora citoyenne a réuni élus, acteurs de la coopération et volontaires autour du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot. Entre inquiétudes géopolitiques, débat sur l’aide publique au développement et mise en avant de l’engagement des jeunes, les échanges ont donné lieu à d’intéressants débats.

L’amphithéâtre du Centre Rabelais a affiché complet, le vendredi 17 avril dernier, où s’est déroulée une agora citoyenne en présence du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot.

En ouverture, le maire de Montpellier, Michaël Delafosse, a rappelé les rencontres menées par le ministre tout au long de la journée avec « chefs d’entreprises, étudiants et lycéens, scientifiques ». Une séquence conclue par la signature d’une Charte de Montpellier pour une coopération internationale « plus inclusive, horizontale, impactante et durable », portée localement par plusieurs acteurs dont Occitanie Coopération, le réseau régional multi-acteurs de la région.

Prenant la parole, le ministre a dressé le constat d’un « monde (qui) se brutalise », évoquant tour à tour la guerre en Ukraine, le retour des tensions commerciales et les fragilités démocratiques en Europe. Dans ce contexte, il a estimé que l’indépendance de la France était mise à l’épreuve, mais a appelé chacun à « s’engager ».

L’aide publique au développement en débat

Les échanges avec la salle ont rapidement fait émerger les tensions autour de l’aide publique au développement (APD). Après une intervention du Centre d’actions et de réalisations internationales (CARI), une association de solidarité internationale qui lutte contre la désertification, une participante a interpellé le ministre sur les conséquences concrètes de la baisse de l’APD, évoquant pertes de savoir-faire et licenciements. « Il faut que la baisse de l’APD s’arrête et que les financements reprennent » a assuré le ministre. Pour y parvenir, il a appelé à « relever un double défi, à savoir le défi budgétaire et faire cesser les attaque envers ce dispositif ».

Serge Tchanka (Service Civique béninois), Djamila Graidi (ancienne Service Civique international au Maroc), et Julie Barbe de la Mission locale de Montpellier.

Autre préoccupation exprimée : l’inquiétude des jeunes face aux évolutions du monde. Le ministre a alors mis en avant le succès de la première édition de la Fabrique de la diplomatie, qui a réuni près de 20 000 participants en septembre 2025 à Paris, annonçant une deuxième édition en septembre prochain. Il a insisté sur « le rôle des jeunes dans le développement d’une culture de paix ».

Développer une culture de l’engagement chez les jeunes

Dans ce contexte, France Volontaires a pris la parole pour valoriser le volontariat international d’échange et de solidarité (V.I.E.S), soulignant « la présence discrète mais palpable des volontaires qui incarnent une vraie culture de l’engagement ». Ont été cités les volontaires mobilisés par le CARI dans le cadre de la Grande Muraille Verte ou encore ceux engagés lors de la Conférence des Nations unies sur les océans (UNOC).

Deux volontaires présents dans la salle ont ensuite témoigné : Djamila Graidi, envoyée par la Mission locale de Montpellier avec l’appui d’Occitanie coopération en mission de Service Civique à l’international au Maroc autour de la francophonie, et Serge Tchanka, volontaire béninois accueilli à la Mission Locale de Montpellier sur des actions liées à l’accueil des réfugiés. Le ministre leur a directement donné la parole pour présenter leurs missions.

En conclusion, Michaël Delafosse a rappelé « l’importance de l’accueil » et « l’engagement d’une jeunesse pour promouvoir une culture de paix », établissant un parallèle avec la réconciliation franco-allemande d’après-guerre. Le ministre a, lui aussi, insisté sur cette exigence d’engagement, soulignant que les volontaires y contribuent « à leur échelle ».

En marge de l’événement, la question de la participation de l’appel à manifestation d’intérêt (AMI) pour le programme Territoires Volontaires a été évoquée. Si certaines collectivités de la région Occitanie hésitent encore, d’autres, comme Auzeville (31) ou Lunel (30), envisagent de s’y engager, dans le sillage de la communauté d’agglomération SICOVAL, dans la banlieue de Toulouse, lauréate du cinquième AMI.