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Paris-N’Djamena : le volontariat au cœur de la coopération entre les deux capitales

Le dimanche 26 octobre dernier, Anne Hidalgo, accompagnée de la délégation de la Mairie de Paris, a échangé avec l’équipe de France Volontaires et neuf volontaires engagés dans différents programmes. Cette rencontre s’inscrivait dans le cadre du pacte d’amitié signé entre Paris et N’Djamena, illustrant la volonté commune des deux capitales de renforcer leurs liens par des initiatives concrètes et humaines.

Autour d’un temps convivial, les échanges ont permis d’aborder la place du volontariat dans la coopération décentralisée et la manière dont il favorise la mise en relation de différents acteurs.

Des parcours de volontariat variés et inspirants

Les neuf volontaires présents ont partagés leurs expériences et leurs motivations, témoignant de la richesse des parcours et de la diversité des engagements. Certains Tchadiens partis en mission au Sénégal, d’autres Français ou Italiens actuellement en mission au Tchad, ou encore des Tchadiens partis en mission en France. Des volontaires nationaux étaient également présents, illustrant la dynamique locale d’engagement.

À travers leurs récits, ils ont mis en lumière la valeur humaine et professionnalisante du volontariat, mais aussi son impact concret dans les domaines essentiels tels que l’éducation, la santé, l’environnement ou encore la culture.

Echange entre des volontaires de France Volontaires et Mme Hidalgo

Le volontariat comme levier de partenariat

France Volontaires a rappelé que le volontariat constitue un levier essentiel pour l’atteinte des Objectifs de développement durable (ODD), notamment l’ODD 17 consacré aux partenariats.

C’est d’ailleurs dans ce cadre qu’une rencontre entre Anne Hidalgo et France Volontaires avait eu lieu à New-York, en marge du Forum politique de haut niveau (HLPF). L’équipe de France Volontaires a salué la continuité de cet échange et remercié la maire de Paris pour sa disponibilité et son écoute.

Deux programmes emblématiques ont été présentés :

  • Territoires Volontaires (TeVo), qui renforce les coopérations décentralisées à travers des missions de volontariat, notamment dans le cadre du jumelage Moundou-Poitiers (Témoignage de Tchailga, VSI en mission) ;
  • Le programme “Volontaires pour la Grande Muraille verte”, qui mobilise des volontaires en faveur de la restauration des terres et la résilience environnementale.

Des perspectives partagées

Les échanges ont également permis d’envisager de nouvelles pistes de collaboration entre Paris et N’Djamena, dans la continuité du Pacte d’amitié et de coopération entre les deux capitales. Les participants ont exprimé leur souhait de renforcer les synergies entre les acteurs locaux, les collectivités et les dispositifs de volontariat, notamment autour de thématiques urbaines et environnementales. Ces réflexions viendront nourrir les échanges à venir entre les deux municipalités et leurs partenaires.

Cette rencontre a été saluée par tous comme un moment fort et inspirant. Les volontaires ont apprécié cette occasion d’échanger directement avec la maire de Paris et son équipe, et de témoigner de leurs expériences au service du développement et de la solidarité.

Au-delà des discussions, cette rencontre illustre la force du volontariat comme vecteur de coopération, de lien social et d’ouverture au montre, entre Paris, N’Djamena et bien plus.

Echange entre des volontaires de France Volontaires et Mme Hidalgo

Volontariat et coopération territoriale : France Volontaires à la rencontre de ses partenaires togolais

Menée en marge de la Journée du volontariat français en collaboration avec l’équipe locale, cette visite s’inscrit dans une dynamique de renforcement des synergies entre acteurs du volontariat et de la coopération décentralisée. L’objectif : consolider les partenariats existants, valoriser les programmes en cours et identifier de nouvelles opportunités d’engagement entre territoires togolais, français et africains. Atanaska Guillaudeau, directrice adjointe Programmes et Territoires au siège de France Volontaires, Karim Doubia, représentant Afrique de l’Ouest et Telngar Rassembye, représentant du Togo et du Ghana, étaient présents pour coordonner cet événement.

Consolider la coopération bilatérale et territoriale entre la France et le Togo

Ambassade de France au Togo

La délégation a échangé avec Augustin Favereau, ambassadeur de France au Togo, ainsi qu’avec Lionel Vignacq, COCAC et Directeur de l’Institut français du Togo. Ces entretiens ont permis de faire le point sur les programmes TeVo et DENVA, d’aborder les enjeux du volontariat de réciprocité et la sécurité des volontaires, et de réaffirmer la place du volontariat comme vecteur du dialogue entre la France et le Togo.

 

Agence française de développement (AFD)

La rencontre avec Benjamin Neumann, Directeur de l’AFD, a ouvert des perspectives de collaboration renforcée entre les deux institutions. Les échanges ont porté sur l’intégration du volontariat dans les projets soutenus par l’AFD, en cohérence avec ses priorités au Togo et dans la sous-région. L’objectif partagé : mobiliser les dispositifs de France Volontaires pour contribuer à la mise en œuvre des initiatives de développement et encourager la participation citoyenne des jeunes.

 

Ministère de l’Aménagement du territoire, de l’Urbanisme et de l’Habitat

Lors de la visite de courtoisie auprès du ministre Hahodabalo Hawaté, la délégation a présenté les résultats des rencontres menées avec les acteurs du volontariat et de la coopération décentralisée. Les discussions ont mis en avant la convergence entre les programmes TeVo et DENVA et la stratégie nationale de développement local durable.

 

 

Rencontres avec les acteurs togolais du volontariat et de la décentralisation

 

ANVT – Agence nationale du volontariat au Togo

Avec Dr Omar Agbangba et son équipe, les échanges ont porté sur la décentralisation, les mobilités Sud–Sud et la formation sur le volontariat en lien avec l’Université de Kara. La coopération dans le cadre du programme DENVA a également été approfondie, avec un accent sur le renforcement des capacités des agences africaines de volontariat.

 

 

Agence nationale de formation des collectivités territoriales (ANFCT)

La rencontre avec Dodzi Denyo, Directeur de l’ANFCT, a permis d’identifier de nouvelles pistes de collaboration entre collectivités togolaises et françaises. Dès 2026, un Volontaire de Solidarité Internationale sera accueilli avec le soutien du Fond Equipe France, pour appuyer le développement des compétences locales et la mobilisation des territoires.

 

Faîtière des Communes du Togo (FCT)

Les discussions avec la FCT, en présence d’Expertise France, ont souligné son rôle central dans la coordination des 117 communes du pays. Avec le soutien du Fonds Équipe France, un VSI rejoindra prochainement la structure pour appuyer le plaidoyer, la collecte de données sur la coopération décentralisée et la valorisation des initiatives communales à l’international.

 

Rencontres associatives : valoriser les dynamiques locales

 

ONG PADIE

France Volontaires a échangé avec l’équipe de PADIE, partenaire de longue date et structure d’accueil de VSI et de volontaires nationaux. Les discussions ont porté sur les projets liés à l’eau, l’assainissement et l’environnement, ainsi que sur la promotion du volontariat de réciprocité entre territoires. Le partenariat PADIE – DCC a été rappelé, positionnant PADIE comme référent local pour le volontariat et acteur clé de la coopération décentralisée.

 

ONG Anim Solidaire

La délégation a pris part à une journée culturelle organisée par Anim Solidaire au centre Viégnénou, à Badja. Ce moment de partage avec les bénévoles togolais et français a illustré la force du volontariat dans la construction de liens interculturels et dans l’action collective en faveur du développement local.

 

Valorisation des programmes et perspectives

 

Programme DENVA

Une séance de travail avec Edjaré Ali, coordinateur du programme, a permis d’évaluer les avancées du DENVA et d’identifier les priorités de la prochaine phase. L’accent est mis sur le renforcement de l’impact territorial, la gouvernance locale et la coopération régionale.

 

 

Lauréats du programme V-Francophonie

La mission s’est clôturée par une rencontre avec les lauréats togolais du programme V-Francophonie. Leurs témoignages ont mis en lumière la richesse des expériences de volontariat et leur contribution à l’innovation sociale, à la jeunesse et à la vitalité francophone.

Cette mission au Togo s’inscrit dans la continuité des actions de France Volontaires pour soutenir les acteurs du volontariat en Afrique de l’Ouest, encourager la mobilité des jeunes et consolider la coopération décentralisée. Elle illustre une volonté commune : faire du volontariat un moteur de développement partagé, fondé sur la réciprocité, la confiance et l’engagement mutuel des territoires.

« Au Cœur du Volontariat » : des voix engagées pour un monde solidaire

Disponible depuis le 1er octobre sur toutes les plateformes d’écoute, la série « Au Cœur du Volontariat » invite à un voyage sonore au sein de la solidarité internationale. À travers neuf épisodes thématiques, ce projet collectif porté par la FRANF, France Volontaires et Lianes Coopération, explore toutes les facettes de l’engagement : du premier départ à la valorisation du retour, de la réciprocité aux dérives du volontourisme.

Podcast sur le volontariat international : donner la parole à toutes les formes d’engagement

La série donne à entendre une pluralité de voix : volontaires, associations, institutions et experts. On y croise par exemple Philippe Stalin, engagé comme « volontaire du progrès » dès les années 1980, Hugo Boulier, volontaire de solidarité internationale à Oujda, Claire, volontaire dans le cadre du Corps européen de solidarité mais aussi des représentants de maisons des jeunes et de la culture (MJC), d’instituts médico-éducatifs (IME) ou de la plateforme Ready to Move, le réseau régional qui accompagne les jeunes et les professionnels dans les projets de mobilité.

Les épisodes abordent la diversité du volontariat – jeunesse, adultes, volontariat de réciprocité, expertise ou collectif – et les valeurs communes qui les relient : engagement citoyen, ouverture interculturelle, apprentissage et coopération.

L’artiste HK, connu pour ses chansons militantes, prête à la fois sa voix et sa musique à l’un des épisodes. Il y évoque son expérience avec Service Civil International, un mouvement qui fait la promotion de la paix par le biais de projets de volontariat à court et à long terme, illustrant ainsi la force du lien entre culture et engagement solidaire.

Un projet collectif au service du volontariat en Hauts-de-France
Au-delà de la production sonore, « Au Cœur du Volontariat » incarne la dynamique territoriale du volontariat international. Conçu dans les Hauts-de-France, le projet a mobilisé de nombreux partenaires dans la région : associations comme Dina Mada, Seed, ou Le Partenariat, établissements scolaires, radios locales et acteurs institutionnels.

La série sera présentée lors du forum Cap sur le Monde, organisé le 17 octobre par le conseil régional des Hauts-de-France, un temps fort de la mobilité internationale et de la jeunesse.

Écouter, comprendre et s’engager dans le volontariat international

Entre témoignages et éclairages pédagogiques, « Au Cœur du Volontariat » s’adresse autant aux curieux qu’à ceux qui envisagent un engagement à l’étranger ou en France. Chaque épisode, d’une vingtaine de minutes, permet d’explorer un angle : préparer son départ, intégrer le volontariat dans son parcours professionnel, ou encore éviter les écueils du volontourisme.

Avec plus de 180 minutes d’écoute, cette série s’impose comme une porte d’entrée accessible et vivante vers les multiples voix du volontariat international.

« Au cœur du volontariat », demandez le programme


Les neuf épisodes du podcast « Au Cœur du Volontariat, des voix engagées pour un monde solidaire » sont disponibles sur toutes les plateformes ou via ce lien.

  1. C’est quoi le volontariat ?
  2. Le volontariat c’est pour tous les jeunes !
  3. Le Volontariat c’est aussi pour les adultes !
  4. Volontariat entrant, volontariat de réciprocité
  5. Le volontariat : un levier du développement personnel socio-professionnel et citoyen
  6. Zoom sur le dispositif JSI-VVVSI, volontariat en collectif
  7. Se préparer au départ dans une mission de volontariat, une étape importante
  8. Comment intégrer son volontariat dans son parcours et le valoriser ?
  9. Vigilance : le volontourisme, le sauveur blanc

Volontariat international et économie sociale et solidaire (ESS) : un engagement commun pour une société plus juste

L’économie sociale et solidaire (ESS) n’est pas qu’un concept : à travers leurs missions, nombre de volontaires internationaux contribuent déjà à cette dynamique, souvent sans le savoir. C’est ce que révèle le questionnaire conduit au printemps 2025 par France Volontaires et IFAID, auquel 163 volontaires en mission ou récemment revenus ont répondu. Objectif : mieux cerner les passerelles entre volontariat international et ESS, alors que le GSEF s’apprête à rassembler, à Bordeaux, les acteurs mondiaux du secteur.

Des missions de volontariat international qui font écho aux valeurs de l’ESS

Les résultats du questionnaire sont clairs : la majorité des répondants identifient des convergences fortes entre leurs missions et les principes de l’économie sociale et solidaire. Les volontaires interviennent surtout dans les domaines de l’éducation, du développement durable, de la lutte contre la pauvreté et de la jeunesse, autant de champs d’action au cœur des valeurs de l’ESS : coopération, inclusion, ancrage local.

“L’économie sociale et solidaire (ESS) désigne un mode d’entreprendre qui cherche à concilier activité économique et utilité sociale. Elle repose sur des principes de solidarité, de coopération, de démocratie, et de primauté de l’humain sur le profit. (plus d’informations : ici)”

Sur le terrain, cette convergence prend des formes très concrètes. Au Sénégal, Valentine, volontaire auprès d’ICD Afrique, accompagne des groupements de femmes du Sine Saloum qui cultivent des produits halieutiques dans la mangrove. « Le but du projet est d’améliorer leurs conditions de vie et de les rendre indépendantes », explique-t-elle. « Nous travaillons sur la création d’une identité visuelle pour leurs groupements d’intérêt économique, sur la communication et la formation au e-commerce. Les femmes sont très investies, et leurs retours sont extrêmement positifs ». Son engagement illustre la manière dont le volontariat soutient des initiatives économiques locales à gouvernance collective, typiques de l’ESS.

De son côté, Camilla, volontaire française au sein de l’ONG COSPE, coordonne deux projets en Casamance : Être Femme 2, dédié à l’autonomisation des femmes, et Faire, qui vise à inclure les jeunes dans le tissu associatif. « Notre objectif est de promouvoir les droits des femmes et la santé sexuelle et reproductive, tout en favorisant l’emploi dans l’économie sociale et solidaire », détaille-t-elle. « Nous organisons des rencontres intergénérationnelles, des actions de sensibilisation et des espaces de dialogue entre jeunes et autorités locales »

Vers une meilleure reconnaissance du volontariat international dans l’ESS

Selon l’analyse France Volontaires–IFAID, 65 % des volontaires interrogés soulignent la participation active des communautés locales dans leurs projets: une approche participative au cœur des pratiques de l’ESS. Les ONG et associations restent les principales structures d’accueil, mais les collectivités territoriales et les fondations y jouent aussi leur rôle, contribuant à renforcer les synergies entre acteurs.


A la Réunion, Ziona, volontaire malgache (au centre), s’est formé en 2024 à la création de fours solaires. Objectif: adapter cette technologie simple et durable dans les villages de son pays d’origine. © Ekopratik

Les volontaires formulent également plusieurs recommandations : création de missions spécifiquement dédiées au développement de l’ESS, intégration d’un module de formation sur ce sujet lors des stages de préparation au départ, ou encore valorisation accrue de l’impact du volontariat dans ce champ. Parmi leurs propositions phares : la mise en place d’un programme de « Jeunes ambassadeurs volontaires pour l’ESS » et l’organisation de Journées du volontariat dans l’ESS, pour mieux visibiliser ces engagements.

Pour Ziona, volontaire malgache en mission à La Réunion auprès de l’association Ekopratik d’avril à décembre 2024, l’innovation solidaire se traduit dans la pratique : « J’étais mobilisé sur des projets de fours solaires low-tech. Nous avons réussi à faire passer la température de 115 à 150 °C. » De retour à Madagascar, il compte adapter cette technologie simple et durable dans les villages de son pays d’origine.

À l’heure où le GSEF s’apprête à mettre en lumière ces initiatives à Bordeaux, la voix des volontaires viendra rappeler une évidence : l’ESS se construit chaque jour, sur le terrain, à travers l’engagement concret de celles et ceux qui font le choix du collectif.

Le volontariat, un outil transformateur au service de l’économie sociale et solidaire

En plus de l’enquête menée par France Volontaires et l’IFAID Aquitaine, et afin de nourrir l’élaboration de la Déclaration internationale de la jeunesse pour l’ESS qui sera élaborée à Bordeaux, un atelier a réuni le 23 septembre 2025 une douzaine de volontaires pour coconstruire quatre recommandations : valoriser le volontariat comme levier stratégique, créer un programme « Volontaires pour l’ESS », renforcer les mobilités croisées et la réciprocité, et sensibiliser jeunes et structures à l’ESS. Ces propositions visent à accroître la visibilité et la reconnaissance de l’engagement des jeunes, à soutenir la professionnalisation et l’innovation sociale, et à consolider le volontariat international comme un pilier de l’ESS, capable de générer des réponses concrètes aux défis sociaux et environnementaux à l’échelle locale et mondiale.

Réponse des volontaires à la question « Quels mots vous viennent en tête lorsqu’on évoque l’ESS ? »

France Volontaires au cœur du Forum mondial de l’ESS

Présente tout au long du GSEF, du 29 au 31 octobre à Bordeaux, France Volontaires animera plusieurs temps forts autour de l’engagement des jeunes et du volontariat pour l’économie sociale et solidaire. Entre autres, le mercredi 29 octobre, une table ronde réunira des professionnels et des volontaires autour du thème : « L’engagement des jeunes à l’international : les volontaires au cœur de la dynamique ESS ». Le jeudi 31 octobre, Yann Delaunay, directeur général de France Volontaires, interviendra lors d’un débat sur les plateformes territoriales d’appui aux initiatives ESS portées par les jeunes.
Un stand commun avec le MEAE et l’AFD mettra en lumière les réalisations de volontaires et la contribution du volontariat à une ESS plus inclusive et internationale.

© Photo de couverture : Thomas Limousin / France Volontaires

Forum Création Africa 2025 : les industries culturelles africaines entrent en scène à Lagos

Du 16 au 18 octobre, Lagos devient la capitale de la création africaine. La métropole nigériane accueille en effet la seconde édition du Forum Création Africa, grand rendez-vous consacré aux industries culturelles et créatives (ICC) du continent. Après Paris en 2023, cette nouvelle édition entend mettre en lumière la vitalité artistique et entrepreneuriale africaine, tout en renforçant les passerelles entre créateurs, investisseurs et institutions.

Une dynamique renouvelée entre cultures et création

Ce forum s’inscrit dans le sillage du renouveau du partenariat Afrique-France, incarné notamment par l’ouverture de la Maison des mondes africains (MansA) à Paris en 2025 et la programmation du Sommet Afrique-France « Africa Forward » à Nairobi en 2026. En ciblant les industries culturelles et créatives (du jeu vidéo à l’animation, de la mode durable à l’audiovisuel, de la musique aux technologies immersives), Création Africa affirme que la culture est un levier pour le développement économique, la transformation sociale et les échanges pluriels.

Pendant trois jours, plus de 1 000 participants – créateurs, entrepreneurs, institutions, médias, investisseurs et publics – se donnent rendez-vous à Lagos pour des masterclasses, tables rondes, pitchs et concerts, avec pour enjeux la structuration financière des filières, l’usage des technologies immersives, le rôle des diasporas, la place des femmes dans la création ou encore la diffusion internationale des œuvres africaines.

Au-delà de la visibilité qu’il accorde aux artistes, le forum vise à favoriser les coopérations, la coproduction, la mise en réseau des acteurs et l’accès à des ressources de financement dans un modèle de partenariat réciproque.

Le volontariat international : levier de compétences et de trajectoires

Dans le foisonnement des initiatives culturelles africaines, le volontariat international joue un rôle essentiel comme catalyseur d’expériences, de compétences et de réseaux. Les parcours, entre autres profils, de Comlan Pâcome Alomakpé (originaire du Bénin) et d’Abdoulaye Gomis dit Thielo (du Sénégal) illustrent précisément ce pont entre engagement citoyen et entrepreneuriat créatif.


Le volontariat international de Thielo (à gauche) chez Canal 93, à Bobigny, lui a permis d’acquérir des compétences techniques qu’il a réinvesties à son retour au Sénégal où il a fondé son propre studio.

Le premier, après une mission de service civique en France au service de la coopération culturelle entre la commune martiniquaise des Anses-d’Arlet et la ville de Ouidah, est retourné au Bénin avec un objectif clair : structurer et valoriser le patrimoine culturel de son pays. Aujourd’hui à la tête d’Africa Ingénierie Culturelle et Tourisme SARL, il mène des missions de formation d’agents du Musée des Armées du Bénin ou pilote le projet scientifique et culturel du Musée Popovic. Son engagement démontre comment une expérience de volontariat peut s’incarner, à posteriori, dans des responsabilités culturelles concrètes.

De son côté, Thielo a, durant sa mission comme volontaire de solidarité internationale à Canal 93 (Bobigny, Seine-Saint-Denis), mené un projet musical tout en contribuant à la gestion technique de studio : sonorisation, montage, enregistrement. Cette immersion lui a permis d’acquérir des compétences techniques (utilisation de consoles, éclairage, podcast) qu’il a réinvesties à son retour : il a fondé son propre studio hip-hop, impulsant ainsi une dynamique artistique locale.

Ces trajectoires éclairent le rôle du volontariat, qui offre aux jeunes des terrains d’expérimentation et des compétences opérationnelles mobilisables dans leurs propres écosystèmes culturels. Dans le contexte d’un forum dédié aux ICC, elles incarnent la complémentarité entre politique publique, diplomatie culturelle et action citoyenne.

De Delhi à Pondichéry, la Journée du volontariat français 2025 fait dialoguer jeunesse et engagement écologique

Cette édition spéciale de la Journée du volontariat français (JVF) a débuté cette année par un atelier sur la gestion des déchets électroniques, organisé au Gargi College de l’Université de Delhi, en partenariat avec Bajaj Foundation. L’événement s’inscrit dans le cadre du Daan Utsav, la Semaine du don célébrée chaque année en octobre en Inde pour promouvoir la générosité et la solidarité. 

Shohini Dutta, directrice de la philanthropie à Bajaj Foundation, a partagé des conseils précieux sur la manière dont les étudiants peuvent contribuer à lutter contre la crise des déchets électroniques : sensibiliser leurs familles et communautés aux programmes de recyclage, organiser des collectes d’appareils usagés, promouvoir une utilisation responsable des équipements électroniques et soutenir des initiatives vertes telles que la réutilisation ou la remise à neuf des anciens appareils. La session a également inclus des échanges dynamiques avec les 130 étudiantes présentes, ainsi qu’un nukkad natak (théâtre de rue) présenté par Kshitij, The Streetplay Society, offrant une approche de sensibilisation ludique et engageante.

           

La deuxième étape de la JVF s’est poursuivie le 8 octobre à l’ambassade de France en Inde, réunissant les volontaires en mission en Inde, les alumni indiens de retour suite à leur volontariat en France, ainsi que des partenaires, des acteurs de la solidarité internationale, de l’engagement des jeunes et de nombreux étudiants. 

© Sarabjit Dhillon

 

La cérémonie s’est ouverte avec un discours de Damien Syed, Ministre Conseiller à l’ambassade de France en Inde, qui a mis en avant le rôle clé des volontaires, dont l’engagement contribue à des changements positifs à l’échelle mondiale, et souligné que le volontariat international encourage la solidarité, la coopération et la responsabilité partagée. Des témoignages inspirants ont été partagés par Priya Bhasin, ancienne volontaire en Service Civique de réciprocité avec La Délégation Catholique pour la Coopération à Paris, et Léa Maury, actuellement Volontaire de Solidarité Internationale avec Life Project 4 Youth à Delhi. Leurs interventions ont confirmé les propos de Damien Syed, en soulignant la capacité du volontariat à créer des ponts entre les cultures, à renforcer l’empathie et à promouvoir une citoyenneté active. 

Le panel sur le thème « Futurs plus verts grâce aux VIES : action locale, impact global » a exploré le rôle des jeunes dans la protection de l’environnement et la réalisation des objectifs de développement durable. Cette discussion, animée par Dimple Asopa de HES2I, a réuni Neha Raghav, Directrice de l’éducation environnementale chez WWF Inde ; Kapil Mandawewala, fondateur d’Edible Routes ; et Sushil Chaudhary, Coordinateur National du Programme des Volontaires des Nations Unis en Inde. 

 

L’événement a pris une tournure plus interactive avec l’animation de l’atelier sur la gestion des déchets électroniques par Shohini Dutta de Bajaj Foundation, ainsi que le quiz sur le climat proposé par HES2I. Les partenaires – Tender Heart NGO, Edible Routes, Life Project 4 Youth – ont également présenté leurs projets lors du forum associatif et durable, en échangeant avec les invités autour d’un cocktail. 

 

Pondichéry a marqué la dernière étape – et la toute première édition locale – de la JVF. Accueilli par l’Université de Pondichéry, l’événement a réuni partenaires, volontaires et étudiants autour d’un même engagement : celui d’unir les forces locales et internationales pour un avenir plus durable. 

Yasar Ahmad, Représentant National de France Volontaires Inde et Docteure Sarmila Acharif, Cheffe du Département de Français a l’Université de Pondichery ont ouvert la Journée, suivie d’un panel animé par Apurva Medha, ancienne volontaire en Service Civique en réciprocité à l’Université de Tours. Ensemble, Punit Dhandhania, Directeur de Kuddle Life Foundation, Betty Gimenez, Cheffe du Département d’Ecologie à l’Institut Français de Pondichéry et le Dr Thirumurugan Calivarathan, Professeur de Francais à l’Université de Pondichéry, ont échangé sur les liens étroits entre la santé des océans, les moyens de subsistance des communautés côtières et la responsabilité environnementale de chacun. 

 

« Grâce à la recherche, à la sensibilisation et à l’éducation, nous cherchons à alerter sur les menaces qui pèsent sur la vie marine, à promouvoir la pêche artisanale durable et à aider les pêcheurs à bâtir des moyens de subsistance plus résilients »,
a rappelé M.Dhandhania.

 

 

Le forum associatif qui a suivi a permis à des organisations telles que YouthLink Auroville, OK Upcycling Studio, Trust for Youth and Child Leadership, l’Alliance française de Pondichéry, Kuddle Life Foundation et Sristi Foundation de présenter aux étudiants leurs initiatives en matière d’engagement des jeunes, de lutte contre les déchets et de développement durable, mais surtout d’échanger sur les différentes manières de s’impliquer à leurs côtés.

 

Comme l’a résumé un étudiant : « J’aimerais que toute notre génération prenne conscience de l’urgence d’agir pour la planète. Nous n’avons plus d’excuse pour rester inactifs. » 

 

Cette triple célébration a été possible grâce au réseau de partenaires, des invités et volontaires, ainsi que des sponsors Sri Balaji Vidyapeeth et Synthite Industries, que l’équipe de France Volontaires Inde remercie chaleureusement.

 

 

 

Ce fut l’occasion de soutenir les projets locaux et valoriser les acteurs de la solidarité internationale, qui construisent des ponts entre les cultures et incarnent l’esprit de coopération ; rappelant que le changement commence par chacun d’etre nous, pour avoir un impact durable sur la planète.

Journée du volontariat français (JVF) au Togo : le volontariat au service d’un avenir plus vert

Présidée par Telngar RASSEMBEYE, représentant national de France Volontaires au Togo et au Ghana, Augustin FAVEREAU, Ambassadeur de France au Togo, et Dr Abdul-Fahd FOFANA, ministre délégué auprès de la ministre du Développement à la base et de l’Économie sociale et solidaire, la cérémonie a marqué le lancement officiel de cette journée d’échanges et de célébration.

Telngar RASSEMBEYE, Représentant National de France Volontaires au Togo et au Ghana

S.E.M Augustin FAVEREAU, Ambassadeur de France au Togo

Dr Abdul-Fahd Fofana, Ministre délégué auprès de la Ministre du Développement à la base et de l’Économie sociale et solidaire

 

Elle a été rythmée par la finale du concours d’éloquence “Mots Vifs”, où quatre jeunes orateurs ont plaidé pour un monde plus juste et plus vert.

Bindounow Mèhèza Rébecca TCHAMIE a remporté cette édition, suivie de Komivi KOLODJA, Dioktante Bénédicte DOUTI et Aféréba Claudia Armanda JOHNSON, avec une mention spéciale pour El Pidio Folly ANANI, prix du public.

 

Championne : Bindounow Mèhèza Rébecca TCHAMIE — Afrique 2050 : quel avenir durable pour notre continent ? 

Premier vice champion : Komivi KOLODJA — Volontariat vert : les initiatives togolaises, modèles pour le monde ?

Deuxème vice chamionne : Dioktante Bénédicte DOUTI — Coopération Nord-Sud : vers une solidarité écologique équitable ?

  

Troisième vice championne : Aféréba Claudia Armanda JOHNSON — Planète en crise : les volontaires peuvent-ils changer la donne ?

 

Public lors de la cérémonie

Une mention spéciale aux deux modératrices : Oreta Anani TCHOTCHO, vice championne des Mots Vifs 2023 et volontaire nationale auprès du dispositif de l’aéroport de France Volontaires, et Adjoa Sika Light Sandrine AGBOH, championne des Mots Vifs 2024..

Deux panels thématiques pour’explorer le rôle des volontaires dans la transition écologique et la souveraineté alimentaire

Panel 1 – Gestion des déchets et économie circulaire : les volontaires, moteurs d’innovations locales
Modéré par Esso Wèdeou GNAMKE, chargé d’appui au développement des volontariats à France Volontaires Togo, ce panel a réuni :

  • Samuel KOMBATE (ONG DYVOSO / NYLKOM Recycling) – transformation du papier en mobilier et promotion du volontariat vert ;

  • Alice CORLOSQUET (STADD) – mission de service civique favorisant les coopérations entre acteurs bretons et togolais de l’ESS ;

  • Olivier LATREILLE (Moi Jeu Tri) – sensibilisation des jeunes à l’éco-citoyenneté par l’action concrète ;

  • Joël Komla AGBETOSU (Miawodo) – valorisation des plastiques collectés en opportunités économiques durables ;

  • Nakordja Benjamin BANGANI (ANVT) – partage d’expériences d’engagement citoyen à travers le volontariat national ;

  • Atanaska GUILLAUDEAU (France Volontaires siège) – présentation des orientations stratégiques pour renforcer la mobilisation environnementale.

Les échanges ont souligné une idée centrale : le volontariat est un levier d’innovation locale et un pont entre acteurs pour un Togo plus vert.

Panel 2 – Agroécologie et souveraineté alimentaire : le rôle des volontaires dans l’adoption de pratiques agricoles durables
Modéré par Maëva BOGARD, chargée de communication et des relations partenariales à France Volontaires Togo, il a réuni :

  • Éric TCHANGANI (Sichem Agro DR) – sur la formation des jeunes et la transmission de savoirs agroécologiques ;

  • Benjamin MIAHE (OADEL) – plaidoyer pour la consommation locale et la souveraineté alimentaire citoyenne ;

  • Ana QUINTELA (AFD Togo) – présentation des actions de l’Agence Française de Développement en agroécologie régionale ;

  • Chloé GOUDARD (association KSB) – témoignage d’une jeune volontaire sur la coopération Nord-Sud et l’engagement écologique ;

  • Karim DOUMBIA (Représentant régional Afrique de l’Ouest, France Volontaires) – mise en perspective des initiatives régionales en agroécologie et écocitoyenneté.

Ce temps d’échanges a mis en avant la complémentarité des expériences et l’importance du volontariat comme catalyseur de la transition agricole durable.

Le village associatif, cœur battant de la JVF 2025

Véritable cœur battant de la Journée du Volontariat Français | Togo 2025, le village associatif éco-responsable a rassemblé 36 structures* engagées autour du volontariat, de l’environnement et de la coopération solidaire.

Tout au long de la journée, les visiteurs ont découvert la richesse et la diversité des initiatives portées par les associations, ONG, institutions et acteurs du volontariat présents. Stands d’information, animations interactives et présentations de projets ont mis en lumière les engagements citoyens et écologiques qui font vivre les territoires.

Le village a accueilli la visite des représentants de France Volontaires, de l’Agence nationale du volontariat au Togo (ANVT), et du Ministère du Développement à la base et de l’Économie sociale et solidaire, venus saluer le dynamisme et la créativité des exposants.

Une belle vitrine du volontariat en action, illustrant la complémentarité entre engagement local, solidarité internationale et transition écologique.

* ADA, Africa Smile, ALPHA B, ANGE, Anim Solidaire, ANVT, ASDEF, ASUD, AVI Togo, BANAFIB, Bracelets de Vie, CAVO, CENEJ, CJLE, COVOPO, DOM Togo, FEDIA, Harmonie Sol, Idées Génies, Jeunes Verts, JVE, Les Colibris du Togo, Miawodo, Good Deeds Day, NADDAF, Nénuphar et Lotus, PADIE, 5KM à Pied, Perles du Monde, RVT, SICHEM, STADD, TMSU, UJPOD, Une Vie un Espoir, Voisins Solidaires Togo, Volontaires Internationaux de Solidarité.

L’art et la solidarité à l’honneur

Des intermèdes artistiques menés par le centre ADEPOMA ont célébré la culture togolaise et l’art au service du développement humain, ponctuant la journée d’émotions et de partage.

 

Une mobilisation collective pour l’environnement

Le lendemain, un écojogging a rassemblé la mairie du Golfe 4, Gozem, et plus d’une quinzaine d’associations partenaires* , permettant de collecter plus de 300 litres de déchets.

* Voisins Solidaires, 2AEC, OJEDD, Afrique Positive, Banafib, STADD, CEC, UJPOD, JEV, CED, Ensemble Notre Futur, ADEPOMA, Colibris du Togo, Mission Mission 1000 Tonnes, Ecolotrip, Let’s Do It Fondation, Nénuphar et Lotus, Melo Lomé.

La réussite de la Journée du volontariat français 2025 repose sur une synergie exceptionnelle entre France Volontaires, ses partenaires techniques, associatifs* et financiers, ainsi qu’un comité d’organisation engagé.

Ensemble, ils ont contribué à faire de cet événement un moment de partage, d’engagement et d’action collective au service d’un avenir plus durable.

*Mission 1000 Tonnes Togo, ADA Togo, Afrique Positive, Afrique Secours, ANGE, Anim Solidaire, AST, CAVO Togo, CEC Togo, Centre Kekeli, CJLE, Colibris du Togo, DJS Togo, DOM Togo, Ensemble Notre Futur, GDD, Jeunes Verts, JEV Togo, Miawodo, Mission des Jeunes, MIVA Togo, Moi Jeu Tri, Monarch Intelligence, Nénuphar et Lotus, OJEDD, PADIE, Perles du Monde, RAPAA, Sandrine Humani’terre, Solidarity In Humanity, STADD, UJPOD, Voisins Solidaires Togo, Les Éclairs de la Jeunesse, KAAD Communication, Melo Lomé et Banafib.

 

© Enok TSEVI pour la JVF / Nicolas VAVA pour l’écojogging

Journée du Volontariat Français « Quand on parle de solidarité, on parle toujours de la Tunisie »

Échange avec les organisations de la société civile à Tunis

Une vingtaine de partenaires de l’espace volontariat se sont regroupés pour rencontrer le directeur général de France Volontaires. Les échanges ont été riches et Yann Delaunay a salué l’engagement et les bonnes pratiques de la société civile tunisienne en termes de volontariat. Au travers des discussions, les associations présentes ont pu présenter leur souhait pour renforcer les dynamiques de volontariat national et international pour la jeunesse tunisienne. De la reconnaissance des acquis à la création d’opportunités de développement en passant par l’insertion professionnelle des jeunes en fin de mission, ce sont autant de thématiques abordés pendant les échanges riches et constructifs. Yann Delaunay a également abordé la réciprocité, alors que de nombreux anciens volontaires tunisiens représentaient des associations locales.

« L’enjeu aujourd’hui, il est aussi de multiplier les possibilités de volontariat pour les jeunes tunisiens » Yann Delaunay 

Le volontariat comme levier de coopération

Le déplacement de Yann Delaunay fut également l’occasion pour lui de prendre part au Conseil d’Orientation Stratégique, organisé par le Service de Coopération et d’Action Culturel de l’ambassade de France en Tunisie. Entre différents groupes de travail organisés par l’Institut Français de Tunisie et de riches restitutions, cette participation démontre la reconnaissance du volontariat comme un outil transversal dans les projets de coopération, et la pluralité des secteurs d’intervention des volontaires en témoigne (Développement local, éducation, environnement, agriculture durable, handicap, éducation, santé, gouvernance.).

Célébration de la Journée du Volontariat Français

La cérémonie s’est ouverte sur une prise de parole de Mme Anne Guéguen, ambassadrice de France en Tunisie. Dans son discours, elle a valorisé la jeunesse comme axe transversal et vecteur de changement dans les projets de coopération, rappelant que les projets de volontariat sont porteurs d’optimisme. La pluralité des dispositifs de volontariat a été soulignée comme autant de visages de la solidarité et de l’engagement, rappelant également que la réciprocité des échanges reste au cœur de la politique de coopération.

« Il n’y a rien de plus optimiste que de se tourner vers la jeunesse, qui est un vecteur transversal et structurant de la coopération » Anne Guéguen

© Institut Français de Tunisie

Le directeur général de France volontaires a ensuite pris la parole. Yann Delaunay a rappelé l’importance du volontariat comme un outil reconnu, au service de l’agenda 2030 et du développement durable. Il a également pu souligner l’impact des projets de volontariat sur la rencontre et l’amitié entre les peuples. Il a ainsi clôturé sa prise de parole sur le potentiel du volontariat dans les projets de coopération franco-tunisienne et la pluralité des thématiques dans lesquelles les volontaires sont engagés : protection de l’environnement, éducation, coopération, santé, jeunesse ou encore développement local.

« Les volontaires incarnent cette coopération de visage à visage, qui déconstruit les préjugés et créé des amitiés et des opportunités » Yann Delaunay

© Institut Français de Tunisie

Enfin les volontaires et les structures d’accueil ont pu, ensemble, restituer le travail d’échange de pratique réalisé dans la journée et mettre en avant les valeurs du volontariat : solidarité, échange, respect, écoute, bienveillance et apprentissage. Les volontaires ont pu prendre la parole, dans leurs diversités de profils et de missions, pour incarner une jeunesse tunisienne et française, engagée, ouverte sur le monde, et prête à saisir les opportunités pour s’investir dans des projets porteurs de sens.

Ces deux jours de mission de Yann Delaunay en Tunisie ont permis de mettre à l’honneur l’engagement des jeunesses françaises et tunisiennes au profit de la construction d’un monde plus juste, solidaire et durable, et la place importante des organisations de la société civile dans la réalisation de ces projets.

L’équipe de France Volontaires Tunisie adresse un remerciement tout particulier à l’ambassade de France en Tunisie et l’Institut Français de Tunisie qui soutiennent depuis plusieurs années, l’engagement des jeunes tunisiens et français dans les dispositifs de volontariat au service de l’intérêt général.

Un grand remerciement également aux partenaires et volontaires mobilisés pendant ces rencontres.

Entre Billère et Madagascar, une coopération décentralisée exemplaire

Depuis près de dix ans, la commune de Billère, dans les Pyrénées-Atlantiques, s’est rapprochée de Soavinandriana, une ville malgache de la région Itasy, avec laquelle elle a bâti un partenariat solide. Le projet « L’Eau ici et là-bas », entré en 2025 dans sa quatrième phase, illustre cette ambition : améliorer l’accès à l’eau, et sensibiliser les habitants des deux communes aux Objectifs de développement durable (ODD) et à l’interculturalité. Chaque année, des binômes de jeunes volontaires français et malgaches prolongent ce lien par des missions de volontariat en réciprocité.

Cette expérience a récemment été mise en avant lors des Rencontres de l’action internationale des collectivités territoriales (RAICT), organisées début juillet à Paris. Alors que France Volontaires présentait le programme Territoires Volontaires (TeVo) comme un outil d’accompagnement des collectivités, Jacques Cabanes, adjoint au maire de Billère, est venu témoigner de son efficacité (photo ci-dessus). Pour cette commune de 14 000 habitants, le recours à TeVo a ainsi permis de structurer une coopération ambitieuse tout en maintenant des coûts maîtrisés, démontrant que même une petite ville peut s’engager à l’international grâce au volontariat.

Pourquoi avoir initié une coopération avec Madagascar ?

Au départ, nous avions engagé un partenariat avec une ville en République centrafricaine, mais la guerre civile a mis fin au projet. La Région Nouvelle-Aquitaine, déjà engagée avec la région malgache d’Itasy, nous a alors orientés vers Soavinandriana. Ce lien est précieux : la Région dispose d’une équipe solide et nous a beaucoup aidés, par exemple lors du rapatriement de jeunes pendant la crise du Covid. Cette complémentarité rend notre action plus efficace.

Comment fonctionne concrètement la coopération décentralisée entre les deux territoires ?

Nous avons trois axes principaux. D’abord, l’échange de volontaires en binôme : chaque année, un ou une Française et un ou une Malgache passent six mois dans la ville partenaire, via l’association Cool’eurs du Monde. Leur mission porte sur l’eau, l’hygiène et l’interculturalité. Ils animent des séances dans les écoles jumelées, où ils produisent avec les enfants des textes, chansons, vidéos ou slams. Deuxième axe : la réalisation d’adductions d’eau potable dans des hameaux de Soavinandriana.
Enfin, nous développons les échanges d’enseignants et de personnels municipaux. Certains sont venus à Billère, et nous projetons de mettre en place des séjours croisés pour agents, élus et groupes de jeunes, afin de renforcer les compétences partagées.

 

Beaucoup ignorent ces dispositifs ou hésitent à se lancer, faute de moyens humains. Je tente de sensibiliser mes collègues élus.

 

Vous insistez souvent sur la nécessité de trouver des financements innovants. Comment une petite commune comme Billère parvient-elle à porter un tel projet ?

Nous sommes malins ! (rires) Nous comptons 14 000 habitants, avec des ressources fiscales limitées. Sans cofinancements, nous ne pourrions pas assumer ce programme qui représente environ 150 000 € par an. Nous avons donc sollicité le soutien du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, de la Région Nouvelle-Aquitaine, de l’Agence de l’eau Adour-Garonne, et donc du programme Territoires Volontaires (TeVo) de France Volontaires, qui nous permet d’optimiser nos ressources humaines sur nos projets.
Le dispositif TeVo est essentiel : il nous permet d’accueillir en permanence deux volontaires en service civique et un VSI. Sans lui, cette coopération serait difficile à maintenir.

Quel est l’intérêt d’une telle politique de solidarité internationale pour une commune comme Billère ?

Certains nous reprochent de ne pas concentrer nos moyens sur les seuls habitants de la commune. Mais cette coopération a un véritable impact local. Elle favorise l’interculturalité, combat les préjugés et ouvre les regards. Les élèves des écoles jumelées découvrent Madagascar à travers des chansons, des mots en malgache, des échanges avec leurs homologues. Chaque année, une fête des enfants conclut le cycle, et les parents témoignent souvent des changements à la maison.
Nous accueillons aussi des volontaires remarquables. Actuellement, un VSI malgache, Kanto, pilote le projet depuis les services de la mairie. Sa compétence et son enthousiasme en font un véritable ambassadeur de son pays.

Vous regrettez que d’autres communes n’aient pas recours au volontariat pour leurs actions internationales. Pourquoi selon vous ?

Beaucoup ignorent ces dispositifs ou hésitent à se lancer, faute de moyens humains. Je tente de sensibiliser mes collègues élus. Récemment, j’ai rencontré le maire d’une petite commune intéressée mais qui ne dispose pas encore de ressources suffisantes. D’autres, comme la ville de Cachan en région parisienne, se montrent très attentifs et envisagent d’intégrer le volontariat à leur coopération.
Même à Madagascar, la maire d’Antananarivo s’est dite intéressée par ce type d’échanges scolaires. Je suis convaincu que c’est un outil formidable, à la fois pour les jeunes qui partent et pour ceux qui accueillent. Aujourd’hui, je suis en quelque sorte devenu un véritable militant du volontariat !

 

Bio express

Jacques Cabanes, 76 ans, est adjoint au maire de Billère depuis trois mandats. Psychosociologue de formation, il a dirigé un cabinet de conseil en ressources humaines, intervenant auprès d’entreprises, d’organisations et d’hôpitaux. Ancien « coopérant » en Côte d’Ivoire dans les années 1970, il a conservé des liens durables avec l’Afrique de l’Ouest. Très impliqué dans le milieu associatif, il a notamment présidé un centre social et cofondé SOS Amitié dans sa région. Son engagement municipal s’inscrit dans une longue trajectoire de solidarité et d’ouverture internationale.

Le mois du Volontariat d’Entreprise par Planète Urgence

La 5ᵉ édition du Mois du Volontariat d’Entreprise est officiellement lancée, portée par Planète Urgence avec le soutien du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et de France Volontaires !

Chez Planète Urgence, le partage de compétences est un formidable levier de transformation collective. Avec le Congé Solidaire®, des collaborateurs mettent leur expertise au service d’associations locales, tout en vivant une expérience humaine et professionnelle unique. Ce fut le cas l’an passé pour Raymond Lahul, salarié chez France Télévisions parti au Bénin pour y former à la photo les membres d’une association locale, ou pour Léa Besançon, envoyée en Indonésie soutenir une association de protection de l’environnement.

 

Congé Solidaire® : comment fonctionne le volontariat d’entreprise ?

Les salariés s’engagent sur des missions courtes (deux semaines), financées par leur entreprise, durant lesquelles ils mettent à disposition leurs compétences et leur temps.

Deux types de missions :

  • Des missions de formation pour adultes (compétences en marketing, RH, informatique, etc.)
  • Des missions de biodiversité (recensement d’espèces, protection des espèces, etc.).

Les missions sont disponibles dans 8 pays : Bénin, Cameroun, Togo, Pérou, Madagascar, Indonésie, Cambodge et Équateur.

Ce dispositif garantit un volontariat responsable, construit avec nos partenaires locaux, pour un impact durable auprès des communautés et de l’environnement.

En savoir plus sur le Congé Solidaire® et les missions disponibles : planete-urgence.org/nos-dispositifs-de-volontariat/le-conge-solidaire