L’intérieur de la Bibliotheca Alexandrina à Alexandrie, en Égypte. © Azniv Stepanian / Wikimedia
Ancien volontaire à la Bibliotheca Alexandrina entre 2006 et 2008, Maxime Sanson a fait de l’international et du développement un fil conducteur de son parcours professionnel. De la coopération avec la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur à Alexandrie jusqu’à ses responsabilités à l’Institut national de l’audiovisuel puis dans le secteur privé, il revendique aujourd’hui encore l’apport déterminant de cette expérience fondatrice.
En retraçant son parcours, Maxime Sanson revient volontiers sur ses deux années en Égypte, au sein de la Bibliotheca Alexandrina, comme sur un temps structurant. Il y découvre un environnement de coopération riche, exigeant, et résolument tourné vers le partage des connaissances. « Nous étions intégrés au Planétarium Science Center, dans une logique de diagnostic local, de construction et de coordination de projets partagés avec les équipes égyptiennes et les partenaires français. Ce n’était pas seulement de l’animation scientifique : il s’agissait vraiment de renforcer des dynamiques existantes et répondre à des besoins identifiés avec les équipes », explique-t-il.
Alexandrie : une mission de volontariat culturel structurante
Cette mission, conduite dans le cadre d’un partenariat tripartite associant France Volontaires (alors AFVP), la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur et le gouvernorat d’Alexandrie, l’amène à travailler très étroitement avec les équipes de la Bibliotheca et avec d’autres volontaires. Pendant deux ans, Maxime contribue avec son homologue Justine Bonne à coordonner une quinzaine de projets, impliquant de nombreuses institutions égyptiennes et françaises.
Parmi eux, la mise en place d’une Fête de la science ouverte au public à Alexandrie reste une expérience particulièrement marquante. « C’était un projet ambitieux, mobilisant de nombreux partenaires, avec des dizaines de stands et des animations scientifiques accessibles à toutes et tous. Il s’agissait de créer un rendez-vous pédagogique et convivial autour de la science, et l’adhésion du public a montré qu’il répondait à une vraie attente. L’événement s’est ensuite développé. »
À ses côtés, d’autres chantiers prennent forme : programmation de la finalisation du Musée d’histoire des Sciences, en coopération avec la Cité des sciences à Paris et le ministère français de la Recherche, développement d’un centre de ressources numériques pour capitaliser les actions de médiation ou encore des projets autour de l’archéologie en collaboration étroite avec le Centre d’études alexandrines (CEAlex).
Maxime Sanson (deuxième en partant de la gauche, en août 2006 à Alexandrie). © DR
Au-delà des réalisations, il insiste surtout sur l’apprentissage professionnel que représente une telle responsabilité. « On se retrouve très vite avec des projets importants à conduire, des échéances fortes, des partenaires multiples. Cela oblige à travailler efficacement, à gérer la pression, à tenir compte de points de vue différents et à construire collectivement. Dans un contexte culturel très différent de la France, c’est extrêmement formateur. Les Egyptiens m’ont tout appris ! »
Quand le volontariat international devient tremplin professionnel
À son retour en France, Maxime s’installe à Marseille. Comme beaucoup d’anciens volontaires, il doit expliquer, valoriser et traduire son expérience dans un cadre professionnel français. Il le fait avec détermination et cette période débouche rapidement sur une nouvelle étape structurante : son arrivée à l’Institut national de l’audiovisuel (INA).
D’abord recruté au sein de la délégation Méditerranée pour piloter un projet européen de collecte et de valorisation d’archives audiovisuelles, il retrouve très naturellement une dimension internationale et partenariale.
« Là encore, l’expérience acquise en Égypte a beaucoup compté. Il fallait coordonner des équipes, travailler avec des institutions étrangères, donner une cohérence dans le temps à un projet complexe. Cela faisait écho à ce que j’avais vécu à Alexandrie. »
Après plusieurs années à Marseille, il rejoint ensuite la direction internationale de l’INA à Paris, dans un contexte de diversification des ressources et de développement de nouvelles offres. Cette évolution lui permet de poursuivre son engagement dans la coopération culturelle tout en explorant davantage la dimension économique et stratégique des projets.
"On se retrouve très vite avec des projets importants à conduire, des échéances fortes, des partenaires multiples. Dans un contexte culturel très différent de la France, c’est extrêmement formateur"
Maxime Sanson, ancien volontaire de solidarité internationale entre 2006 et 2008
Afrique du Sud, nouvelles orientations et continuité du fil international
À l’INA, Maxime participe à de nombreux programmes internationaux, notamment en partenariat avec l’UNESCO ou des institutions étrangères multilatérales. Il garde un souvenir très fort de la coopération menée avec l’Afrique du Sud autour de la numérisation et de la transmission des archives du procès Mandela. « C’était une très belle coopération, à la fois technique et humaine avec une dimension diplomatique très présente. Cela a permis de préserver et valoriser un patrimoine essentiel et de renforcer des liens professionnels et personnels très forts. J’ai été honoré de pouvoir travailler avec des personnes d’exception. »
Par la suite, il choisit de compléter son profil en suivant un MBA International dans une école de commerce (EMLyon), puis rejoint un opérateur de santé dans des fonctions de développement international, avant de créer sa propre activité de conseil en développement et de recrutement. Là encore, une constante demeure : l’envie d’apprendre, de transmettre et de travailler dans des environnements ouverts.
La Fête de la science, organisée à Alexandrie durant sa mission, reste une expérience particulièrement marquante, avec des dizaines de stands et des animations scientifiques accessibles à toutes et tous. © DR
Aujourd’hui basé à Marseille, Maxime veut s’impliquer sur son territoire. Il renoue avec ses anciens contacts du temps de sa coopération en Égypte et poursuit les échanges avec d’autres acteurs aussi bien publics que privés. Il accompagne aujourd’hui Infinit ; start-up internationale en plein développement, sur son implantation dans la Région Sud.
Avec le recul, il voit dans son volontariat en Égypte un socle plutôt qu’une parenthèse. « Toute expérience à l’étranger est nécessairement formatrice et dans un contexte comme celui de la Bibliotheca Alexandrina, avec une forte dynamique de coopération et un niveau de responsabilité élevé, ce fut véritablement un accélérateur de maturité. »
Il en garde des liens, des amitiés, un réseau et surtout une conviction : l’international n’est pas seulement un horizon professionnel, c’est un cadre d’apprentissage permanent.
La renaissance d’une bibliothèque mythique, au cœur de la coopération internationale
Située sur les rives de la Méditerranée, la Bibliotheca Alexandrina est à la fois une bibliothèque et un grand centre culturel international. Inaugurée en 2002 dans le cadre d’un projet conduit par l’UNESCO et l’Égypte, elle se veut héritière de la prestigieuse bibliothèque antique. Dotée de la plus grande salle de lecture au monde à son ouverture et d’équipements scientifiques et culturels de pointe, elle réunit bibliothèques spécialisées, musées, instituts de recherche et planétarium. Trilingue (arabe, français, anglais), elle ambitionne de devenir un haut lieu de la francophonie en Méditerranée. En 2006, la Bibliotheca Alexandrina a renforcé ses liens avec la France à travers un accord de coopération avec la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, portant notamment sur la sauvegarde et la valorisation du patrimoine culturel. C’est dans ce cadre que Maxime Sanson y a réalisé une mission de volontariat international de 2006 à 2008.
© Azniv Stepanian / Wikimedia