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LE MAG’

Des Jeux de Paris aux bancs de l’université : un nouveau départ pour un volontaire indien

23 Jan. 2026

© DR

Entre Kolkata, Delhi, Pondichéry et Paris, le parcours de Sarthak Bhattacharya raconte l’histoire d’un jeune Indien porté par sa passion pour le sport et son engagement citoyen. Volontaire en Service civique lors des Jeux olympiques de Paris 2024, il poursuit aujourd’hui ses études à Toulouse. 

Quand on lui demande d’où il vient, il nous répond : « Kolkata de naissance, Pondichéry de cœur. » Car c’est entre les murs du Sri Aurobindo International Centre of Education (SAICE), où il a étudié dès l’âge de neuf ans, que s’est façonnée sa vision du monde. Une école où l’on apprend autant avec le corps qu’avec l’esprit, sans examens ni notes, au rythme d’une philosophie : l’éducation “intégrale”. C’est là, à travers les cours en français, le sport quotidien et l’apprentissage du dépassement de soi, que s’est éveillée sa passion — le sport, et plus encore, les Jeux Olympiques. Après une licence en sciences politiques et histoire, il rejoint en 2023 l’ONG Sharana à Pondichéry, engagée pour l’éducation et l’autonomisation des femmes. Une année d’immersion sociale qui lui ouvre une nouvelle porte : celle du volontariat international.  

Le rêve olympique d'un volontaire devenu réalité

« Travailler à Sharana a enrichi mes compétences relationnelles, m’a appris la compassion et à apprécier pleinement ce que j’ai. Cette expérience a nourri ma vision d’un profond sens de la mission et m’a apporté une véritable chaleur humaine dans ma manière d’aborder les autres», détaille-t-il. « Mais c’est surtout grâce à eux que j’ai pu participer aux Jeux olympiques, puisque c’est par leur intermédiaire que j’ai été mis en relation avec France Volontaires. Sans Sharana, je n’aurais jamais eu connaissance de cette opportunité aussi extraordinaire, qui a profondément marqué mon engagement et mon chemin personnel. »

« J’ai grandi en regardant les Jeux Olympiques », confie Sarthak. Fasciné par les athlètes, les drapeaux, l’effervescence, il voit dans le volontariat une occasion unique : découvrir un pays étranger, travailler dans un cadre international, rencontrer les sportifs qu’il admire depuis l’enfance. 

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À Arcueil, en Île-de-France, il rejoint l’UCPA Sport Event, une organisation qui démocratise l’accès au sport. Ses missions y sont variées : recrutement des animateurs, organisation de grands événements, soutien logistique, préparation d’une fan zone géante au Château de Vincennes. Puis viennent les Jeux olympiques, affecté au Village des athlètes, il accueille et enregistre chaque jour membres du staff, volontaires et délégations du monde entier. « C’était intense, parfois il fallait se lever à 5h30 du matin, mais c’était  magique. » 

L’un de ses souvenirs les plus marquants tient en une rencontre inattendue. Un matin, encore un peu endormi, il aperçoit la star indienne du badminton, PV Sindhu, fraîchement victorieuse, qui lui demande de l’aide pour accéder à une entrée du Village. Pendant quinze minutes, il marche à ses côtés, porte son sac, échange quelques mots. 

« C’était intense, parfois il fallait se lever à 5h30 du matin, mais c'était magique » 

Sarthak Bhattacharya, ex-volontaire en Service civique international

Le volontariat, c’est aussi des défis : le froid, la nourriture peu épicée, la rapidité du français parlé, l’éloignement. Mais il s’adapte, cuisine chez lui, apprend à repérer les restaurants abordables, améliore son français et découvre une facette inattendue de la culture française : le respect absolu du temps libre. « Ici, personne ne répond à ses mails le week-end. Ça m’a beaucoup impressionné ». Au fil des mois, il apprend à gérer son budget et découvre pour la premiere fois l’Europe : Italie, Espagne, Pays-Bas, Belgique… Mais au-delà des voyages, c’est un changement intérieur qu’il retient : 

« J’ai appris l’importance d’être ouvert. Avant, j’étais réservé, réticent à sortir de ma zone de confort. Aujourd’hui, je sais que chaque culture a quelque chose à m’apprendre. »  

De volontaire à étudiant en France

Fort de cette expérience, le retour en Inde est bref. Rapidement, il décide de poursuivre en France ses études, admis à Toulouse Business School, il démarre un master en Management. S’il s’est rapproché de Campus France Inde pour certaines démarches et formalités administratives, l’expérience du volontariat lui donne une longueur d’avance : il connaît déjà les démarches, la vie quotidienne en France, les codes culturels, les bons plans, et surtout, il parle français.  Aujourd’hui encore, il évoque les Jeux avec des étoiles dans les yeux. « France Volontaires et Sharana m’ont offert une opportunité unique. Une expérience que je garderai toute ma vie. » À terme, il souhaite se spécialiser en ressources humaines : « J’aime le recrutement, le contact humain. Le volontariat m’a donné confiance en mes capacités. » 

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