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À Campo Cocha, en Amazonie équatorienne, un jardin pas comme les autres prend forme. Porté par les femmes de la communauté et soutenu par plusieurs partenaires, ce projet de “chakra circulaire” mêle agroécologie, sécurité alimentaire et valorisation des ressources locales. Une initiative de terrain appuyée par les volontaires de solidarité internationale du programme V-Amazonie.
Tena, porte d’entrée de l’Amazonie équatorienne, abrite la communauté de Campo Cocha. C’est ici que se développe un projet de chakra : un jardin traditionnel des peuples kichwas d’Amazonie mêlant sécurité alimentaire, protection de l’environnement et dynamiques communautaires. Cet espace est en effet cultivé en agroécologie, fondé sur la diversité des espèces, les savoirs ancestraux et une gestion fine des équilibres forestiers. À la fois lieu de production alimentaire, de transmission culturelle et de préservation de la biodiversité, il constitue un modèle agricole résilient face aux dérèglements climatiques.
C’est autour de ce projet d’une surface de trois hectares, et soutenu par le Fonds Équipe France, que s’est tenue une visite de terrain à Tena par l’ambassade de France et des représentants de France Volontaires, en décembre 2025.
Un projet agroécologique au cœur de l’Amazonie équatorienne
Au cœur de cette initiative se trouve l’association des femmes de Campo Cocha, Cuya Warmis, les « femmes de la calebasse » en kichwa, en référence à un symbole de fertilité et de transmission. Lors de cette visite, ces mamitas, terme d’usage local désignant les femmes aînées de la communauté, ont présenté avec fierté la partie de la chakra dont chacune a la charge et la manière dont elles en assurent le bon fonctionnement, en s’appuyant sur la transmission de savoirs issus de leur culture. Cette chakra circulaire vise également à développer des activités productives innovantes, comme la culture de champignons amazoniens ou l’élevage de chontacuros, les larves comestibles du palmier chonta riches en protéines.
Maria Gabriela Zurita Benavides (Université Ikiam), son équipe, et les femmes de l’association Cuya Warmis détaillent le projet en présence d’Esteban Lasso, directeur pays de World Vision Équateur, Margot Rhazzane, attachée de coopération technique à l’Ambassade de France en Équateur, et Élise Lambin, VSI coordinatrice Équateur du programme V-Amazonie. © France Volontaires
Mylène Potrel, volontaire de solidarité internationale au sein de Green Sanctuaries, a été envoyée sur place dans le cadre du programme V-Amazonie par la Délégation Catholique pour la Coopération (DCC). Ingénieure en biologie industrielle, elle souhaitait s’engager dans une expérience ancrée dans le terrain et l’action collective : « J’avais envie de quelque chose de plus concret, de plus opérationnel, mais toujours lié à l’environnement. »
Une volontaire, véritable maillon entre les acteurs et le territoire
Au sein de la communauté de Campo Cocha, elle accompagne les initiatives portées par l’association des femmes autour de la chakra circulaire, tout en travaillant sur la valorisation des productions locales : « Une partie des plantes sert à nourrir la communauté, et l’autre pourrait permettre de générer des revenus. Mon rôle, c’est de réfléchir à comment transformer ces matières premières pour leur donner de la valeur ajoutée, par exemple créer du chocolat ou travailler des produits avec des plantes locales peu connues. »
Mylène participe également à la protection de la forêt primaire attenante au territoire communautaire : « Je suis un peu les yeux de Green Sanctuaries sur le terrain », s’amuse-t-elle. Comme les équipes sont à distance, elle est là pour comprendre comment les projets fonctionnent concrètement, comment vit la communauté, quelles sont les contraintes du quotidien.
Mylène Portel (en bas à gauche), volontaire de solidarité internationale, accompagnée par les femmes de Cuya Warmis, de Campo Cocha © France Volontaires
À travers cette mission, le volontariat de solidarité internationale apparaît comme un levier au service de coopérations territorialisées fondées sur l’ancrage local, la réciprocité et la co-construction.
En Équateur, 25 % des missions de volontariat français se déroulent dans les territoires de l’Amazonie équatorienne, contribuant à la préservation de l’environnement, du patrimoine culturel et naturel, ainsi qu’à la promotion du développement durable.
Le volontariat international comme levier de coopération dans le domaine de l'environnement
Particulièrement dans le cadre du programme V-Amazonie, il permet de soutenir des initiatives portées par les communautés amazoniennes et de faciliter les échanges entre acteurs locaux, nationaux et internationaux. France Volontaires accompagne ainsi des missions conçues à partir des besoins exprimés par les partenaires.
Pour Mylène, cette posture se traduit par une attention constante aux réalités du terrain : « Être sur place, ça permet de voir les problèmes concrets, comme l’accès à l’eau par exemple, et d’adapter les projets en conséquence. »
Cette visite de terrain a ainsi mis en lumière non seulement un projet structurant de la communauté de Campo Cocha, mais aussi la place singulière du volontariat dans ces dynamiques de coopération, à la croisée des acteurs, des savoirs et des engagements.
Les partenaires du projet
Le projet repose sur une coopération entre l’ONG Green Sanctuaries, qui assure l’appui technique et environnemental avec l’Université équatorienne Ikiam (partenaire scientifique) et l’ONG World Vision Ecuador, en charge de l’accompagnement communautaire et des formations. Dans ce cadre, France Volontaires soutient Green Sanctuaries à travers le programme V-Amazonie, en permettant l’accueil d’une Volontaire de Solidarité Internationale qui contribue aux différents projets de l’organisation, notamment celui-ci.