Le dispositif dont bénéficie Darika vise à renforcer les compétences linguistiques, pédagogiques et interculturelles de ces enseignants à travers une expérience de terrain dans des structures éducatives françaises. © France Volontaires
Dans les bureaux de l’association Solidarité Laïque, à Paris, Darika Soeurn, enseignante de français langue étrangère au Cambodge, effectue depuis l’automne une mission de volontariat de solidarité internationale. Celle-ci s’inscrit dans le cadre d’un programme visant à renforcer les liens éducatifs entre les deux pays, alors que le Sommet de la Francophonie 2026 aura lieu à Siem Reap en octobre prochain.
Dans les locaux de Solidarité Laïque, dans le 13e arrondissement de Paris, Darika Soeurn s’installe derrière son ordinateur. Sur son bureau, quelques feuilles annotées, un carnet où elle note de nouvelles expressions françaises, et une tasse de café rappellent le rythme ordinaire d’une journée de travail. Concentrée, elle relit un document avant d’échanger avec un collègue sur un projet en cours.
Depuis l’automne 2025, cette enseignante cambodgienne de français langue étrangère a quitté sa province de Kampong Cham (à une centaine de kilomètres de la capitale) pour une mission de volontariat d’un an en France. Comme quatre autres professeurs Cambodgiens qui ont été affectés dans divers structures associatives à Lille, Rouen, Caen et Paris, elle participe à un programme qui vise à la promotion de la pratique du français, à l’approche du Sommet de la Francophonie qui se tiendra en octobre 2026 dans son pays d’origine, à Siem Reap.
Le volontariat pour observer et apprendre de nouvelles pratiques éducatives
Ce dispositif vise en effet à renforcer les compétences linguistiques, pédagogiques et interculturelles de ces enseignants à travers une expérience de terrain dans des structures éducatives françaises.
À Paris, Darika a rejoint l’équipe de Solidarité Laïque, où elle travaille sur des projets liés à l’éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationale : « Concrètement, je participe à des projets liés à la citoyenneté et à la mobilité internationale, notamment avec des partenaires au Cambodge », explique-t-elle. « Mon rôle est aussi de faire le lien entre les équipes ici et les partenaires là-bas pour construire des missions qui répondent aux besoins des structures d’accueil. »
Au fil des semaines, la volontaire découvre un univers professionnel différent de celui qu’elle connaissait dans son pays. Dans son bureau, elle travaille avec plusieurs collègues impliqués dans la coordination de projets éducatifs, le volontariat ou encore la conception d’outils pédagogiques
Darika Soeurn dans les bureaux de Solidarité Laïque, à Paris, où elle effectue une mission de solidarité internatonale d’une durée d’un an depuis l’automne 2025. © France Volontaires
Une partie de son travail consiste à comprendre comment se construisent les projets menés par l’association. « Honnêtement, c’est un peu comme reprendre des études », sourit-elle. « Les méthodes de travail sont différentes de celles que je connaissais au Cambodge. Mais cela me permet de mieux comprendre comment fonctionnent les programmes de volontariat, du côté de l’accueil comme de l’envoi. »
Au quotidien, les échanges avec l’équipe jouent un rôle essentiel. « J’ai été accueillie dans une ambiance très chaleureuse. Mes collègues m’encouragent beaucoup et me montrent comment organiser un projet ou accompagner des jeunes dans leurs initiatives. »
Cette immersion lui permet également de découvrir concrètement les pratiques de l’éducation populaire en France. Elle a ainsi participé à une formation au BAFA, le brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur, et visité un centre de loisirs. « Pour moi, c’était très inspirant », raconte-t-elle. « J’ai pu voir différentes activités proposées aux enfants et la manière dont les animateurs travaillent avec eux. Cela me donne des idées de projets que je pourrais imaginer chez moi au Cambodge. »
Le volontariat au service de la francophonie
Au-delà de l’apprentissage professionnel, la mission est aussi une expérience personnelle forte. Arrivée en France depuis quelques mois seulement, Darika découvre progressivement la vie quotidienne et la culture du pays. Dans les locaux de l’association, des affiches et des photos de projets éducatifs tapissent les murs. Entre deux réunions, elle note soigneusement de nouvelles expressions françaises dans son carnet.
« Chaque jour, j’apprends de nouveaux mots ou de nouvelles façons de dire les choses », confie-t-elle. Les moments partagés avec ses collègues ont également marqué ses premiers mois en France. « Au début, tout était nouveau pour moi. Par exemple, j’ai découvert les fêtes de Noël ici. Nous avons mangé de la raclette ensemble. Ce sont des moments qui m’ont permis de mieux comprendre la culture française. »
"J’ai pu voir différentes activités proposées aux enfants et la manière dont les animateurs travaillent avec eux. Cela me donne des idées de projets que je pourrais imaginer chez moi au Cambodge."
Darika Soeurn, volontaire de solidarité internationale
Elle a aussi profité de quelques déplacements liés à sa mission pour découvrir d’autres régions. Lors d’une formation en Bretagne, elle a pu retrouver une ancienne volontaire et passer les fêtes de fin d’année à Rennes, avant de visiter Saint-Malo. Si le Cambodge lui manque parfois, la jeune enseignante insiste surtout sur l’importance des liens qu’elle a tissés depuis son arrivée : « Ici, je ne suis pas seule. J’ai des collègues et des amis qui m’entourent beaucoup. »
Dans quelques mois, Darika rentrera au Cambodge. L’occasion de transmettre à ses élèves et collègues enseignants ce qu’elle aura appris en France. « Cette expérience me donne envie d’imaginer des projets similaires dans mon village », conclut-elle.
Darika Soeurn est originaire de la province de Kampong Cham, à une centaine de kilomètres à l’est de Phnom Penh, la capitale. © Ryan Chan / Unsplash
Le projet Promotion du français dans la perspective du Sommet de la Francophonie 2026
Lancé à l’automne dernier pour une durée d’un an, il est mis en œuvre par France Volontaires Cambodge, en collaboration avec le ministère de l’Éducation, de la Jeunesse et des Sports du Cambodge, avec le soutien du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères français, via le Fonds Équipe France (FEF Cambodge).