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Francophonie : un volontaire engagé à l’Institut français d’Égypte

30 Mar. 2026
Un concert organisé dans le cadre de la première « Nuit du ramadan », au Caire, avec des artistes francophones venant de plusieurs pays membres de l’OIF (Grèce, Liban, France, Égypte). © Institut français d’Égypte

Au terme du Mois de la francophonie en Égypte, marqué par une programmation riche et collective, Alexandre Godineau revient sur son engagement au Caire. Volontaire de solidarité internationale dans le cadre du programme « Volontaires unis pour la francophonie », il contribue, à l’Institut français d’Égypte, à animer un réseau d’acteurs mobilisés pour dynamiser l’image et les usages de la langue française.

Alors que s’achève en Égypte le Mois de la francophonie 2026, le pays a vibré pendant plusieurs semaines au rythme d’une programmation dense. Conférences, projections, concours d’éloquence, hackathon sur l’intelligence artificielle, événements culturels ou encore rencontres professionnelles : plus de 25 rendez-vous ont été organisés dans plusieurs gouvernorats, mobilisant ambassades, institutions académiques et acteurs culturels.

Au cœur de cette dynamique, des volontaires internationaux contribuent à faire vivre la francophonie au quotidien. C’est le cas d’Alexandre Godineau, engagé au Caire dans le cadre du programme Volontaires unis pour la francophonie (V-Francophonie) de France Volontaires, et en mission à l’Institut français d’Égypte. Il revient sur son rôle, les enjeux de la francophonie dans le pays et les perspectives ouvertes par ce mois de mobilisation.

Quel est votre rôle au sein de l’Institut français d’Égypte ?

Je suis chargé de la promotion de la francophonie à l’Institut français d’Égypte. C’est une mission assez transversale, qui recouvre différentes actions.

La première consiste à piloter et coordonner le GAF, le Groupe des ambassadeurs et ambassadrices francophones. Il s’agit du réseau des ambassades des pays membres de l’Organisation internationale de la Francophonie en Égypte. C’est d’ailleurs l’un des plus importants au monde, dans la mesure où l’Égypte constitue un centre diplomatique international majeur. Ce réseau regroupe environ une trentaine d’ambassades.

Nous organisons des réunions mensuelles afin de coordonner des actions communes de promotion de la francophonie, notamment à travers l’organisation d’événements, la communication et la mise en réseau des acteurs.

Cela implique un dialogue constant, à la fois avec les ambassades et entre elles, afin de créer des dynamiques collectives autour de la francophonie. Nous travaillons également avec de nombreuses institutions partenaires : l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), l’Agence universitaire de la francophonie (AUF), le ministère des Affaires étrangères égyptien, la Bibliotheca Alexandrina, ainsi qu’un large éventail d’acteurs académiques.


Alexandre Godineau est volontaire de solidarité internationale à l’Institut français du Caire, en charge de la promotion de la francophonie. © France Volontaires

Comment les établissements d’enseignement du français sont-ils associés ?

Les établissements du réseau d’enseignement français homologué, les établissements labellisés, mais aussi des instituts nationaux proposant le français comme langue vivante participent à des événements dans des domaines variés.

La programmation du Mois de la francophonie s’inscrit dans cette dynamique. Elle est le fruit de plusieurs mois de concertation et d’échanges entre ces différents partenaires, depuis mon arrivée en octobre.

Quelle est aujourd’hui la place du français en Égypte ?

On estime qu’il y a environ trois millions de locuteurs francophones en Égypte. Ce chiffre est significatif, même s’il reste relativement modeste au regard de la population totale.

Plus largement, le français – et les langues étrangères autres que l’anglais – peuvent être perçus comme élitistes dans le monde arabe. Le français, en particulier, est parfois associé à des générations plus anciennes, ce qui peut lui donner une image un peu datée.

Le français est une langue historiquement bien implantée en Égypte, en raison des liens anciens entre les deux pays, notamment depuis l’expédition de Napoléon. Cet héritage se retrouve encore aujourd’hui dans l’espace urbain, avec des noms de rues ou certains quartiers marqués par cette histoire.

Plus récemment, le français occupe également une place importante dans les politiques éducatives. L’ouverture prochaine du nouveau campus de l’Université Senghor, institution francophone qui accueille de nombreux étudiants africains, en est un exemple concret.

L’Égypte, qui se positionne comme une puissance régionale, a donc intérêt à renforcer son ancrage dans l’espace francophone, notamment à l’échelle du continent africain. Cette dynamique se traduit par un engagement réel en faveur de la langue française. C’est en tout cas la perception que j’en ai sur le terrain.

"Le français occupe une place importante dans les politiques éducatives. L’ouverture prochaine du nouveau campus de l’Université Senghor, institution francophone qui accueille de nombreux étudiants africains, en est un exemple concret."

C’est ce qui explique l’intérêt d’organiser un Mois de la francophonie en Égypte ?

Effectivement, dans ce contexte, l’enjeu du Mois de la francophonie est de valoriser la francophonie au-delà de la seule dimension linguistique. Il s’agit de la présenter comme un espace de dialogue, mais aussi comme un espace d’opportunités.

La programmation met ainsi en avant les dimensions universitaire, académique et professionnelle de la francophonie. Un cycle de conférences a notamment été organisé pour valoriser les perspectives qu’elle offre, que ce soit en Afrique de l’Ouest, au Canada, en France, en Belgique ou en Suisse.

L’objectif est de proposer une vision renouvelée de la francophonie, en montrant qu’elle ne se limite pas à une langue liée à la France, mais qu’elle constitue un espace partagé par de nombreux pays.

Comment percevez-vous la dynamique de la francophonie dans le pays ?

Au-delà des politiques publiques, on observe l’existence d’un réseau d’acteurs très dense, au Caire mais aussi dans d’autres grandes villes comme Alexandrie ou Port-Saïd. Ces acteurs sont fortement mobilisés pour promouvoir la francophonie, ce qui est plutôt encourageant pour l’avenir.

La programmation du Mois de la francophonie en témoigne : elle se déploie dans plusieurs gouvernorats et comprend plus de 25 événements. Cela montre que la francophonie est bien vivante en Égypte, même si un travail de fond reste nécessaire pour moderniser son image et la rendre plus attractive auprès des jeunes générations.

Remise des prix après la finale du tournoi Esport entre joueurs et commentateurs francophones, le 17 mars dernier. © Institut français d’Égypte

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