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Ancien responsable de la formation continue dans l’enseignement agricole, Jean-Marie l’Haridon s’était engagé, en décembre 2024, en Volontariat d’échange et de compétences à Kinshasa dans le cadre du programme V-Forêts. Sa mission : former des acteurs d’ONG congolaises au montage de projets environnementaux et forestiers, en misant sur le transfert d’outils méthodologiques, l’adaptation aux réalités locales et l’échange entre pairs. Retour sur son expérience.
Jean‑Marie l’Haridon, ancien responsable d’un secteur de formation continue des enseignants d’un réseau de deux cents lycées agricoles, n’a rien perdu de son envie d’apprendre, de transmettre et de s’engager. Originaire de Bretagne, il a toujours considéré l’ouverture au monde comme une évidence.
Durant sa carrière, il organise ainsi des échanges interculturels pour les enseignants, convaincu que la compréhension du monde est un levier fondamental d’émancipation. À l’heure de la retraite, l’envie demeure : il souhaite continuer à agir, mais sur le terrain, à travers des projets concrets qui favorisent l’autonomisation des acteurs locaux.
C’est ainsi qu’il rejoint le Groupement Éducation sans Frontières (GREF), dont le mot d’ordre « Partager les savoirs, pour un avenir solidaire », résonne profondément avec ses convictions.
Une mission de volontariat international au cœur des défis forestiers du bassin du Congo
Envoyé à Kinshasa dans le courant, Jean‑Marie anime une formation destinée à une trentaine de membres d’ONG locales. Organisée par le Centre des Technologies Innovatrices pour le Développement Durable (CTIDD) son objectif est d’accompagner ces acteurs dans le montage de projets environnementaux et sociaux liés au domaine forestier.
Pendant plusieurs jours, il enseigne comment analyser de manière méthodique un problème des domaines forestiers, agricoles ou socio territoriaux, ou comment concevoir un projet agricole, communautaire ou de plaidoyer. Sa formation a également pour but de permettre d’identifier des partenaires (opérationnels ou bailleurs de fonds) et de communiquer de façon professionnelle, notamment grâce aux outils numériques.
Pendant plusieurs jours, Jean-Marie l’Haridon a entre autres enseigné comment analyser de manière méthodique un problème des domaines forestiers ou agricoles. © Toza Productions / Unsplash
Cette mission repose sur une préparation minutieuse, menée quelques mois en amont avec France Volontaires, le GREF et le CTIDD, qui coordonne la formation localement. Ensemble, ils adaptent les contenus aux réalités congolaises. La mission ne se cantonne pas à une semaine d’animation sur place : elle comporte aussi le suivi, la poursuite des échanges, autant que de besoin. « Dès les premiers échanges à Kinshasa, je me suis senti « de leur bord », partageant leurs préoccupations et leur volonté d’avancer », confie Jean-Marie.
Un choc culturel… finalement harmonieux
Avant son départ, Jean‑Marie se pose mille questions : ses références pédagogiques seront‑elles adaptées ? Pourra‑t‑il trouver la posture juste face à des participants expérimentés et exigeants ? Les projets auront‑ils une réelle chance d’aboutir ?
Ces doutes s’estompent dès les premiers échanges. Rapidement, il se sent « de leur bord », en phase avec leurs préoccupations et leur énergie militante.
S’il remarque des différences culturelles, notamment dans le style très animé des discussions en ateliers (parfois vives, souvent passionnées), celles‑ci lui apparaissent finalement comme une richesse. Ce climat de débat intense, mais respectueux, stimule en fin de compte l’apprentissage. D’autant que ces échanges vifs ne se font pas au détriment de la cohésion du groupe, et respectent des limites.
« Comme les bretons de mon enfance, les participants sont au moins bilingues : ils s’expriment entre eux de façon directe, choisissant les mots, avec leurs nuances. Pour tout dire, je ne me suis pas senti réellement dépaysé. J’étais curieux d’apprendre un peu de vocabulaire lingala et de pouvoir l’utiliser », conclue Jean-Marie. Des échanges qui se poursuivent après la formation, sur les croyances, le racisme, les traditions… dans une découverte mutuelle.
Le Volontariat d’échange et de compétences (VEC), un dispositif d’expertise de courte durée
Le Volontariat d’échanges et de compétences propose des missions de volontariat mettant le transfert d’expertise au centre du dispositif. Il a vocation à attirer des profils qui ne peuvent s’engager sur une longue durée, mais qui souhaitent pourtant s’investir dans la solidarité internationale. Parmi les structures qui portent des missions de VEC, des membres de France Volontaires tels que AGIRabcd, le GREF ou la Délégation catholique pour la coopération (DCC) proposent des missions autour de la santé, du développement territorial, de l’éducation et de l’insertion professionnelle. Ces trois structures s’engagent dans le programme Volontaires pour la préservation de Forêts, en déployant neuf missions de VEC au Cameroun, au Gabon et en République démocratique du Congo.