L’Organisation des États de la Caraïbe orientale (OECO) est une organisation intergouvernementale qui œuvre au renforcement de l’intégration régionale dans la zone. © Rick Jamison / Unsplash
Au sein de l’Organisation des États de la Caraïbe orientale (OECO), Florence Messoah contribue à structurer et rendre plus lisible l’écosystème de coopération, notamment à travers la création d’une plateforme de données dédiée aux partenaires. Une mission qui lui permet aussi de participer, au quotidien, aux dynamiques de coopération et d’intégration régionale dans la zone.
Après un premier volontariat en Service Civique à l’international au sein de l’Organisation des États de la Caraïbe orientale (OECO) entre 2023 et 2024, Florence Messoah, 25 ans, a choisi de repartir en 2025, cette fois-ci en s’engageant en tant que volontaire de solidarité internationale (VSI) au sein de la même organisation. Dans la continuité de son Service Civique, sa mission consiste à créer une base de données afin de rendre plus lisible tout l’écosystème du département de la coopération et de la mobilisation des ressources externes de l’institution.
Appuyer, coordonner, faire le lien
Ainsi, lors de son Service Civique, Florence a commencé par rassembler l’ensemble des données. Elle a ainsi identifié et recensé les partenaires, les projets et les financements. Son VSI lui a ensuite permis de mieux comprendre sa fonction au sein du projet Aujourd’hui, le projet arrive à son aboutissement : « On passe de l’Excel à la réalité », s’amuse-t-elle, alors que le projet a été officiellement lancé le 8 janvier dernier. C’est désormais une plateforme opérationnelle prenant la forme d’un outil pilote amené à évoluer, à être alimenter en permanence.
En dehors de cette mission, Florence intervient aussi en appui des autres unités, notamment lorsqu’il faut rechercher de nouveaux partenariats ou identifier des opportunités de coopération. Elle contribue également à l’écriture de certains accords ainsi qu’à la logistique pour l’organisation d’événements, comme lors d’une conférence régionale réunissant différents acteurs de la Caraïbe autour de thématiques environnementales, sociales et de développement durable. Elle fait aussi le lien avec les autres unités de l’OECO, en participant à des réunions avec des partenaires extérieurs et en jouant un rôle d’intermédiaire entre ces partenaires et les unités techniques, notamment lorsque d’autres États sollicitent l’institution pour la mise à disposition de fonds. Enfin, elle participe à la rédaction de notes d’information et de briefs pour la direction générale de l’OECO, comme lors de l’Assemblée générale des Nations unies.
Florence Messoah, Naomi Lacides Jeanlys, également volontaire de solidarité internationale et Mendy Kilo, chargé de coopération de la Région Guadeloupe à l’OECO. © DR
Pour Florence, les grands enjeux de la coopération dans la Caraïbe sont très concrets et se ressentent directement sur les territoires : « Les politiques migratoires des États-Unis ont des impacts en chaîne sur les personnes autour de moi, par exemple : elles freinent les mobilités, compliquent les rapprochements familiaux et réduisent certaines possibilités d’évolution ».
Les grands enjeux de la coopération caribéenne
Autre problématique : les sargasses. « Il existe une multitude de projets autour de cette algue toxique », explique Florence, « mais jusqu’à présent, il manque encore une solution vraiment opérationnelle, faute de données suffisamment consolidées et, souvent, de financements adaptés pour aller au bout de démarches viables. » Enfin, elle évoque aussi l’enjeu clé de la connectivité entre les territoires : « Il y a peu de liaisons directes entre les îles et, quand elles existent, elles restent trop chères, ce qui limite les échanges et la coopération au quotidien »
Dans ce contexte, elle estime important que toutes les îles francophones « prennent le train en marche» et soient pleinement présentes dans les dynamiques régionales.
« Il faut mieux mettre en lumière les projets qui se construisent ici, rendre visible ce que la coopération produit concrètement et intégrer davantage la population à cette dynamique »
Florence Messoah, volontaire de solidarité internationale
Plus tard, Florence aimerait justement travailler sur les politiques d’intégration régionale : « Malheureusement, l’OECO reste encore peu connue sur nos territoires » constate Florence. « En général, les gens ne connaissent pas bien l’organisation, ou alors ils ne comprennent pas ce que la Guadeloupe et la Martinique font. » C’est l’une des raisons pour lesquelles elle aimerait justement travailler sur les politiques d’intégration régionale, en particulier sur une présence accrue de la Guadeloupe et de la Martinique, avec une participation qui se traduise par des résultats tangibles, visibles et mesurables. Florence insiste : « C’est un point essentiel. Il faut mieux mettre en lumière les projets qui s’y construisent, rendre visible ce que la coopération produit concrètement et intégrer davantage la population à cette dynamique. Et cela commence simplement par l’informer, pour que chacun puisse comprendre les enjeux, les opportunités et les retombées possibles au niveau local. »
En ce sens, le parcours de Florence s’inscrit pleinement dans la logique du projet VIES Caraïbes : créer des ponts concrets entre les territoires, renforcer les coopérations existantes et donner une place active aux jeunes dans ces dynamiques régionales.
Le parcours académique de Florence Messoah a débuté avec une double licence en droit et langues étrangères appliquées, du droit européen, une spécialisation transfrontalière et territoriale, puis un master. Elle a ensuite réalisé un stage au secrétariat conjoint Interreg Caraïbe, avant un stage de fin d’études en tant que chargée de projet européen à la Région Occitanie.© DR
L’OECO, qu’est-ce que c’est ?
L’Organisation des États de la Caraïbe orientale (OECO) est une organisation intergouvernementale qui œuvre au renforcement de l’intégration régionale dans la zone. Ce principe d’intégration repose sur la coopération entre pays proches géographiquement ou partageant des réalités économiques, culturelles ou environnementales communes, afin de répondre ensemble à certains défis. Il peut s’agir, par exemple, de faciliter les échanges, de mutualiser des ressources ou de coordonner des politiques publiques.
L’OECO rassemble aujourd’hui douze États et territoires de la région. Parmi eux, sept pays dits « protocolaires » — Antigua-et-Barbuda, la Dominique, la Grenade, Montserrat, Saint-Christophe-et-Niévès, Sainte-Lucie et Saint-Vincent-et-les-Grenadines — bénéficient d’un dispositif de libre circulation. Leurs citoyens peuvent voyager et s’installer dans les autres États membres en présentant simplement une pièce d’identité valide, comme un passeport ou une carte nationale.