Le réveil a sonné au lever du jour. Et à 6h30 du matin, les barrières sont déjà installées, les consignes fusent et les premiers rangs prennent place sur la plus célèbre avenue de France. Dans quelques jours, des milliers de spectateurs assisteront au défilé du 14 Juillet. Parmi les volontaires qui défileront mardi pour la Fête nationale se trouve Ophélie Rallots, qui termine une mission de Service civique international à Madagascar au sein de l’association Aïna Enfance & Avenir.
Dans les coulisses du défilé du 14 Juillet
Ophélie représente la dimension internationale du Service civique au sein du défilé militaire. Une reconnaissance symbolique pour un engagement qui, loin des projecteurs, se construit depuis plusieurs mois auprès d’enfants et de jeunes dans cette association malgache.

À Antananarivo, sa mission consiste à organiser des activités éducatives, sportives et culturelles, à animer des ateliers de lecture et à développer des partenariats locaux. Une mission au plus près des besoins des jeunes accompagnés. Sur les Champs-Élysées, l’émotion est palpable. « C’est vraiment un honneur, une fierté et aussi un peu de stress de pouvoir participer à un tel événement », confie-t-elle entre deux répétitions (son interview complète est à lire ici). L’exercice n’a pourtant rien d’évident. « Apprendre à marcher au pas en tant que civils, ce n’est pas dans notre logique », s’amuse-t-elle. Au fil des répétitions, les automatismes s’installent, les rangs se resserrent et les échanges entre volontaires font tomber les dernières appréhensions.
Au-delà du cérémonial républicain, cette séance de préparation est aussi une rencontre entre des jeunes engagés dans des missions très différentes. « Un moment comme ça, ça rapproche, on partage notre énergie, on vit également des moments de décompression, on fait des jeux collectifs pour mieux se connaître », résume Ophélie, qui découvre les parcours des autres volontaires et mesure la diversité des formes d’engagement réunies pour l’occasion.
Volontariat à Madagascar : un partenariat franco-malgache en pleine expansion
Sa présence dans le défilé, c’est aussi l’histoire d’une coopération qui s’intensifie entre la France et Madagascar. Le 23 avril 2025, les deux pays ont franchi une étape importante avec la signature d’un accord intergouvernemental sur le volontariat international d’échange et de solidarité. Ce dernier donne un cadre juridique aux mobilités croisées, renforce l’accompagnement des volontaires par l’Espace Volontariats d’Antananarivo et inscrit durablement le volontariat dans la relation franco-malgache.
Les chiffres traduisent cette dynamique. En 2025, 471 volontaires français étaient engagés à Madagascar. Près de 40 % de leurs missions concernaient l’éducation, un secteur prioritaire de la coopération entre les deux pays. Répartis sur l’ensemble du territoire, ils interviennent également dans les domaines de la culture, du sport, de l’environnement, de la santé ou encore du développement local.

L’ONG Aïna Enfance & Avenir. mène depuis sa création une action qui vise la protection des enfants et des très jeunes mères et plus généralement la protection des personnes en difficulté ou vivant dans une très grande précarité. © Aïna Enfance & Avenir
Le parcours d’Ophélie s’inscrit pleinement dans cette ambition. Diplômée d’un master en anthropologie sociale et culturelle des îles du Sud-Ouest de l’océan Indien, elle voyait dans cette mission une première immersion professionnalisante à Madagascar. Une expérience qui dépasse largement le cadre de son projet initial. « Il faut savoir s’adapter, c’est un vrai choc culturel. J’ai développé une capacité à me débrouiller dans les petits moments de galère : même si le volontariat est encadré, on est quand même « lâchés » dans l’inconnu, c’est la nouveauté.
Derrière cette phrase se dessinent les réalités du volontariat : apprendre une autre langue, comprendre d’autres habitudes, trouver sa place et construire une relation de confiance avec les partenaires locaux.
Le passage de la cohorte des volontaires sur les Champs-Élysées ne dure que quelques minutes. Mais derrière ces quelques instants se cachent des mois d’engagement, des centaines de missions menées à travers le monde et des parcours comme celui d’Ophélie Rallots, où l’expérience individuelle rejoint un projet collectif : faire de la jeunesse un acteur à part entière des partenariats internationaux de la France.

Les outre-mer, acteurs stratégiques de la coopération internationale française
La participation d’Ophélie au défilé rappelle également le rôle particulier des territoires ultramarins dans l’action internationale de la France. Située au cœur de l’océan Indien, La Réunion entretient des liens historiques, culturels et humains avec Madagascar. Cette proximité fait des jeunes ultramarins des acteurs naturels de la coopération régionale, capables de circuler entre plusieurs espaces culturels et de créer des passerelles durables.
Le volontariat constitue, à cet égard, un levier de plus en plus mobilisé. Pour de nombreux jeunes issus des outre-mer, il représente une première expérience professionnelle internationale tout en renforçant les coopérations de proximité avec les pays voisins. Une approche qui répond aux priorités françaises de diplomatie des territoires et de solidarité internationale.