Entre les forêts du Brésil et le relief du centre du Mexique, deux jeunes Françaises accompagnent des projets qui cherchent à concilier protection de la nature et développement des territoires. Diane Lopiccolo et Morgane Brites sont les premières volontaires de solidarité internationale envoyées dans le cadre du partenariat entre France Volontaires et la Fédération des Parcs naturels régionaux de France.
Dans les montagnes d’Oaxaca, au Mexique, comme au cœur des forêts tropicales de la région de Bahia, au Brésil, les mêmes questions reviennent : comment protéger des territoires d’exception sans freiner le développement de ceux qui y vivent ? Depuis plusieurs mois, deux Françaises participent, chacune à leur manière, à cette réflexion. Diane Lopicolo et Morgane Brites sont les premières volontaires de solidarité internationale (VSI) mobilisées dans le cadre du partenariat noué entre France Volontaires et la Fédération des Parcs naturels régionaux de France signé en novembre 2025, et destiné à renforcer la mobilisation de volontaires au service des projets de coopération menés par les Parcs, en France comme à l’international.
Coopération internationale : les Parcs naturels régionaux misent sur le volontariat
Au-delà de leur dimension symbolique, ces deux missions illustrent la manière dont le volontariat peut renforcer des coopérations déjà engagées entre collectivités, institutions et acteurs locaux. Dans les deux cas, les jeunes Françaises occupent une fonction charnière : elles coordonnent les échanges entre partenaires, assurent un suivi quotidien des projets et facilitent le dialogue entre des institutions séparées par plusieurs milliers de kilomètres.
« La présence d’un volontaire sur place facilite énormément la coordination. Dans un projet aussi complexe, impliquant de nombreux partenaires et deux pays, il est important d’avoir une personne capable de faire le lien et de structurer les échanges », résume Diane Lopiccolo. Même constat au Brésil, pour Morgane Brites : « Le fait qu’un volontaire soit directement implanté sur le terrain permet d’incarner le projet, de maintenir un lien permanent entre les partenaires et de mettre en œuvre davantage d’actions concrètes. »
À Oaxaca, dans le sud du Mexique, Diane coordonne le projet Terra Viva, qui vise à protéger la biodiversité, les activités économiques et valoriser le patrimoine culturel des communautés locales.. © DR
Pour les Parcs naturels régionaux français, ces coopérations constituent également une occasion de confronter leurs méthodes à d’autres réalités territoriales. Gouvernance participative, agroécologie, tourisme durable ou encore implication des habitants : autant de sujets sur lesquels les échanges nourrissent les pratiques des deux côtés de l’Atlantique.
« Le fait qu'une volontaire soit directement implantée sur le terrain permet d'incarner le projet, de maintenir un lien permanent entre les partenaires »
Morgane Brites, volontaire de solidarité internationale au Brésil
Si leurs fonctions présentent de nombreuses similitudes, les deux volontaires évoluent dans des contextes très différents.
À Oaxaca, dans le sud du Mexique, Diane coordonne le projet Terra Viva, qui vise à promouvoir un modèle de « paysage bioculturel » inspiré des Parcs naturels régionaux français. L’ambition est de concilier protection de la biodiversité, activités économiques et valorisation des patrimoines culturels des communautés locales. Intégrée au sein du ministère de l’Environnement de l’État d’Oaxaca, elle anime un réseau réunissant administrations mexicaines, collectivités françaises, associations et territoires pilotes.
Mexique et Brésil : deux missions, un même objectif de coopération territoriale
Le projet répond à une attente forte des habitants, qui voient dans cette démarche un moyen de préserver leurs ressources naturelles tout en développant des activités économiques respectueuses de leur environnement. Mais la jeune volontaire rappelle aussi que la coopération internationale s’inscrit dans le temps long : « Nous ne proposons pas un modèle clé en main ; nous construisons le projet avec les communautés. »
À plus de 7 000 kilomètres de là, dans l’État de Bahia, Morgane intervient sur un projet consacré à la gestion des aires protégées. Aux côtés du secrétariat à l’Environnement de Bahia, elle coordonne les échanges entre plusieurs Parcs naturels régionaux français, des universités et les collectivités brésiliennes autour de trois priorités : l’agroécologie, le tourisme durable et la gouvernance participative.
« Nous ne proposons pas un modèle clé en main ; nous construisons le projet avec les communautés »
Diane Lopiccolo, volontaire de solidarité internationale au Mexique
Une partie importante de son travail se déroule sur le terrain, au contact des agriculteurs et des collectivités locales, où elle réalise des diagnostics territoriaux et accompagne l’identification de nouvelles pistes de développement.
Son expérience lui a permis de mesurer l’influence du modèle français. « Les aires de protection environnementale brésiliennes ont été conçues en s’inspirant des parcs naturels régionaux français », explique-t-elle. Mais les échanges fonctionnent dans les deux sens. Les partenaires brésiliens interrogent à leur tour les pratiques françaises et souhaitent renforcer la participation des habitants dans la gestion de leurs territoires.
Ces deux missions présentent aussi une autre singularité. Elles marquent un renforcement de l’action de France Volontaires au Mexique et au Brésil, deux pays où l’association n’intervenait jusqu’à présent qu’à travers un nombre limité de projets. Elles témoignent ainsi de l’élargissement progressif de son champ d’action en Amérique latine, au service de nouvelles coopérations territoriales.
Des missions pilotes pour renforcer la coopération environnementale
Pour les deux volontaires, cette expérience dépasse largement le cadre technique de leur mission. Diane y voit « un échange, un apprentissage mutuel », tandis que Morgane retient avant tout « les rencontres avec les habitants des territoires » et la richesse des échanges entre partenaires français et brésiliens.
La convention signée entre France Volontaires et la Fédération des Parcs naturels régionaux de France est conclue pour trois ans et prévoit le développement de nouvelles missions de volontariat. Les parcours de Diane et de Morgane constituent ainsi les premières pierres d’un programme appelé à s’étoffer, au rythme des coopérations internationales nouées par les Parcs naturels régionaux et leurs homologues étrangers.
Dans le parc naturel de l’ETat de Bahia, au Brésil, où Morgane mène sa mission. © DR