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À la Cité internationale de la langue française, l’engagement francophone d’une volontaire cambodgienne

8 Juil. 2026

Sreyyen Huot a rejoint l’établissement en février 2026 comme volontaire de solidarité internationale, dans le cadre du programme Volontaires unis pour la Francophonie (V-Francophonie). © France Volontaires

Depuis février 2026, Sreyyen Huot est volontaire de solidarité internationale à la Cité internationale de la langue française. Au cœur d’un établissement tourné vers les échanges internationaux, la jeune Cambodgienne met ses compétences au service de projets qui font vivre la Francophonie. Une mission emblématique de l’ambition portée par le programme V-Francophonie.

Au cœur du château de Villers-Cotterêts, où l’ordonnance de 1539 fit du français la langue du droit et de l’administration, la Cité internationale de la langue française fait aujourd’hui vivre un patrimoine partagé par près de 400 millions de locuteurs à travers le monde. Inauguré en 2023, ce lieu de création, de résidence et de diffusion culturelle accueille artistes, chercheurs et professionnels venus explorer toutes les dimensions de la langue française et de la Francophonie.

C’est dans ce cadre que Sreyyen Huot a rejoint l’établissement en février 2026 comme volontaire de solidarité internationale, dans le cadre du programme Volontaires unis pour la Francophonie (V-Francophonie). Son arrivée s’inscrit dans un parcours déjà solidement ancré dans la coopération franco-cambodgienne. Après un Service Civique international en France avec Enfants du Mékong, elle a accompagné le développement du volontariat au sein de France Volontaires Cambodge, avant de rejoindre successivement le service de coopération et d’action culturelle de l’ambassade de France à Phnom Penh, puis le lycée français René Descartes. À la Cité, cette expérience lui permet aujourd’hui de contribuer au développement des relations internationales, tout en poursuivant un engagement au service du dialogue entre les cultures et du rayonnement de la langue française. 

Peux-tu expliquer concrètement en quoi consiste ta mission à la Cité internationale de la langue française ?

Ma mission consiste à développer les relations internationales de la Cité. Depuis mon arrivée, j’ai déjà collaboré avec plusieurs partenaires internationaux. Par exemple, j’ai participé à l’organisation de l’envoi d’une sélection d’ouvrages vers Rabat, en lien avec l’Institut français du Maroc. J’ai également collaboré avec l’Institut français de Tunisie dans le cadre d’événements organisés autour de la Francophonie.

En ce moment, je suis sur la recherche de financements afin de soutenir un projet de résidence porté par une compagnie libanaise. Ce projet s’inscrit notamment dans la perspective du prochain Sommet de la Francophonie, qui se tiendra au Cambodge en novembre.

Je participe également à l’organisation de l’accueil de chercheurs et d’enseignants internationaux dans le cadre du Collège international de Villers-Cotterêts, qui les recevra en septembre et en octobre prochains.

Enfin, je contribue à la préparation d’un dossier de candidature dans le cadre d’un appel à projets lancé par le ministère de la Culture.

La Cité propose 1600 m² d’expositions permanente et temporaires et une programmation variée de spectacles, d’événements, de conférences et d’expositions. © France Volontaires

Tu maîtrises particulièrement bien le français. Comment l'as-tu appris ?

Je pense que c’est avant tout parce que j’aime beaucoup cette langue. Lorsque j’étais au collège, j’ai été parrainée par une association française. C’est à ce moment-là que j’ai commencé à apprendre le français. Au début, je ne parlais pas encore la langue, mais chaque année des parrains et marraines français venaient nous rendre visite au centre. J’avais très envie de pouvoir échanger avec eux.

J’aimais aussi beaucoup la sonorité du français. C’est ce qui m’a motivée à poursuivre mon apprentissage. J’ai ensuite effectué une licence au département d’études francophones, pendant quatre ans.

As-tu le sentiment que ton niveau de français a encore progressé depuis ton arrivée ?

Oui, clairement. Le fait d’échanger tous les jours avec mes collègues me permet d’apprendre sans cesse de nouvelles expressions et du nouveau vocabulaire. Cela m’aide à continuer de progresser.

Il m’arrive encore d’hésiter lorsque je cherche un mot ou une expression, mais mes collègues prennent toujours le temps de m’expliquer les formulations que je ne connais pas encore. Cela m’aide beaucoup.

"Chaque mardi, nous accueillons des résidents venus de nombreux pays francophones. À leur contact, j'ai réalisé à quel point le français est bien plus qu'une langue: c'est un véritable vecteur de culture"

Sreyyen Huot, volontaire de solidarité internationale

Au-delà de la langue, quelles compétences as-tu développées depuis ton arrivée à la Cité internationale de la langue française ?

La communication et la coordination de projets internationaux, puisque cela fait directement partie de mes missions liées aux relations internationales.

J’ai également découvert le domaine de la recherche de financements, qui m’était beaucoup moins familier. C’est un sujet qui m’intéresse énormément. En ce moment, avec une collègue, nous travaillons notamment à l’identification d’appels à projets. C’est un domaine dans lequel j’apprends beaucoup et que je trouve très enrichissant.

 © France Volontaires

Ton regard sur la France ou sur la francophonie a-t-il changé depuis ton arrivée ?

Concernant la France, pas vraiment, car j’avais déjà effectué une précédente mission de volontariat en France, dans le cadre du Service Civique. Je connaissais donc déjà un peu le pays.

En revanche, cette mission m’a permis de mieux comprendre le rôle que joue la France dans la promotion de la langue française, notamment à travers la Cité internationale de la langue française. C’est un lieu entièrement consacré à la langue française, qui la fait vivre au travers de nombreux projets culturels et éducatifs très concrets.

Cette expérience m’a aussi permis de mesurer l’ampleur de la francophonie. Je ne pensais pas qu’elle était aussi vaste.

Chaque mardi, nous accueillons des résidents venus de nombreux pays francophones. À leur contact, j’ai réalisé à quel point le français est bien plus qu’une langue : c’est un véritable vecteur de culture, de rencontres et d’échanges partout dans le monde.

Si tu devais retenir un moment ou un projet marquant depuis le début de ta mission, lequel choisirais-tu ?

L’un des moments qui m’a le plus marquée a été la Journée de la Francophonie, en particulier la cérémonie de remise d’un prix récompensant de jeunes réfugiés qui avaient appris le français, du prix DIMO, en présence de la ministre chargée de la Francophonie. Cela m’a permis de comprendre à quel point la langue française peut être un véritable outil d’intégration.

En tant qu’étrangère vivant en France, j’ai moi-même été confrontée à la barrière de la langue. Voir ces jeunes recevoir une reconnaissance pour leur parcours m’a beaucoup touchée.

J’ai également été marquée par la visite du président de la République à la Cité, ainsi que par les événements mettant en valeur l’engagement de la jeunesse. Tous ces moments montrent l’importance accordée à la langue française et à celles et ceux qui la font vivre.

 © France Volontaires

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