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LE MAG’

Projet RACINE : le volontariat aux côtés des acteurs camerounais de la protection des forêts

13 Août. 2026

Au Cameroun, Léo Mariette effectue une mission de volontariat de solidarité internationale au sein de l’association ECoDAs, dans le cadre du projet RACINE. Aux côtés d’une association locale, il participe à un projet de restauration d’espaces dégradés, alliant préservation de l’environnement et développement économique. Interview.

La protection des forêts est un enjeu majeur au Cameroun. Entre 2013 et 2021, le pays a perdu plus d’un million d’hectares de couvert forestier sous l’effet de l’agriculture, de l’exploitation du bois et d’autres activités humaines. Dans ce contexte, les organisations de la société civile jouent un rôle essentiel pour accompagner les populations, restaurer les écosystèmes et promouvoir des pratiques plus durables. C’est tout l’objet du projet RACINE (Renforcer les acteurs communautaires investis pour la nature et l’environnement), porté par Planète Urgence avec le soutien de l’Agence française de développement (AFD). Le programme accompagne plusieurs organisations camerounaises afin de renforcer leurs capacités, leur autonomie et leur accès aux financements, à travers des formations, un appui technique et un accompagnement dans la mise en œuvre de leurs projets.

Parmi elles figure ECoDAs, une association qui œuvre depuis une dizaine d’années à la protection des forêts en s’appuyant sur les communautés locales. Son approche repose sur une conviction simple : préserver la biodiversité passe aussi par l’amélioration des conditions de vie des populations. C’est au sein de cette organisation que Léo Mariette effectue aujourd’hui sa mission de volontaire de solidarité internationale, en accompagnant un projet de restauration d’espaces dégradés mené avec une association de femmes et de jeunes dans un village rural.

Peux-tu nous présenter ta mission ?

Ma mission est celle d’assistant de projet. Elle s’inscrit dans le cadre d’un programme plus large appelé RACINE, : l’objectif de ce programme est de renforcer les capacités d’acteurs locaux au Cameroun. Je suis accueilli par ECoDAs, qui travaille avec une association locale composée de femmes et de jeunes dans un village rural.

Le projet porte sur la restauration d’espaces dégradés. Nous leur apportons un accompagnement sous plusieurs formes : des formations, la fourniture de semences, de matériel, ainsi qu’un suivi tout au long du projet.

Le projet poursuit deux objectifs principaux. Le premier est environnemental : restaurer des espaces dégradés grâce à la plantation d’arbres. Le second est économique : les arbres produiront des fruits qui pourront être commercialisés afin de permettre à l’association de générer des revenus.

L’équipe qui entoure Léo pendant sa mission au Cameroun. © DR

Qu'attendais-tu de cette mission et qu'est-ce qu'elle t'apporte aujourd'hui ?

Ce que je recherchais avant tout, c’était une véritable expérience professionnalisante. Je voulais apprendre, non plus en tant que stagiaire, mais en étant pleinement intégré à une organisation.

L’un des grands avantages de cette mission, c’est qu’elle est très tournée vers le terrain. Lors de mon expérience précédente, je travaillais presque exclusivement depuis les bureaux. Ici, c’est très différent.

Je travaille uniquement avec des collègues camerounais. Cela me permet de mieux comprendre la réalité du terrain et la manière dont les projets sont menés localement. C’est une expérience particulièrement enrichissante.

Concrètement, que signifie « aller sur le terrain » dans ton quotidien ?

Il y a d’abord le fait de vivre au quotidien dans une petite ville, ce qui constitue déjà une immersion. Ensuite, le travail de terrain consiste à accompagner directement le projet avec les bénéficiaires.

Nous avons déjà réalisé deux missions. La première était une mission de prise de contact. Nous avons organisé des réunions avec les membres de l’association afin de leur présenter le projet, d’échanger sur leurs attentes et d’expliquer le cadre dans lequel il s’inscrit, notamment les règles de gestion des financements.

J’ai notamment participé à l’organisation des « vacances utiles », un programme estival qui propose aux enfants des activités complémentaires à leur scolarité. J’y ai animé des ateliers de mécanique, en expliquant par exemple le fonctionnement d’un moteur.

« Les prochaines activités ? Suivre l'évolution des plantations, mesurer le taux de mortalité des jeunes plants, prendre des photographies pour la communication et rédiger les rapports de suivi »

La deuxième mission était consacrée à la formation. Nous avons fait intervenir un formateur pour accompagner les membres de l’association. De notre côté, nous avons assuré l’organisation logistique et commencé à planifier les prochaines étapes du projet.

Les prochaines activités seront essentiellement consacrées au suivi. Nous irons régulièrement sur le terrain pour vérifier que les recommandations sont bien appliquées, suivre l’évolution des plantations, mesurer le taux de mortalité des jeunes plants, prendre des photographies pour la communication et rédiger les rapports de suivi.

Quel est l'aspect de cette expérience qui te marque le plus ?

Par rapport à mes expériences précédentes, ce qui me marque le plus, c’est le fait de vivre dans une petite ville. Jusqu’à présent, j’avais toujours vécu dans des capitales ou de grandes agglomérations. Cela change complètement l’expérience.

Je suis le seul expatrié, cette situation m’oblige à m’adapter pleinement au mode de vie local et à m’intégrer dans un environnement très différent de ceux que j’avais connus auparavant. C’est sans doute l’un des aspects les plus enrichissants de cette mission.

Bio express

Après une classe préparatoire puis une école d’ingénieurs, Léo Mariette se destinait à l’aérospatiale. Un stage en Tanzanie lui fait découvrir la solidarité internationale. Il complète ensuite sa formation par un double diplôme en action humanitaire à Sciences Po Paris, réalise une expérience de volontariat au Pérou puis un stage de six mois au Laos dans un réseau d’agroécologie. Aujourd’hui, il est volontaire de solidarité internationale au Cameroun, au sein d’ECoDAs, dans le cadre du programme RACINE porté par Planète Urgence.

La structure d’accueil

Fondée dans la région de Bakossi-Banyang-Mbo, au Cameroun, ECoDAs est une organisation qui place les communautés locales au cœur de la protection des forêts. Convaincue que la préservation de la biodiversité passe aussi par l’amélioration des conditions de vie des populations, elle accompagne les habitants dans le développement d’activités économiques durables, forme des gardiens communautaires de la forêt et favorise la reconversion d’anciens braconniers. Lauréate du premier National Award of Excellence Against Climate Change du Cameroun, ECoDAs s’appuie avant tout sur la confiance et l’engagement des communautés pour construire des solutions durables.

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