Soixante ans après l’arrivée du premier volontaire français au Vanuatu, une exposition retraçant l’histoire de celles et ceux qui ont fait vivre cette coopération au fil des décennies a eu lieu à l’Alliance française de Port-Vila. Trois volontaires de générations différentes racontent ce que cet engagement a changé dans leur vie… et dans celle du Vanuatu.
À l’occasion des 60 ans du volontariat français au Vanuatu, France Volontaires a inauguré l’exposition Portraits & Histoires : 60 ans de volontariat français au Vanuatu. À travers 27 portraits, cette rétrospective retrace six décennies d’engagement au service du développement, du dialogue interculturel et de la coopération entre la France et le Vanuatu. Depuis l’arrivée du premier volontaire français en novembre 1966 jusqu’aux volontaires actuellement en mission, l’exposition met en lumière des parcours singuliers qui, ensemble, racontent une histoire collective. Lors du vernissage, plusieurs générations de volontaires se sont retrouvées pour partager leurs souvenirs, leurs expériences et ce qui, malgré les époques, continue de les rassembler : la conviction que le volontariat se construit avant tout dans la rencontre avec l’autre.
« Il faut raconter ce qui a été vécu »
Parmi les pionniers présents figurait René Mara, volontaire à l’aide technique arrivé en 1968 comme enseignant sur l’île d’Erromango. Près de soixante ans après son arrivée, il mesure le chemin parcouru par le Vanuatu comme par le volontariat. Pour lui, cette exposition est avant tout un travail de transmission, indispensable pour préserver la mémoire de celles et ceux qui ont contribué, chacun à leur manière, à écrire cette histoire commune.
René Mara, est arrivé en 1968 comme enseignant sur l’île d’Erromango en tant que volontaire à l’aide technique. © France Volontaires
« Je faisais partie des premiers volontaires arrivés au Vanuatu. Quand je suis arrivé ici, le pays était très différent de celui que l’on connaît aujourd’hui. En cinquante ans, beaucoup de choses ont changé. La preuve, on a dû mettre ma photo actuelle sur mon portrait.
Je suis venu à cette exposition parce que je savais que j’allais pouvoir retrouver d’autres volontaires, échanger avec eux et partager mon histoire. C’est important pour moi que ces expériences ne restent pas seulement des souvenirs personnels. Il faut raconter ce qui a été vécu, transmettre ces histoires et montrer que chaque volontaire, à son époque et à sa manière, a contribué à écrire une partie de cette histoire.
Pour moi, les volontaires sont complémentaires. Ils sont tous différents, avec leurs parcours, leurs expériences et leurs façons d’apporter quelque chose. Chacun apporte un bout de France. Et tous ensemble, ils représentent cette France venue à la rencontre d’autres cultures, dans un esprit d’échange et de découverte. »
« Une rencontre entre des générations de volontaires »
Volontaire de Solidarité Internationale calédonien auprès de la FARM Support Association dans le cadre du projet Kiwa-RESICO, Djaik Neporon appartient à la génération actuellement engagée au Vanuatu. Ce qui l’a marqué lors du vernissage, c’est le dialogue entre les époques : voir réunis, dans un même espace, des volontaires aux parcours très différents rappelle que l’engagement se renouvelle sans cesse, tout en s’inscrivant dans une histoire de long terme.
Djaik Neporon (5e en partant de la gauche), entouré de l’ensemble des volontaires présents et passés lors de l’exposition. © France Volontaires
« C’est une très belle exposition. C’est très intéressant de voir que le travail de fourmis de tous ces volontaires soit mis à l’honneur. J’ai particulièrement apprécié que l’on voie également le travail de volontaires bien plus anciens, créant une rencontre entre volontaires de générations et de milieux différents. Cela montre bien qu’il n’y a pas un profil ou une expérience identique et que chacun, à sa manière, a pu apporter sa contribution à un projet ici. Cela souligne aussi que l’implication des volontaires au Vanuatu ne date pas d’hier.
Cette exposition arrive à un moment où il est nécessaire de montrer le partage, la dynamique et la confiance entre deux pays. Comme l’a dit l’Ambassadeur de France dans son discours : “Les volontaires sont les premiers ambassadeurs”. »
« Nous repartons tous avec un attachement au Vanuatu »
Engagée au sein de l’Université nationale du Vanuatu dans le cadre du programme Volontaires unis pour la Francophonie, Gwladys Marguerite a découvert, grâce aux portraits exposés, l’histoire de nombreux volontaires qui l’ont précédée. Une émotion renforcée par le sentiment d’appartenir à une communauté qui, malgré la diversité de ses parcours et de ses missions, partage le même engagement pour la coopération.
Parcourir les sentiers de Vent des Forêts fait partie du quotidien de David. Le volontaire veille à leur entretien et contribue à rendre les œuvres accessibles au public. © France Volontaires
« Il n’y a pas à dire, c’est une vraie réussite, et je suis si fière d’en faire partie. France Volontaires, en l’occurrence Ophélie ici, a su nous mettre à l’honneur et, à travers ces portraits, j’ai découvert des expériences dont je n’avais aucune idée. En tant que volontaire actuellement en poste, j’ai été d’autant plus touchée de lire les portraits des anciens dans lesquels j’ai appris beaucoup de choses sur chacun, même si je n’ai évidemment pas eu le temps de tout lire.
J’étais très émue de voir cette communauté aussi grande, aussi forte et toujours aussi présente au Vanuatu. Nous apportons chacun, à notre manière, notre contribution au développement de domaines variés, toujours dans un esprit de coopération, en créant du lien là où les relations humaines prennent une place si importante.
Malgré nos différents horizons, nos univers et parfois même nos cultures différentes, nous nous retrouvons tous ici pour un même but, portés par un même engagement pour la coopération, et nous repartons tous, je crois, avec cette même chose en commun : avoir développé un attachement bien plus que particulier au Vanuatu, voire y tomber amoureux. Au vu du nombre de volontaires qui ont choisi de rester, c’en est la plus belle preuve.
Les échanges et les discours ont parfaitement résumé tout ça. »
© France Volontaires
Au-delà de l’hommage rendu aux volontaires d’hier et d’aujourd’hui, cette exposition rappelle que le volontariat est une histoire en mouvement. Avec le développement des missions de réciprocité dans le Pacifique, une nouvelle page s’ouvre, fidèle à l’esprit qui anime ces engagements depuis soixante ans : apprendre les uns des autres.