La ville de M’Tsangamouji, au nord-ouest de Grande-Terre, accueille Milka en volontariat, où elle est rattachée au service jeunesse, sport et culture de la commune. © Wikimedia
À Tsingoni et M’Tsangamouji, Milka et Bryan sont les premiers volontaires tanzaniens engagés à Mayotte dans le cadre d’une mission de Service Civique international en réciprocité. Entre animations auprès des jeunes, actions éducatives et découverte du territoire, ils contribuent au rapprochement entre habitants tout en partageant leur culture et leurs expériences.
À Mayotte, Milka et Bryan découvrent un territoire qui leur est à la fois proche et nouveau. Originaires de Tanzanie, ils ont choisi de s’engager dans une mission de Service Civique International en réciprocité de huit mois avec France Volontaires. À travers leurs missions respectives, ils participent aux actions de deux communes mahoraises et expérimentent au quotidien les liens qui unissent les sociétés de l’océan Indien.
À M’Tsangamouji, Milka est rattachée au service jeunesse, sport et culture. Elle participe aux animations, aux ateliers éducatifs et culturels et accompagne notamment les enfants du quartier dans des activités autour de l’écriture, de la lecture et de la compréhension de texte. À Tsingoni, Bryan intervient au sein de la Maison France Services, dans le service Politique de la Ville et Cohésion Sociale. Sa mission porte notamment sur les activités intercommunautaires et le rapprochement entre les jeunes de Miréréni et de Combani, en lien avec le Conseil Municipal des Jeunes (CMJ).
Service Civique International en réciprocité : deux missions au service des jeunes à Mayotte
Pour Milka, l’envie de s’engager est née de son goût pour la transmission et les échanges. Après des études à l’Université de Dodoma, elle avait déjà travaillé avec des enfants et effectué une expérience de bénévolat à l’Alliance Française de Dar es Salaam. Sa mission à Mayotte lui permet aujourd’hui de poursuivre cet engagement tout en développant sa pratique du français et sa connaissance d’une autre société de l’océan Indien.
« Je voulais vraiment vivre une aventure utile, partager ce que je sais et apprendre des autres. Le choix de Mayotte s’est fait naturellement parce que c’est une belle occasion de pratiquer le français au quotidien tout en restant dans la région de l’océan Indien, pas très loin de chez moi, et de découvrir une culture magnifique », explique-t-elle.
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Bryan, originaire de Dar es Salaam et diplômé d’une licence en Lettres en Études de Langues, anglais et français, avait déjà effectué deux missions d’assistant de langue anglaise à Clermont-Ferrand. À Mayotte, il souhaite mettre ses compétences au service des habitants et développer sa capacité d’adaptation dans un nouvel environnement.
« J’aime mettre mes compétences au service de la société. Le volontariat m’offre cette opportunité. J’ai choisi Mayotte car c’est un territoire où je peux à la fois contribuer et démontrer efficacement ma capacité d’adaptation », souligne le jeune homme.
"Le choix de Mayotte s'est fait naturellement parce que c'est une belle occasion de pratiquer le français au quotidien"
Milka, volontaire en Service Civique international
Depuis leur arrivée, les deux volontaires ont déjà pris part à de nombreuses activités. Milka a participé à une séance de cinéma en plein air à M’Tsangamouji et à Chembényoumba, à l’événement « Ma commune a du talent », à la remise des récompenses aux lauréats d’études supérieures, ainsi qu’à une balade à vélo et à une randonnée. Elle a également participé à la 3e édition de la compétition de beach foot organisée sur la plage de Tanaraki.
Pour Bryan, les premières semaines ont été consacrées aux rencontres avec les jeunes du CMJ, à des ateliers de sensibilisation et à l’observation des réalités locales. Il contribue aux actions destinées à renforcer les liens entre les habitants de Miréréni et de Combani. Une découverte qui lui a notamment permis de constater que les jeunes des deux villages se mélangent encore difficilement.
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L’intégration dans les structures d’accueil s’est faite rapidement. Milka se souvient d’un accueil chaleureux dès son arrivée à l’aéroport, avant sa présentation aux différents services de la mairie, aux élus et à l’équipe du service jeunesse, sport et culture. À M’Tsangamouji, elle dit avoir trouvé une équipe disponible et bienveillante, qui lui a permis de prendre rapidement ses marques.
Bryan décrit lui aussi une arrivée positive. Ses collègues l’ont accompagné dans la découverte du territoire et du fonctionnement de la structure. « Mon équipe m’a montré une grande collaboration, comme si nous travaillions ensemble depuis longtemps », raconte-t-il.
Cette intégration est également facilitée par les nombreux points communs qu’ils découvrent entre Mayotte et la Tanzanie. Le climat tropical, la proximité de la mer, certaines habitudes alimentaires et surtout les langues rappellent aux deux volontaires leur pays d’origine.
Service Civique International en réciprocité : deux missions au service des jeunes à Mayotte
Le shimaoré et le swahili appartiennent en effet à la même famille linguistique bantoue. Bryan relève ainsi des mots proches, comme hazi/kazi, mingi/mengi ou ndjema/njema. Il note toutefois que certaines ressemblances peuvent être trompeuses. « Marahaba », par exemple, signifie « merci » en shimaoré, alors qu’en swahili le terme correspond à la réponse au bonjour adressé aux adultes.
Les similitudes se retrouvent également dans les relations sociales. Ainsi, les femmes portent parfois le khanga, vêtement traditionnel également très présent en Tanzanie. La nourriture rapproche aussi les deux territoires, avec la présence du manioc, des bananes plantains ou encore des racines de taro, appelées « madjimbi » à Mayotte.
Certaines différences attirent néanmoins leur attention. Bryan remarque notamment que les hommes mahorais se serrent la main très fréquemment, alors que cette pratique dépend davantage du contexte en Tanzanie. Il observe aussi la présence de maisons en tôle, courantes à Mayotte mais beaucoup plus rares en Tanzanie, y compris dans les villages.
Au-delà de ces observations, le séjour est aussi une découverte personnelle. Pour Milka, les paysages mahorais occupent une place particulière dans ses souvenirs des premières semaines. « Il y a deux choses qui m’ont beaucoup marquée : d’abord la beauté de l’île — voir les plages de sable noir et de sable blanc depuis les montagnes, c’est magnifique. Et puis, lors d’une randonnée, j’ai vu un vrai tamarinier pour la toute première fois de ma vie, j’étais tellement contente ! », raconte-t-elle.
Pour la suite de leur mission, tous deux souhaitent prolonger cette dynamique. Milka veut continuer à proposer des projets éducatifs et culturels, créer des liens avec les habitants et partager sa culture à travers l’éducation populaire. Elle voit également cette expérience comme une étape pour poursuivre son parcours d’études et préparer son avenir professionnel.
Bryan souhaite, lui, approfondir le travail engagé avec les jeunes de Miréréni et Combani. Son objectif est de renforcer la confiance entre eux, de mieux comprendre les réalités locales et de faire du dialogue un outil du vivre-ensemble. Deux parcours différents, mais une même expérience de réciprocité : en venant à Mayotte, Milka et Bryan apportent leurs compétences et leur regard tout en découvrant un territoire avec lequel la Tanzanie partage de nombreuses proximités.