À l’occasion des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ), qui se déroulent à Dakar du 31 octobre au 13 novembre 2026, dix jeunes de France et du Sénégal s’apprêtent à monter sur scène pour la finale du concours d’éloquence organisé par l’AFD et Eloquentia à l’issue du festival KAMALA. Parmi eux, Lisa Hechinger et Seydou Sidibé, tous deux engagés dans le volontariat, voient dans cette expérience une occasion de faire entendre leur voix et de partager leur vision de la solidarité.
Le 5 novembre prochain, la scène du Théâtre national Daniel-Sorano, à Dakar, accueillera une discipline inhabituelle dans le cadre des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) (lire ci-dessous) : l’éloquence. Dix jeunes, cinq résidant en France et cinq au Sénégal, s’y retrouveront pour la finale du concours Kalama organisé en partenariat par l’association Eloquentia et l’Agence française de développement (AFD). Au programme : des discours autour du sport, de la jeunesse, de la solidarité, de l’engagement et des valeurs de l’olympisme.
Un concours d’éloquence aux JOJ de Dakar pour apprendre à prendre la parole
Le concours s’inscrit dans une démarche d’éducation à la citoyenneté et de sensibilisation à la solidarité internationale. Il s’appuie sur la prise de parole en public pour permettre à des jeunes de confronter leurs idées, de développer leur argumentation et de s’exprimer devant un public. Un programme conçu dans le contexte des JOJ de Dakar 2026, dont il prolonge les valeurs de rencontre, d’engagement et de dialogue.
Le parcours de sélection a commencé avec une centaine de candidates et candidats. Cinquante ont atteint les demi-finales, avant qu’un groupe de dix finalistes soit constitué, à parts égales entre la France et le Sénégal. Parmi eux figurent Lisa Hechinger, une jeune française de 26 ans, assistante sociale et ancienne footballeuse, et Seydou Sidibé, 21 ans, animateur scénique sénégalais. Les participantes et participants ont bénéficié de formations, de séances de coaching et de temps de préparation collective, notamment autour des Objectifs de développement durable et des enjeux de la solidarité internationale.
Lisa lors de son discours à l’Institut français de Dakar. © France Volontaires
Pour Lisa Hechinger, cette expérience prolonge une prise de conscience née de son engagement sur le terrain. Après trois années comme assistante sociale, notamment auprès d’enfants et de personnes demandeuses d’asile ou réfugiées, elle a effectué un Service Civique auprès du Collectif des volontaires du Sénégal, à Dakar, de septembre 2025 à mai 2026.
Une intervention organisée avec France Volontaires à l’Institut français, en janvier 2026, lui a permis de découvrir l’exercice de la prise de parole publique : « Je suis davantage habituée à travailler dans l’ombre que sous les projecteurs, et je préfère le terrain à la prise de parole. À l’origine, ce n’est donc pas un exercice qui m’attirait particulièrement. Mais cette intervention m’a fait prendre conscience de l’importance de donner la parole aux personnes qui travaillent sur le terrain », explique-t-elle pour justifier sa participation.
« Habituellement, je suis davantage habituée à travailler dans l’ombre que sous les projecteurs, et je préfère le terrain à la prise de parole »
Lisa Hechinger
Le parcours de Seydou Sidibé témoigne lui aussi de ce lien entre engagement et expression. Après une mission de Service Civique international de sept mois en Gironde, de janvier à juillet 2025, où il avait participé à la réalisation d’un documentaire, il a souhaité prolonger son engagement en participant aux JOJ. Animateur scénique, il avait déjà présenté des concerts et des événements, mais cherchait une manière de prendre part à cette manifestation internationale.
Du volontariat à la scène, faire entendre d’autres voix
Le parcours de Seydou Sidibé témoigne lui aussi de ce lien entre engagement et expression. Après une mission de Service Civique international de sept mois en Gironde, de janvier à juillet 2025, où il avait participé à la réalisation d’un documentaire, il a souhaité prolonger son engagement en participant aux JOJ. Animateur, il avait déjà présenté des concerts et des événements, mais cherchait une manière de prendre part à cette manifestation internationale.
Seydou SIdibé. © France Volontaires
La découverte du concours, dans une publication de France Volontaires, lui a offert cette possibilité. « Une fois rentré au Sénégal, je me suis dit qu’il fallait que je trouve un moyen de participer aux Jeux olympiques de la jeunesse. J’avais déjà eu l’occasion de présenter de nombreux concerts, notamment lors d’un festival. J’ai donc commencé à chercher comment mettre mes compétences orales au service de cet événement, en tant qu’acteur et porte-parole », détaille-t-il. « Ce concours était le moment idéal pour me présenter, montrer mon talent et faire valoir ce que je savais faire. »
Pour les deux jeunes, la finale ne constitue cependant qu’un temps fort d’un programme plus large. À l’occasion de l’événement, les participants doivent également rencontrer les acteurs de la vie locale, à Dakar : « Nous irons à la rencontre de jeunes dans les quartiers, notamment en banlieue, pour échanger avec eux et partager les valeurs que nous avons acquises au cours du programme. Nous participerons également à des ateliers et à différentes activités, notamment au lycée Jean-Mermoz », explique le jeune homme. L’objectif : prolonger les échanges autour du sport, de l’engagement et de la solidarité internationale, au-delà de la scène du concours.
« Pour moi, les Jeux olympiques de la jeunesse sont une vitrine qui permet de valoriser le Sénégal et de montrer ce que nous avons à offrir »
Seydou Sidibé
Le 5 novembre, au Théâtre national Daniel-Sorano, les dix finalistes défendront leurs convictions devant le public, lors d’une soirée organisée autour des valeurs du sport, de la jeunesse, de la solidarité et de l’olympisme. Leur parcours les a conduits à choisir parmi cinq sujets. Comme l’explique Lisa, les candidats et candidats travailleront par binômes : « Chaque personne défendra une position, soit pour, soit contre ». Lisa, elle, aborde la finale comme à la fois comme un défi personnel et collectif : « Réussir à prononcer mon discours lors de la finale serait déjà une victoire. Je veux pouvoir prendre la parole et être satisfaite de ma prestation, sans avoir de regrets. »
« C’est la première fois que cet événement se déroule en Afrique, et c’est le Sénégal, un pays de la teranga, qui a été choisi pour l’accueillir. Nous devons donc saisir cette occasion pour nous mobiliser, montrer nos talents et faire découvrir notre état d’esprit au reste du monde », clame pour sa part Seydou. « Pour moi, les Jeux olympiques de la jeunesse sont une vitrine qui permet de valoriser le Sénégal et de montrer ce que nous avons à offrir. »
Au-delà de la compétition, le concours Eloquentia entend faire de la parole un espace de rencontre entre des jeunes de différents horizons, où l’écoute et le débat deviennent des moyens de faire vivre les valeurs de solidarité et d’engagement portées par les Jeux olympiques de la jeunesse.
Dakar 2026 : les premiers Jeux olympiques de la jeunesse en Afrique
Du 31 octobre au 13 novembre 2026, Dakar accueille les 4es Jeux olympiques de la jeunesse d’été, une première sur le continent africain. Au-delà de la compétition, l’événement entend promouvoir les valeurs olympiques, favoriser les échanges culturels et mobiliser la jeunesse sénégalaise autour du sport et du volontariat. Sa devise, « L’Afrique accueille, Dakar célèbre », fait écho à la teranga, terme wolof qui désigne l’hospitalité, le respect et la générosité profondément ancrés dans la culture sénégalaise. Ces Jeux ambitionnent également de laisser un héritage durable sur les plans social, économique et environnemental. Ils accueilleront pour la première fois une équipe olympique de réfugiés composée d’athlètes basés en Afrique.
L’AFD et Eloquentia : deux partenaires pour donner la parole aux jeunes
L’AFD, institution publique qui met en œuvre la politique française de développement, soutient cette initiative qui associe jeunesse, expression citoyenne et solidarité internationale. Eloquentia, de son côté, est une association qui démocratise l’apprentissage de la prise de parole. Son objectif : donner aux jeunes, quels que soient leurs parcours et leurs origines, les moyens de s’exprimer avec confiance, de s’écouter et de participer au débat collectif.