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Ancien Volontaire, Frank revient sur ses deux années d’engagement agricole en Côte d’Ivoire

26 Mai. 2026

© Louis Mansado / Unsplash

Fils d’agriculteur, c’est avec son brevet de technicien supérieur agricole en poche que Frank Rivoire décide de se lancer dans l’aventure du volontariat. Pour effectuer son service national, il opte pour la voie civile et rejoint l’Association française des Volontaires du Progrès (devenue aujourd’hui France Volontaires). Après une première mission au Sénégal, il rejoint la Côte d’Ivoire de 1992 à 1994.

Au début des années 90, la Côte d’Ivoire fait face à un défi de taille : la chute des cours du café et du cacao. Dans ce contexte de fragilité économique, les agriculteurs de Bin Houyé cherchent des alternatives pour sécuriser leurs revenus. C’est ici que s’inscrit l’action de l’AFVP : non pas pour imposer des solutions, mais pour appuyer les initiatives locales déjà en germe.  « Ma mission consistait à initier et soutenir des agriculteurs souhaitant mettre en place des activités complémentaires aux cultures de rentes traditionnelles », se remémore Frank.

Car c’est à Bin Houyé (sous-préfecture de Zouan Hounien, région de l’Ouest Montagneux du pays) que le jeune homme d’alors, originaire des Monts du Lyonnais, a posé ses valises pour cette mission où il met ses compétences techniques à disposition d’un projet collectif. Plus qu’un transfert de savoir, son rôle est celui d’un collaborateur de terrain, travaillant en synergie avec les agriculteurs pour renforcer l’autonomie paysanne face aux aléas du marché.

Diversification agricole : une mission au cœur des enjeux ivoiriens

Si le choix de la destination s’est fait au gré des opportunités de l’Association française des Volontaires du Progrès, la Côte d’Ivoire n’est alors pas une terre totalement inconnue pour lui, grâce aux récits d’un oncle missionnaire. Pourtant, la réalité du terrain dépasse les récits entendus. Pour Frank, cette immersion ivoirienne constitue plus qu’une simple mission technique : c’est une façon de mieux comprendre et s’ouvrir au monde.

Frank Rivoire (deuxième en partant de la gauche) entouré de son ami Michel – lui aussi ancien volontaire – et de l’équipe de France Volontaires en Côte d’Ivroire. © DR

De l’époque, il garde des souvenirs émus de moments passés avec ses partenaires de la Croix-Rouge ou du Programme alimentaire mondial de l’ONU, deux structures avec lesquelles il interagit au quotidien dans le cadre de ses activités. C’est d’ailleurs au sein du PAM qu’il rencontre celle qui deviendra son épouse quelques mois plus tard, se mariant avec elle à la mairie de Man en avril 1994. De quoi tisser un lien indéfectible avec le pays.

« L'Afrique m'a appris qu’il faut savoir écouter et comprendre avant de s’adapter et proposer. » 

Frank Rivoire, ancien volontaire en Côte d’Ivoire de 1992 à 1994

« Sans ces diverses expériences, je n’aurais jamais fait la même carrière », confie-t-il avec un peu plus de trente ans de recul. « J’en ai retiré une grande assurance personnelle, mais aussi beaucoup d’humilité face aux cultures et aux méthodes de communication différentes. L’Afrique m’a appris qu’il faut savoir écouter et comprendre avant de s’adapter et proposer. »

Retour en Afrique

Aujourd’hui, le lien avec le continent n’est plus seulement un souvenir. Depuis cinq ans, Frank est revenu vivre en Côte d’Ivoire, fort de cette culture locale qu’il maîtrise si bien, au sein d’une entreprise spécialiste des techniques de filtration de l’eau. Il aborde désormais son rôle avec une vision claire : l’émancipation par la compétence. « Ma façon d’aider aujourd’hui, c’est d’être empathique et constructeur. C’est l’histoire du poisson et du pêcheur : « Donne un poisson à un homme, il mangera un jour ; apprends-lui à pêcher, il mangera toute sa vie » Pour moi, le besoin n’est pas seulement financier, il est dans l’apprentissage et l’investissement durable. »

Selon Frank, le volontariat est avant tout un accélérateur de compétences. Aux jeunes qui s’apprêtent à partir, il parle d’un gain mutuel où le volontaire repart avec des outils concrets pour sa vie future : l’ouverture d’esprit pour questionner ses propres certitudes professionnelles, le pragmatisme afin d’apprendre à atteindre ses objectifs avec les moyens du bord et la sérénité face à l’adversité, que seul le terrain peut offrir. « Plus on se connaît, mieux on se comprend », conclut-il.

Le marché, à Abidjan. © Eva Blue / Unsplash

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